Les funérailles nationales d’Ali Khamenei ont commencé samedi 4 juillet à Téhéran, quatre mois après la mort de l’ancien guide suprême iranien dans des frappes israélo-américaines, selon les autorités iraniennes. Son cercueil, enveloppé dans un drapeau iranien et surmonté de son turban noir, a été exposé à la Grande Mosalla, vaste complexe religieux et politique de la capitale. Les cérémonies doivent durer six jours, avec une procession annoncée lundi dans les rues de Téhéran puis d’autres étapes en Iran et en Irak avant une inhumation prévue jeudi à Machhad.
Une grande prière à Téhéran devant une foule très nombreuse
Dimanche 5 juillet, le deuxième jour des obsèques a été marqué par une grande prière à la Grande Mosalla. Le président iranien Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et d’autres responsables iraniens y ont participé. Selon les autorités, dimanche et lundi ont été déclarés jours fériés dans tout le pays pour permettre aux Iraniens de se rendre dans la capitale.
Les autorités iraniennes ont affirmé attendre entre 15 et 20 millions de participants à Téhéran sur l’ensemble de la séquence funéraire. Sur place, plusieurs médias ont décrit une foule très dense, des fidèles vêtus de noir, des drapeaux rouges liés au deuil et à la vengeance, ainsi qu’un important dispositif logistique et sécuritaire, avec barrages de police, distribution d’eau et tentes du Croissant-Rouge iranien.
« La foule, la prière et le dispositif de sécurité relèvent du cérémonial funéraire, tandis que l’absence du successeur renvoie à la question de l’exercice du pouvoir. »
Trois fils présents, mais pas le nouveau guide suprême
La séquence a surtout été marquée par l’absence publique de Mojtaba Khamenei, devenu guide suprême après la mort de son père en mars selon plusieurs informations de presse. Dimanche, trois autres fils d’Ali Khamenei, Massoud, Meysam et Mostafa, ont été vus près du cercueil, mais Mojtaba Khamenei n’est pas apparu.
Cette absence a été relevée alors que le nouveau guide suprême ne s’est pas montré en public depuis sa nomination et ne s’exprime, d’après plusieurs informations de presse, que par des communiqués qui lui sont attribués. Dans le même temps, les cérémonies ont réuni les principaux dignitaires du régime et des délégations alliées, notamment du Hamas et du Hezbollah, déjà présentes lors des premiers hommages rendus à Téhéran.
Dans la foule, les slogans entendus ont mêlé hommage funéraire et appels à la vengeance. « Nous ne sommes pas là pour un enterrement mais pour une vengeance », a déclaré un laudateur lors de la cérémonie, selon des images et témoignages de presse. D’autres slogans hostiles aux États-Unis, à Israël et à Donald Trump ont aussi été rapportés pendant les rassemblements.
Une procession annoncée lundi avant l’inhumation à Machhad
Au moment de la publication, les cérémonies se poursuivaient à Téhéran. Le cadre funéraire est établi : exposition du cercueil à la Grande Mosalla, grande prière au deuxième jour, puis procession prévue lundi avant un passage dans plusieurs villes d’Iran et d’Irak et une inhumation annoncée jeudi à Machhad. L’espace aérien de Téhéran devait par ailleurs être fermé lundi pendant les principales cérémonies publiques, selon une information de presse.
Plusieurs éléments relèvent en revanche de registres distincts. La mobilisation populaire et le calendrier des obsèques ont été annoncés par les autorités iraniennes. Les slogans de vengeance et les appels visant Donald Trump ont été rapportés sur place par plusieurs médias. L’absence publique de Mojtaba Khamenei est, elle, un fait observé pendant les deux premiers jours de cérémonie. La suite immédiate des funérailles doit encore montrer s’il apparaît lors de la procession de lundi ou des étapes suivantes.