L’Espagne a manqué son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026. Favorite du groupe H, la Roja, championne d’Europe en titre, a été tenue en échec par le Cap-Vert (0-0), lundi 15 juin à Atlanta. Pour leur premier match en phase finale de Mondial, les Requins Bleus ont réalisé un exploit historique en arrachant un point face à l’une des sélections les plus en vue de la compétition.
Un bloc défensif héroïque
Dès les premières minutes, l’Espagne a dominé les débats, multipliant les occasions sans parvenir à tromper la vigilance du gardien cap-verdien Vozinha. Le portier de 40 ans, élu homme du match, a réalisé une performance remarquable avec sept arrêts décisifs, dont plusieurs face à des tentatives espagnoles bien placées. Malgré 74 % de possession et une pression constante, la Roja n’a pas su concrétiser ses occasions, butant sur une défense cap-verdienne organisée et disciplinée.
L’entrée en jeu de Lamine Yamal, 18 ans, en fin de match, n’a pas suffi à débloquer la situation. Le jeune joueur du FC Barcelone, revenu de blessure, a tenté d’apporter de la créativité, mais sans parvenir à percer le mur défensif adverse. « Nous avons eu des occasions, mais le ballon ne voulait pas entrer », a résumé Luis de la Fuente, le sélectionneur espagnol.
Un exploit pour le Cap-Vert
Pour le Cap-Vert, cette performance est historique. Jamais auparavant le pays, composé d’un archipel de moins de 600 000 habitants, n’avait participé à une Coupe du monde. Les Requins Bleus, qui avaient déjà surpris en se qualifiant pour ce Mondial, ont confirmé leur statut de révélation en résistant à l’une des meilleures équipes du monde. « C’est un rêve devenu réalité. Nous avons montré que nous pouvions rivaliser avec les plus grands », a déclaré Bubista, le sélectionneur cap-verdien, après le match.
Vozinha, le gardien cap-verdien, a été ovationné par ses coéquipiers et les supporters à la fin du match. Ému, il a dédié ce résultat à sa famille, notamment à sa mère, qui n’a pas pu assister à la rencontre en raison de difficultés administratives. « J’ai travaillé toute ma vie pour ce moment », a-t-il confié, soulignant l’importance symbolique de cette performance pour son pays.
« Le Cap-Vert a montré que le football reste un sport où tout est possible, même pour les plus petits. »
Des réactions contrastées
En Espagne, les réactions ont été sévères après ce match nul. Plusieurs éléments disponibles indiquent que la performance a été qualifiée de « décevante », pointant du doigt le manque d’efficacité offensive. Mikel Oyarzabal, titulaire en attaque, a notamment été critiqué pour son inefficacité : il n’a pas touché le ballon pendant les 30 premières minutes du match.
Du côté des joueurs, les réactions ont été plus mesurées. Rodri, milieu de terrain, a reconnu que l’équipe devait « améliorer son efficacité », tout en refusant de critiquer la stratégie défensive du Cap-Vert. « Ils ont fait leur travail, et nous n’avons pas été assez précis », a-t-il déclaré.
La suite du groupe H
Ce résultat relance le groupe H, où l’Espagne affrontera l’Arabie saoudite et l’Uruguay lors des deux prochaines journées. Pour le Cap-Vert, ce point pourrait s’avérer précieux dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale. « Nous savons que nous avons encore du travail, mais ce résultat nous donne de la confiance », a ajouté Bubista.
L’Espagne, quant à elle, devra rapidement se ressaisir pour éviter de revivre des débuts difficiles en Coupe du monde. Luis de la Fuente a assuré que son équipe « n’était pas en panique » et que les prochains matchs permettraient de corriger les erreurs. La Roja, qui visait une performance ambitieuse, devra toutefois faire preuve de plus d’efficacité pour espérer aller loin dans ce Mondial.