Santé publique France a publié mercredi 22 juillet une première estimation de la surmortalité observée pendant la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026. L’agence a recensé 5 764 décès en excès, toutes causes confondues, sur cette période qui a touché 92 départements et 98,5 % de la population hexagonale. Elle indique qu’il s’agit du niveau le plus élevé enregistré pendant un épisode de canicule depuis 2003.
Une surmortalité concentrée sur quelques jours de fin juin
Selon Santé publique France, plus de la moitié de ces décès en excès se sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin. L’agence décrit un épisode d’une précocité et d’une durée inédites, alors qu’il s’est produit à une période encore marquée par les activités scolaires et professionnelles.
Le bilan publié mercredi porte sur la mortalité toutes causes observée pendant l’épisode caniculaire. Santé publique France précise que cette hausse ne peut pas encore être imputée avec certitude à la chaleur. Un bilan ultérieur doit porter sur les décès attribuables à la chaleur.
« Le chiffre publié mesure un excès de mortalité toutes causes, distinct du futur bilan des décès attribuables à la chaleur. »
Les personnes âgées restent les plus touchées, mais toutes les classes d’âge à partir de 15 ans sont concernées
Les plus de 75 ans représentent les deux tiers de la surmortalité recensée par Santé publique France. L’agence relève toutefois un élément présenté comme inédit : l’excès de décès a été constaté dans toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, avec une hausse marquée dès 45 ans.
Chez les 45-64 ans, Santé publique France a compté 979 décès en excès, soit une hausse de 55 % par rapport à la mortalité attendue sur cette période. « On constate que malgré l’épisode de juin extrêmement intense (...), le nombre de morts en excès constaté est bien inférieur » à 2003, a indiqué le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist lors d’un point presse.
L’Île-de-France a enregistré le bilan régional le plus élevé
L’Île-de-France a été la région la plus touchée, avec 1 999 décès en excès, selon Santé publique France. L’agence indique que la mortalité y a doublé par rapport à son niveau normal. Viennent ensuite le Grand Est avec 635 décès en excès, les Pays de la Loire avec 553 et le Centre-Val de Loire avec 511.
Les décès ont augmenté dans tous les types de lieux, notamment à l’hôpital, en Ehpad, en maison de retraite et à domicile. Santé publique France souligne un impact sanitaire très fort sur l’ensemble du territoire concerné, à l’exception de la Corse, de l’Occitanie et de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, présentées comme un peu moins exposées.
Un bilan provisoire avant une estimation des décès attribuables à la chaleur
Le décompte publié mercredi est présenté comme une première estimation. Santé publique France indique que ces chiffres doivent encore être consolidés et qu’un bilan à l’automne doit préciser les décès attribuables à la chaleur. L’agence estime aussi que le total pourrait évoluer à mesure que les données seront affinées.
À ce stade, le fait établi est l’existence d’un excès de mortalité de 5 764 décès pendant l’épisode du 17 juin au 2 juillet. En revanche, l’imputation précise de ces décès à la chaleur n’est pas encore arrêtée dans ce bilan. Santé publique France a également rappelé qu’un premier épisode de canicule, du 24 au 28 mai, avait déjà entraîné 300 décès en excès, tandis qu’un troisième épisode est intervenu à la mi-juillet.