Le Mali a été frappé, à partir du 25 avril, par une série d’attaques coordonnées. Elles ont été menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et par le Front de libération de l’Azawad, le FLA, mouvement indépendantiste touareg. Les assauts ont visé plusieurs positions stratégiques du pouvoir militaire, notamment à Kati, près de Bamako, ainsi qu’à Kidal, Gao, Sévaré et Mopti. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors d’une attaque contre son domicile à Kati.
Une offensive coordonnée contre plusieurs points du pouvoir
Les attaques ont touché à la fois le nord, le centre et la périphérie de la capitale malienne. À Kati, ville-garnison située près de Bamako et liée au pouvoir militaire, le bilan mentionné atteint au moins 23 morts civils et militaires. C’est dans cette ville que Sadio Camara, figure centrale de la junte et acteur du rapprochement sécuritaire avec la Russie, a été tué.
Les assauts ont aussi concerné la zone aéroportuaire de Bamako. Deux fortes détonations ont été entendues près de l’aéroport, dans un secteur où la base 101 de l’armée de l’air avait déjà été visée. Leur origine n’était pas établie à ce stade. Après ces explosions, un calme précaire a été décrit dans la capitale, avec des mouvements aériens militaires et des drones de surveillance signalés dans la zone.
À Kidal, dans le nord, les groupes armés ont revendiqué la reprise de la ville. Cette localité était revenue sous contrôle de l’État malien en novembre 2023, après une offensive de l’armée appuyée par des combattants russes. Cette reprise revendiquée modifie l’état des positions militaires signalées dans le nord du pays.
« Les formulations varient entre “attaques coordonnées”, “offensive” et “raids”, selon que l’accent porte sur le déroulement militaire ou ses effets politiques. »
Le FLA et le JNIM revendiquent la reprise de Kidal
La reprise de Kidal est l’un des points centraux de la séquence. La ville occupe une place importante dans le conflit malien depuis 2012, en raison de son rôle dans les rapports entre l’État central, les mouvements touaregs et les groupes armés jihadistes.
Le FLA revendique le territoire de l’Azawad, dans le nord du Mali. Le JNIM, lui, est une coalition jihadiste affiliée à Al-Qaïda. Les deux organisations ont mené une action coordonnée contre les forces maliennes et leurs alliés russes, malgré des trajectoires politiques et idéologiques distinctes.
Le JNIM a revendiqué les attaques et affirmé avoir agi en coordination avec le FLA. Dans les éléments disponibles, cette alliance récente repose sur une cible commune : le pouvoir militaire malien et les forces russes présentes à ses côtés. Les groupes armés ont également été signalés dans la région de Gao, où plusieurs positions ont été revendiquées par le FLA.
Africa Corps se retire de Kidal
La Russie est directement présente dans la séquence à travers Africa Corps, formation paramilitaire engagée aux côtés de la junte malienne après la dissolution de Wagner. Des paramilitaires russes ont été évacués de Kidal après la prise revendiquée de la ville par les groupes armés.
Le ministère russe de la Défense a reconnu une situation difficile. « Les ennemis n’ont pas renoncé à leurs intentions agressives et ils se regroupent. La situation dans la République du Mali reste difficile », a indiqué le ministère russe. Le Kremlin a aussi fait savoir qu’il souhaitait un retour rapide à la stabilité au Mali.
Cette position russe intervient alors que Sadio Camara, ministre malien de la Défense tué dans les attaques, était présenté comme l’un des principaux artisans du rapprochement militaire entre Bamako et Moscou. La junte malienne avait renforcé sa coopération avec la Russie après le départ des forces françaises en 2022.
Le retrait d’Africa Corps de Kidal et les pertes subies par les forces maliennes placent la relation sécuritaire entre Bamako et Moscou au centre de la séquence. L’ambassadeur russe Igor Gromyko a ensuite été reçu par Assimi Goïta, selon la présidence malienne.
Assimi Goïta réapparaît après plusieurs jours de silence
Le chef de la transition malienne, Assimi Goïta, n’avait pas été vu publiquement depuis le début des attaques. Il est ensuite réapparu en se rendant au chevet des blessés à l’hôpital de Kati, puis en recevant l’ambassadeur de Russie.
Lors de sa prise de parole, Assimi Goïta a reconnu une situation d’« extrême gravité », tout en affirmant que « la situation est maîtrisée ». Il a également présenté ses condoléances à la famille de Sadio Camara, selon les éléments communiqués par la présidence malienne.
Cette réapparition intervient après plusieurs jours d’incertitude sur la conduite du pouvoir militaire. Le Premier ministre de transition, Abdoulaye Maïga, a de son côté affirmé que les forces armées avaient « neutralisé des centaines de terroristes ». Aucun bilan global complet et indépendant des pertes n’est établi à ce stade.
« Les récits de la journée associent souvent la réapparition d’Assimi Goïta aux termes “silence”, “contrôle” et “extrême gravité”. »
Des effets immédiats sur les déplacements et la région
La situation sécuritaire a entraîné des effets sur les déplacements intérieurs. La compagnie Sky Mali a suspendu temporairement ses vols domestiques vers Gao et Mopti. « La sécurité de nos passagers, de nos équipages et de nos opérations demeure notre priorité absolue », a indiqué la compagnie.
La région de Gao fait l’objet d’un suivi particulier. Des sources locales ont signalé l’abandon de certaines positions par l’armée malienne dans cette zone. Gao est située au nord du pays, au sud de Kidal, et constitue un point militaire important.
La crise a aussi entraîné des réactions extérieures. La France a exprimé « sa préoccupation » et dit souhaiter « qu’une paix et une stabilité durables soient instaurées au Mali ». L’Algérie, pays voisin, a également suivi la situation en raison de la proximité de sa frontière et de la place du nord malien dans les équilibres régionaux.
Un contrôle territorial encore incertain
La situation reste marquée par plusieurs points non établis. Le contrôle précis de certaines zones du nord et du centre n’est pas entièrement clarifié. Les bilans militaires complets ne sont pas consolidés. Le rôle exact d’Africa Corps après le retrait de Kidal reste également à préciser.
Le pouvoir militaire malien affirme maintenir le contrôle de la situation, tandis que les groupes armés revendiquent des gains territoriaux dans le nord. Quel est l’état réel du contrôle territorial entre l’armée malienne, le FLA, le JNIM et les forces russes ? La reprise de Kidal restera-t-elle limitée au nord ou modifiera-t-elle l’équilibre militaire autour de Gao et Mopti ?