Les enquêteurs chargés de l’enquête sur la mort d’Émile Soleil ont achevé une campagne de prélèvements ADN menée depuis fin février autour du hameau du Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Au total, 106 prélèvements ont été réalisés sur des habitants, des personnes présentes dans les environs au moment de la disparition du garçonnet, ainsi que sur certains visiteurs et promeneurs. Le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a confirmé ce total. L’enquête entre désormais dans une nouvelle phase : la comparaison de ces profils avec des traces ADN relevées sur les vêtements de l’enfant.
Une campagne lancée auprès des personnes présentes en juillet 2023
Les prélèvements ont été effectués sur des personnes se trouvant dans le hameau du Haut-Vernet ou à proximité lors de la disparition d’Émile, le 8 juillet 2023. Les récits indiquent que cette campagne ne concernait pas seulement les habitants du hameau, mais aussi des personnes de passage dans le secteur, notamment des promeneurs. Plusieurs prélèvements ont parfois pu être réalisés sur une même personne.
Cette opération avait débuté en février et s’est achevée en avril. Elle a été présentée comme une campagne d’ampleur inhabituelle dans ce dossier. Elle repose sur un objectif précis : comparer les profils recueillis avec deux traces ADN dégradées, extérieures au cercle familial, mises en évidence sur les vêtements du garçon.
« Les titres hésitent entre “habitants”, “voisins”, “visiteurs” et “promeneurs” pour désigner le périmètre des personnes prélevées. »
Le nombre de 106 constitue l’élément le plus stabilisé de la séquence. C’est autour de ce chiffre que s’organisent l’ensemble des récits : fin de la collecte, entrée dans la phase d’exploitation et attente de résultats techniques dans les semaines ou les mois à venir.
Une nouvelle phase centrée sur la comparaison des traces
Les experts doivent maintenant confronter les ADN recueillis aux traces présentes sur les vêtements d’Émile, retrouvés en mars 2024 par une promeneuse. Les récits mentionnent aussi, dans le même ensemble d’indices matériels, le crâne et des dents de l’enfant, découverts à environ 1,7 kilomètre du hameau.
Cette étape de comparaison constitue désormais le cœur du travail d’expertise. L’enquête ne se situe plus au stade de la collecte, mais à celui de l’analyse en laboratoire. Plusieurs articles indiquent que ces examens pourraient durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en raison du nombre élevé de profils à traiter.
Pour les proches d’Émile, cette campagne est présentée comme un levier possible d’avancée. « Nous espérons que les prélèvements réalisés au cours de cette campagne, d’une rare envergure, permettront une avancée significative des investigations », a déclaré Julien Pinelli, avocat de la grand-mère de l’enfant.
Un dossier déjà marqué par un tournant judiciaire en 2025
La campagne ADN s’inscrit dans une enquête déjà profondément reconfigurée en mars 2025, lorsque le procureur Jean-Luc Blachon avait déclaré qu’Émile avait subi un « traumatisme facial violent », avec « la probable intervention d’un tiers ». Cette qualification avait marqué un tournant dans le dossier, en installant plus nettement l’hypothèse d’une action humaine dans la mort de l’enfant.
Dans cette même séquence de 2025, les grands-parents d’Émile et deux de leurs enfants majeurs avaient été placés en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre », avant d’être relâchés, faute de charges suffisantes à ce stade pour d’éventuelles poursuites.
La campagne de prélèvements menée en 2026 ne modifie donc pas le cadre général de l’enquête, mais elle vient l’alimenter par un outil supplémentaire : la tentative d’identifier ou d’écarter des profils correspondant aux traces génétiques retrouvées sur les effets de l’enfant.
« Une partie des récits insiste sur l’espoir d’un tournant, d’autres restent centrés sur le simple passage de la collecte aux analyses. »
Cette différence de traitement tient surtout à la manière de raconter la portée du dispositif. Les faits communs restent les mêmes : campagne achevée, 106 prélèvements, analyses à venir, aucun résultat annoncé à ce stade.
Des résultats attendus, sans calendrier définitif
La fin des prélèvements ne signifie pas une résolution proche de l’affaire. Les récits disponibles mentionnent des délais variables pour les résultats. Certains évoquent plusieurs semaines, d’autres plusieurs mois, et quelques-uns avancent un horizon avant l’été. Aucun calendrier unique et définitif ne semble toutefois fixé dans les éléments fournis.
Ce point est important, car il distingue la fin d’une opération de terrain d’une avancée judiciaire déjà acquise. Pour l’instant, aucun rapprochement ADN n’a été annoncé publiquement dans les éléments transmis ici. Le dossier avance vers une phase d’exploitation scientifique, mais sans conclusion nouvelle sur l’identité d’un éventuel tiers.
La campagne autour du Haut-Vernet apparaît ainsi comme une opération ciblée, limitée à un ensemble précis de personnes présentes dans la zone au moment des faits, et destinée à confronter ces profils à des traces jusque-là non attribuées.
Une collecte achevée, des comparaisons encore ouvertes
À ce stade, la situation est claire sur un point central : la campagne de prélèvements ADN autour du Haut-Vernet est terminée et l’enquête entre dans une phase d’analyses comparatives. Le chiffre de 106 prélèvements est confirmé, et l’objectif de ces expertises est explicitement relié aux traces ADN non identifiées retrouvées sur les vêtements d’Émile.
Ces comparaisons permettront-elles d’identifier un profil déjà prélevé, ou au contraire d’écarter les personnes présentes dans le secteur au moment des faits ? Et si aucun rapprochement concluant n’apparaît, quelle nouvelle orientation les enquêteurs donneront-ils à un dossier où les éléments matériels existent, mais restent encore sans attribution définitive ?