La journée du dimanche 5 juillet a été marquée par deux séquences liées à la présidentielle de 2027. À Paris, Édouard Philippe a réuni plus de 5 000 personnes à l’Adidas Arena pour son premier grand meeting de campagne. La veille, à Liévin, Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient affiché leur soutien mutuel lors d’un rassemblement du Rassemblement national, à trois jours de la décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN.
À Paris, Édouard Philippe a détaillé les premiers axes de sa campagne
Le maire du Havre et président d’Horizons a présenté ce meeting comme une étape d’accélération de sa campagne, engagée depuis sa déclaration de candidature en septembre 2024. Devant plusieurs milliers de partisans et d’élus, il a mêlé éléments personnels et premières orientations programmatiques, avec un fil conducteur centré sur « l’intérêt de nos enfants ».
Dans son discours, Édouard Philippe a évoqué l’école, les retraites, les entreprises, l’immigration, la justice et les finances publiques. Il a notamment promis « une refonte massive de l’école », évoqué un « soutien scolaire universel », affirmé qu’il demanderait des « efforts justes et partagés » et déclaré : « J’assume de dire aux retraités qu’il faudra contribuer davantage au financement de notre système social », déclare Édouard Philippe.
Cette prise de parole a aussi servi à préciser son positionnement dans l’espace politique situé entre le centre et la droite. Plusieurs articles relèvent qu’il cherche à rassembler au-delà de son parti, avec la présence de soutiens venus d’autres formations et de nouveaux ralliements enregistrés dans les jours précédents.
« Le meeting a combiné deux registres distincts : un récit personnel de candidature et l’annonce de premières priorités programmatiques. »
Le RN a affiché un tandem prêt à tous les scénarios
À Liévin, samedi 4 juillet, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont organisé une démonstration d’unité avant l’arrêt attendu mardi 7 juillet. La décision de la cour d’appel doit déterminer si la cheffe de file du RN peut se présenter à l’élection présidentielle de 2027. En première instance, elle avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
Les deux dirigeants ont répété publiquement leur soutien réciproque. Jordan Bardella a réaffirmé son « total soutien » à Marine Le Pen et dit espérer la voir élue présidente de la République. De son côté, Marine Le Pen a indiqué qu’elle soutiendrait Jordan Bardella « avec énergie, confiance et conviction » s’il devait porter la candidature du RN.
Cette séquence a installé l’idée d’un binôme maintenu quelle que soit l’issue judiciaire. Plusieurs déclarations rapportées pendant le week-end ont aussi montré que le parti préparait les deux hypothèses : une candidature de Marine Le Pen si elle reste en mesure de concourir, ou un relais par Jordan Bardella si une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans était confirmée.
Une campagne déjà engagée, avec un calendrier immédiat pour le RN
Au terme de cette séquence, Édouard Philippe a franchi une étape visible de sa campagne en donnant un cadre plus public à ses priorités et à sa stratégie de rassemblement entre centre et droite. Son programme complet reste présenté comme devant être précisé plus tard, mais plusieurs thèmes ont déjà été mis en avant pendant ce meeting.
Du côté du RN, le point d’arrêt factuel est plus immédiat. L’unité affichée à Liévin est établie par les déclarations publiques des deux dirigeants. En revanche, l’identité du candidat du parti dépend encore de la décision que la cour d’appel de Paris doit rendre mardi 7 juillet. Cette décision devra préciser si la condamnation de première instance est confirmée, modifiée ou écartée, et dans quelles conditions elle affecte la possibilité pour Marine Le Pen de concourir en 2027.