Emmanuel Macron a critiqué, le 27 avril 2026, les responsables politiques favorables à une ligne dure avec l’Algérie. Cette prise de parole a eu lieu lors d’une visite à l’hôpital de Lavelanet, en Ariège. Le chef de l’État évoquait la situation des praticiens à diplôme hors Union européenne, dont une part importante est diplômée en Algérie, et les difficultés administratives rencontrées pour exercer durablement en France.
Des médecins étrangers au centre de la séquence
La prise de parole d’Emmanuel Macron est intervenue pendant un déplacement consacré à l’accès aux soins et aux difficultés de certains territoires médicaux. Le président a évoqué les praticiens diplômés hors Union européenne, souvent désignés par l’acronyme Padhue.
Ces médecins exercent dans les établissements français, mais doivent passer par des procédures spécifiques pour faire reconnaître leur diplôme et accéder à une situation stabilisée. Emmanuel Macron a critiqué la complexité du dispositif français, en particulier lorsque des praticiens déjà en activité doivent repasser des concours.
« C’est encore le bordel. C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français », a déclaré Emmanuel Macron à propos du système des Padhue.
Il a aussi souligné leur rôle dans les hôpitaux et dans les territoires où l’offre médicale est limitée. « On a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays », a-t-il ajouté lors de son arrivée en Andorre.
La relation avec Alger introduite dans le débat médical
Le chef de l’État a relié cette question administrative à la relation entre la France et l’Algérie. Devant un médecin originaire d’Oran, il a critiqué les partisans d’un durcissement des relations avec Alger.
« Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie », a lancé Emmanuel Macron.
Il a ensuite précisé qu’il fallait maintenir une coopération avec les pays partenaires, tout en défendant les intérêts français. « Il faut être loin de toutes les caricatures », a-t-il déclaré face aux questions de journalistes.
Interrogé sur une éventuelle allusion à Bruno Retailleau, Emmanuel Macron a affirmé : « Je ne vise personne ».
« Les titres reprennent surtout le terme “mabouls”, tandis que les développements replacent souvent la phrase dans le dossier des médecins étrangers. »
Bruno Retailleau répond sur les OQTF
Bruno Retailleau, président des Républicains et ancien ministre de l’Intérieur, a répondu par communiqué. Il a considéré que l’exemple des médecins étrangers constituait un « faux prétexte » utilisé par Emmanuel Macron.
Selon lui, le problème ne porte pas sur les médecins algériens exerçant en France, mais sur les ressortissants visés par des obligations de quitter le territoire français. « Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France et que le régime d’Alger refuse de reprendre », a-t-il déclaré.
Bruno Retailleau a ainsi déplacé la discussion vers les relations migratoires entre Paris et Alger. Il défend une ligne de fermeté sur les coopérations consulaires, les éloignements et les rapports avec les autorités algériennes.
« Avec le régime d’Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec », a-t-il ajouté.
Les chiffres des praticiens diplômés hors Union européenne
Les données disponibles au 1er janvier 2025 font état de 19 154 médecins diplômés à l’étranger hors Union européenne et inscrits au tableau de l’Ordre des médecins en France.
Parmi eux, 38,8 % ont été diplômés en Algérie. Les autres principaux pays mentionnés sont la Tunisie, avec 15,1 %, la Syrie, avec 8,6 %, le Maroc, avec 7,4 %, et le Liban, avec 4 %.
Ces chiffres éclairent le lien établi par Emmanuel Macron entre les règles françaises d’intégration des médecins étrangers et les relations avec Alger. Ils placent aussi le sujet à l’intersection de plusieurs cadres : santé publique, politique migratoire, reconnaissance des diplômes et diplomatie bilatérale.
Une séquence entre santé, immigration et diplomatie
La séquence a rapidement dépassé le seul cadre hospitalier. Emmanuel Macron a abordé la question des médecins étrangers sous l’angle de l’accès aux soins et des besoins des hôpitaux. Bruno Retailleau a répondu sous l’angle des OQTF et de la fermeté envers Alger.
Les deux prises de position portent donc sur des objets différents, mais reliés par la relation franco-algérienne. D’un côté, le chef de l’État évoque les praticiens diplômés hors Union européenne. De l’autre, le président des Républicains met en avant les éloignements de ressortissants algériens visés par des décisions administratives françaises.
« Les formulations alternent entre “ligne dure”, “rupture” et “se fâcher avec l’Algérie” pour désigner le même désaccord politique. »
Cette différence de cadrage accompagne la rapidité de la réponse politique. Elle intervient aussi dans un contexte où l’Algérie est devenue un thème récurrent du débat français, notamment sur l’immigration, les coopérations administratives et les relations diplomatiques.
Un désaccord politique ouvert autour du cadre algérien
La prise de parole d’Emmanuel Macron a installé un désaccord public avec Bruno Retailleau autour de la manière d’aborder la relation franco-algérienne. Le président a relié cette relation aux besoins hospitaliers et aux médecins diplômés hors Union européenne. Le président des Républicains a répondu en évoquant les OQTF et les obligations de coopération avec Alger.
Les prochaines étapes porteront sur le devenir administratif des praticiens concernés et sur la place de l’Algérie dans le débat politique français. Les règles de reconnaissance des médecins diplômés hors Union européenne seront-elles modifiées dans un cadre distinct du débat migratoire ?