Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet, l’armée américaine a annoncé avoir frappé 90 cibles militaires en Iran. Le commandement américain pour le Moyen-Orient a présenté cette opération comme une réponse à des attaques imputées à Téhéran contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. En riposte, les Gardiens de la révolution et l’armée iranienne ont affirmé avoir visé des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et, selon plusieurs déclarations iraniennes, au Qatar.
Washington a lié ses frappes au contrôle du détroit d’Ormuz
Selon le CENTCOM, les cibles visées comprenaient des systèmes de défense antiaérienne, des moyens de surveillance côtière, des sites de stockage de missiles et de drones, des unités navales et des infrastructures logistiques militaires situées sur le littoral iranien. Donald Trump a déclaré que ces frappes répondaient à des bombardements de navires menés, selon lui, par l’Iran.
Le président américain a aussi affirmé que le cessez-le-feu conclu à la mi-juin était « terminé ». Plusieurs articles évoquent un protocole d’accord signé les 17 ou 18 juin entre Washington et Téhéran, déjà fragilisé par des incidents répétés autour du détroit d’Ormuz, devenu le point central du désaccord entre les deux pays.
Du côté iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que le détroit d’Ormuz « ne s’ouvrira qu’avec des mesures iraniennes, pas avec des menaces américaines ». Cette position a été reprise alors que Washington affirmait vouloir garantir la navigation dans cette zone maritime.
« Les frappes américaines portent sur des objectifs militaires annoncés, tandis que leur justification publique se concentre sur la navigation dans le détroit d’Ormuz. »
Téhéran a dénoncé des frappes sur des infrastructures civiles
La diplomatie iranienne a accusé les États-Unis d’avoir aussi bombardé des infrastructures civiles dans le sud du pays ainsi que deux ponts dans l’est de l’Iran, sur la voie ferrée menant à Machhad. Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié ces attaques de « violation manifeste de la Charte des Nations unies » et de « violation explicite des dispositions du mémorandum ».
Selon les autorités iraniennes, la liaison ferroviaire entre Téhéran et Machhad a été suspendue après des dégâts sur cette ligne. Téhéran a également affirmé que ces frappes visaient à perturber l’inhumation d’Ali Khamenei, organisée jeudi à Machhad après plusieurs jours de funérailles d’État.
Le ministère iranien de la Santé a fait état de 14 morts et 78 blessés en deux jours de frappes américaines. D’autres bilans relayés plus tard dans la journée ont évoqué 17 morts et 93 blessés, toujours selon les autorités iraniennes. Ces chiffres ont été présentés comme des bilans officiels iraniens.
Des ripostes iraniennes annoncées dans plusieurs pays du Golfe
En réponse aux frappes américaines, les Gardiens de la révolution ont annoncé des attaques contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn. L’armée iranienne a aussi revendiqué des frappes au Qatar dans certaines déclarations relayées jeudi. Des explosions ont été entendues à Manama, capitale de Bahreïn, où des sirènes d’alerte aérienne ont été déclenchées.
Au Koweït, le ministère de la Défense a indiqué avoir intercepté plusieurs missiles et drones. Selon ce même ministère, une personne a été blessée et se trouvait dans un état stable. En Jordanie, l’armée a annoncé avoir intercepté huit missiles lancés depuis l’Iran. Un responsable du ministère américain de la Défense a affirmé que les bombardements iraniens n’avaient pas causé de dégâts majeurs et n’avaient blessé aucun Américain.
Un cessez-le-feu fragilisé et des frappes encore disputées
Au terme de la journée du 9 juillet, la reprise des frappes entre les États-Unis et l’Iran était donc actée par les annonces militaires américaines et iraniennes, sur fond de tensions autour du détroit d’Ormuz et d’inhumation d’Ali Khamenei à Machhad. Les frappes américaines sur 90 cibles ont été revendiquées par le CENTCOM, tandis que les attaques iraniennes dans le Golfe ont été annoncées par les forces iraniennes et partiellement décrites par les autorités des pays visés.
Plusieurs éléments restaient toutefois présentés de manière distincte selon les acteurs. Les États-Unis ont revendiqué des frappes sur des objectifs militaires, alors que l’Iran a accusé Washington d’avoir aussi touché des infrastructures civiles. En fin de journée, des explosions ont encore été signalées dans le sud de l’Iran, près de Bouchehr, mais un responsable militaire américain a ensuite affirmé que les États-Unis ne menaient pas de frappes à ce moment-là.
Le point d’arrêt factuel restait celui d’une trêve publiquement déclarée terminée par Donald Trump, d’échanges de frappes revendiqués par les deux camps et de bilans humains fournis, à ce stade, par les autorités iraniennes.