Jeudi 9 juillet, la canicule a continué de s’étendre sur la France métropolitaine. Météo-France a maintenu 72 départements en vigilance orange dans la journée, puis a annoncé le passage de neuf départements de l’Ouest en vigilance rouge à partir de vendredi midi. L’organisme a aussi indiqué que 24 départements seraient placés en vigilance rouge samedi, dont l’Île-de-France, tandis que l’épisode devait persister au moins jusqu’au 14 juillet.
Une vague de chaleur durable qui gagne encore du terrain
Météo-France a qualifié l’épisode de « sévère et durable ». Les températures ont encore progressé jeudi sur une grande partie du territoire, avec des maximales souvent comprises entre 35 et 39 °C, et jusqu’à 40 ou 41 °C près des côtes du Languedoc-Roussillon selon plusieurs bulletins repris dans la journée. La chaleur a aussi gagné le nord et l’est, où les maximales étaient attendues entre 32 et 36 °C.
Plusieurs records locaux ont été signalés. Dans l’Hérault, des stations ont dépassé 43 °C mercredi. Dans l’Aude, Narbonne a atteint 41,2 °C selon des relevés repris jeudi, et des records absolus ont aussi été signalés localement. Météo-France a également relevé des nuits exceptionnellement chaudes, avec 30 °C au Cap Béar dans les Pyrénées-Orientales ou 27 °C à Nîmes.
« Le niveau de vigilance décrit l’intensité attendue, tandis que la durée de l’épisode reste un autre élément central de la situation. »
Des effets immédiats sur les déplacements, les activités et l’accueil du public
Les fortes chaleurs ont déjà entraîné plusieurs adaptations. La SNCF a supprimé de manière préventive environ un tiers des trains Intercités sur les lignes Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille. À Toulouse, la mairie a renforcé son offre d’espaces fraîcheur. À Lyon, la préfecture et la ville ont ouvert en urgence des places de nuit dans des gymnases, des centres et des hôtels pour les personnes sans abri.
Des événements ont aussi été annulés ou déplacés. Le triathlon Half Ironman de Versailles, prévu dimanche, a été annulé. Des courses à pied ont été reportées dans l’Eure, des courses hippiques ont été avancées en Ille-et-Vilaine, et plusieurs communes ont annulé des feux d’artifice ou interdit les barbecues en raison du risque d’incendie. « L’annulation immédiate ou le report des compétitions sportives exigeantes prévues en extérieur » a été demandé par l’Association des médecins urgentistes de France.
La chaleur a également affecté certains équipements. Le musée du Louvre a annoncé une fermeture anticipée pendant plusieurs jours. EDF a arrêté le réacteur n°2 de la centrale de Golfech, en Tarn-et-Garonne, afin de respecter les limites d’échauffement de l’eau de la Garonne. Dans plusieurs villes, des collectivités ont prolongé l’ouverture de lieux rafraîchis ou adapté les horaires de services publics.
Incendies, sécheresse et populations exposées sous surveillance
La canicule s’est accompagnée d’un risque élevé de feux de forêt. Météo-France a qualifié jeudi d’« inédite » la situation avec 59 départements concernés par un danger élevé à très élevé. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que plus de 325 départs de feu avaient été recensés mercredi sur l’ensemble du territoire. Dans la Drôme, l’incendie au-dessus de Die avait parcouru entre 3 000 et 3 500 hectares selon les points de situation diffusés jeudi.
La sécheresse a conduit plusieurs préfectures à renforcer les restrictions d’eau. Dans le Rhône, l’alerte a été étendue à l’ensemble des cours d’eau du département. Deux villages de Côte-d’Or ont commencé à être alimentés par citerne d’eau potable, selon leur mairie, après une baisse du niveau de leur réservoir. Dans plusieurs départements, l’accès à certaines forêts a été interdit et des restrictions ont été prises sur les travaux agricoles ou les feux d’artifice.
Les effets sur la population ont aussi occupé une place importante dans la journée. Des gymnases ont été réquisitionnés à Lyon, des hôpitaux et des ARS ont activé des dispositifs de suivi renforcé, et plusieurs articles ont décrit la situation de logements très exposés à la chaleur, notamment sans volets ou mal protégés. Le Haut Conseil pour le climat a publié jeudi son rapport annuel et a estimé que la France n’était « pas prête » face aux conséquences du changement climatique.
Une situation encore active avant le pic attendu du week-end
Au moment de la publication, l’épisode caniculaire restait en cours. Le passage en vigilance rouge de neuf départements à partir de vendredi était annoncé par Météo-France, tout comme l’extension à 24 départements samedi. La durée de l’épisode, elle, restait présentée par l’organisme comme probable au moins jusqu’au 14 juillet.
Les niveaux de température observés localement, les records signalés et les mesures prises par les collectivités, les opérateurs de transport ou les préfectures étaient établis pour la journée du 9 juillet. En revanche, l’ampleur exacte des effets sanitaires et matériels de la séquence ne se confond pas avec les alertes, les appels à la prudence ou les demandes formulées par certaines organisations.
Les prochains bulletins de Météo-France doivent encore préciser l’évolution géographique de la vigilance rouge et le moment d’une baisse durable des températures. D’ici là, la situation reste marquée à la fois par la chaleur, par le risque d’incendie et par les adaptations engagées dans plusieurs territoires.