Dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 juillet, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard ont été réveillés pour des contrôles antidopage inopinés avant le départ de la 15e étape du Tour de France. Lundi 20 juillet, la séquence a pris une nouvelle dimension avec la publication d’un communiqué du syndicat des coureurs professionnels, le CPA, et avec des précisions sur le cadre judiciaire ayant autorisé ces contrôles.
Le syndicat des coureurs demande un changement des pratiques
Le CPA a pris la défense des deux coureurs et a dénoncé une pratique jugée problématique pour le repos, la santé et la sécurité des athlètes. Le syndicat a appelé à « un changement des pratiques », tout en demandant une lutte antidopage qu’il présente comme efficace.
Les horaires ont nourri l’essentiel des réactions : Jonas Vingegaard a été contrôlé vers 2 heures du matin et Tadej Pogacar vers 5 heures. Plusieurs réactions dans le peloton ont porté sur l’effet possible de ces réveils sur la récupération, dans une course disputée sur trois semaines et avant une étape de montagne.
Jonas Vingegaard, contraint à l’abandon après sa chute lors de la 15e étape et victime d’une fracture de la clavicule droite, n’a pas présenté ce contrôle comme une explication certaine de son accident. Il a indiqué, selon des informations de presse, qu’il ne voulait pas « l’utiliser comme excuse » et que « les courses de vélo sont comme ça parfois ».
« Le débat porte à la fois sur la légalité du contrôle, sur son horaire et sur ses effets possibles, qui relèvent de niveaux distincts. »
L’ITA et la justice française ont justifié l’opération
L’Agence internationale de contrôle, l’ITA, a reconnu que ces contrôles avaient pu « perturber le repos » des deux coureurs. Elle a toutefois expliqué avoir agi à ce moment-là car il s’agissait, selon elle, du « moment le plus approprié au regard des informations disponibles ».
Le parquet a annoncé lundi qu’un juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris avait autorisé ces contrôles nocturnes. D’après des informations de presse, une telle autorisation suppose l’existence de « soupçons graves et concordants » ou d’« indices graves et concordants » de pratiques interdites.
Cette précision a déplacé une partie du débat. La question ne porte plus seulement sur le caractère inhabituel de l’horaire, mais aussi sur le cadre exceptionnel qui a permis l’intervention pendant la nuit. L’ITA n’a pas remis en cause ce fondement et a défendu l’utilité de ce type de contrôle dans certaines situations.
Jonathan Vaughters, manager d’EF Education-Easy Post, a lui aussi défendu cette méthode. Il a écrit qu’il s’agissait sans doute de « l’un des moyens les plus efficaces » pour empêcher le microdosage de peptides, d’EPO, d’hormone de croissance et de testostérone.
Un lien avec la chute de Vingegaard qui reste discuté
La controverse s’est amplifiée après l’abandon de Jonas Vingegaard dimanche. Plusieurs coureurs et observateurs ont évoqué l’hypothèse d’un effet de la courte nuit sur sa vigilance ou sa récupération. D’autres éléments ont aussi été avancés autour des circonstances de la chute, notamment la trajectoire dans un rond-point et le rôle possible de la moto qui précédait le peloton.
À ce stade, les faits établis sont les suivants : le contrôle nocturne a bien eu lieu, il a été autorisé par un juge, et Jonas Vingegaard a abandonné quelques heures plus tard après une chute. En revanche, le lien entre ce réveil nocturne et l’accident relève de déclarations, d’hypothèses ou d’appréciations d’acteurs du Tour. La suite du débat porte donc moins sur l’existence des contrôles que sur leurs conditions d’usage et sur la manière dont les autorités antidopage les encadreront sur les prochaines étapes.