Mercredi 1er juillet, la vigilance orange canicule a été maintenue jusqu’à jeudi matin dans les Alpes-Maritimes, le Var, la Haute-Corse et la Corse-du-Sud, avant un passage annoncé au jaune à partir de 6 heures. Dans le même temps, Météo-France a indiqué qu’un nouvel épisode de fortes chaleurs était attendu à partir du week-end sur une large partie du pays, avec des températures comprises entre 30 °C et 38 °C dans l’Ouest et le Sud selon des prévisions relayées dans la journée.
Une vague de chaleur déjà qualifiée d’historique
La séquence commencée le 17 juin a été présentée comme exceptionnelle par plusieurs indicateurs. Selon des informations de presse, elle a atteint des niveaux inédits par son pic ou par le niveau de vigilance, et elle s’est révélée plus intense que celle de 2003. Sa durée pourrait aussi dépasser celle de cet épisode de référence.
Le répit observé depuis dimanche est resté limité. Plusieurs prévisions ont fait état d’une remontée rapide des températures dès la fin de semaine, puis plus franchement au cours du week-end. Météo-France a indiqué qu’il s’agissait « sans doute [d’]un nouvel épisode de fortes chaleurs à partir de ce week-end ».
« La baisse des températures a marqué une pause, mais elle n’a pas clos la séquence de chaleur engagée depuis la mi-juin. »
Des effets déjà visibles sur la santé, l’eau, l’agriculture et les transports
Sur le plan sanitaire, les autorités ont signalé une forte hausse du recours aux urgences et à SOS Médecins entre le 20 et le 28 juin, au plus fort de la canicule. La vigilance est restée élevée en raison d’une crainte de surmortalité. Le directeur général de l’AP-HP, Nicolas Revel, a estimé que le bilan de 2003 ne serait pas atteint, mais qu’il serait « probablement supérieur à 2023 ».
Les conséquences ont aussi touché les réseaux et les infrastructures. Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a indiqué que « certains réseaux » d’eau potable « commencent à être sous tension », tout en affirmant qu’il n’y avait pas, à ce stade, de risque d’approvisionnement en eau potable. Il a aussi précisé que 94 départements avaient franchi des seuils de vigilance ou d’alerte sécheresse au 1er juillet, contre 64 à la même période en 2023.
Dans l’agriculture, la ministre Annie Genevard a annoncé des prêts de trésorerie garantis par Bpifrance pour financer des diagnostics ou des équipements destinés à limiter les effets de la chaleur dans les bâtiments d’élevage. La filière volaille a évalué ses pertes entre 2,5 et 3 millions d’animaux selon des informations de presse, tandis que 6 000 tonnes de volaille mortes ont été évoquées. La SNCF a de son côté indiqué avoir renforcé ses contrôles avant les grands départs, tout en prévenant qu’elle ne pouvait pas garantir un fonctionnement « à 100 % » en cas de nouvelle canicule.
Une chaleur qui touche aussi l’Europe et accroît le risque d’incendie
La chaleur a continué de battre des records dans plusieurs pays européens. En Espagne, plus de 1 000 décès ont été attribués aux fortes chaleurs en juin selon des données de surmortalité relayées par des informations de presse. Le pays a enregistré son deuxième mois de juin le plus chaud depuis 1961. En Europe centrale, des records ont aussi été signalés, avec 41,3 °C à Kamenica nad Hronom en Slovaquie et 39,5 °C à Split en Croatie.
En France, six départements du sud ont été placés en danger très élevé d’incendies de forêt : les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Dans ce contexte, un incendie parti de l’Hérault s’est propagé à l’Aude mercredi et avait parcouru au moins 800 hectares dans la soirée selon la préfecture. Le Premier ministre Sébastien Lecornu devait présider jeudi à Marseille une nouvelle cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule, aux feux et à l’adaptation.
Un nouvel épisode attendu, avec des bilans encore provisoires
Au moment de la publication, la première vague de chaleur de fin juin avait reculé sur une grande partie du territoire, mais ses effets restaient visibles sur la santé, l’agriculture, les réseaux d’eau et les transports. Les quatre derniers départements en orange devaient repasser en jaune jeudi matin, tandis qu’un nouvel épisode de fortes chaleurs était annoncé pour les jours suivants.
Plusieurs éléments restaient à consolider. Les chiffres de mortalité liés à la canicule relevaient encore d’estimations ou de bilans provisoires selon les acteurs cités. Les pertes agricoles et animales étaient elles aussi avancées par les filières ou par des déclarations ministérielles. En revanche, les niveaux de vigilance, les mesures annoncées par le gouvernement, les seuils sécheresse et les dispositifs de préparation de la SNCF relevaient de décisions ou de communications officielles déjà actées.
La cellule interministérielle prévue jeudi à Marseille et la réunion ministérielle annoncée vendredi sur les conséquences agricoles de la canicule doivent encore préciser les mesures de suivi face à la nouvelle hausse des températures.