Hantavirus : contamination d’une Française, cas contacts testés négatifs et mobilisation sanitaire internationale

Une Française contaminée par le hantavirus des Andes reste hospitalisée en réanimation dans un état grave, tandis que les 26 cas contacts identifiés en France ont tous été testés négatifs. Les autorités sanitaires maintiennent une surveillance renforcée face à ce virus rare mais potentiellement mortel.

Hantavirus : contamination d’une Française, cas contacts testés négatifs et mobilisation sanitaire internationale

Image générée par Fokon

Une femme de 65 ans, passagère du navire de croisière MV Hondius, est hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat à Paris depuis le 10 mai. Contaminée par le hantavirus des Andes, elle présente « la forme la plus sévère de la présentation cardiopulmonaire », selon l’infectiologue Xavier Lescure. Son état reste critique, mais les quatre autres passagers français rapatriés avec elle ont été testés négatifs et ne présentent aucun symptôme.

Les 26 cas contacts identifiés en France

Vingt-six personnes ont été identifiées comme cas contacts après avoir été exposées à une passagère néerlandaise décédée du hantavirus. Parmi elles, huit avaient voyagé dans le même avion que la victime entre Sainte-Hélène et Johannesbourg le 25 avril, tandis que les 18 autres avaient pris un vol ultérieur entre Johannesbourg et Amsterdam. Toutes ont été placées en isolement hospitalier par précaution, bien qu’aucune ne présente de symptômes.

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a annoncé ce jeudi 14 mai que les tests réalisés sur l’ensemble de ces cas contacts étaient négatifs. « La totalité des cas contacts à une personne positive à l’hantavirus, présents en France, ont tous été testés négatifs, sans exception », a-t-elle déclaré sur X. Ces personnes resteront toutefois en isolement hospitalier pendant au moins 14 jours, avec des tests répétés trois fois par semaine, en raison de la durée d’incubation du virus, estimée à 42 jours.

Un virus rare mais potentiellement mortel

Le hantavirus des Andes, identifié pour la première fois en 1995 en Argentine, est une souche particulièrement virulente. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), huit cas confirmés de cette souche ont été recensés dans le monde, dont deux décès. Deux autres cas sont considérés comme probables, et un dernier fait encore l’objet d’analyses complémentaires. Le taux de létalité de ce virus est estimé entre 30 et 40 %.

Contrairement à d’autres souches de hantavirus, celle des Andes peut se transmettre entre humains, bien que cette transmission reste rare. Les autorités sanitaires françaises ont adopté un protocole strict, inspiré de celui utilisé pour la méningite, pour identifier les cas contacts : un contact rapproché de moins de deux mètres pendant plus de 15 minutes dans les dix jours précédant le diagnostic.

Une mobilisation internationale

L’épidémie à bord du MV Hondius a suscité une mobilisation sanitaire internationale. Le navire, parti d’Ushuaïa en Argentine le 1er avril, a été immobilisé aux Canaries après la détection de plusieurs cas. Les passagers ont été rapatriés dans leurs pays d’origine, où des mesures de quarantaine et de surveillance ont été mises en place.

Aux États-Unis, sept passagers américains sont rentrés sans suivi sanitaire, une décision critiquée par les experts. En Europe, plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et l’Espagne, ont adopté des protocoles similaires à ceux de la France. L’Union européenne a renforcé son mécanisme d’échange d’informations pour mieux coordonner la réponse sanitaire.

En Argentine, une mission scientifique doit se rendre à Ushuaïa la semaine prochaine pour tenter d’identifier l’origine de la contamination. Les autorités locales rejettent l’hypothèse d’une contamination locale, soulignant que le virus est endémique dans certaines régions du pays mais que la souche des Andes n’avait jamais été détectée dans la province de Terre de Feu.

Pas de circulation du virus en France

Les autorités sanitaires françaises insistent sur l’absence de circulation du virus sur le territoire national. « Il n’y a pas de signe de circulation du virus dans la population générale », a répété Stéphanie Rist. Aucune restriction de voyage n’a été mise en place, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a assuré que les Français pouvaient « voyager comme ils le souhaitent ».

Malgré cette situation rassurante, la demande de masques FFP2 a fortement augmenté en France, avec une multiplication par cinq des ventes en une semaine. Les autorités rappellent toutefois qu’il n’y a pas lieu de porter un masque en l’absence de circulation du virus.

Un virus encore mal connu

Le hantavirus des Andes reste un virus mal connu, et les recherches sur des traitements ou des vaccins sont encore limitées. Aucun vaccin spécifique n’existe à ce jour, et les traitements se concentrent sur la prise en charge des symptômes. Les scientifiques étudient actuellement le génome du virus pour déterminer s’il a muté, mais les premières analyses ne montrent aucun élément alarmant.

« Le même virus est présenté comme une menace émergente et comme une maladie déjà connue en Amérique du Sud. »

Prochaines étapes

Les autorités sanitaires françaises continueront de surveiller les 26 cas contacts pendant au moins 14 jours, avec des tests répétés trois fois par semaine. La mission scientifique en Argentine devrait apporter des éléments supplémentaires sur l’origine de la contamination d’ici un mois. Les recherches sur le génome du virus se poursuivent pour déterminer s’il a muté, mais les premiers résultats ne montrent aucun élément alarmant.

La situation reste sous contrôle en France, mais les autorités sanitaires restent vigilantes face à ce virus rare et potentiellement mortel.

Yakdrop en cours...

CHAPITRE I : L'ère des Pionniers

Vous aimez "la Quotidienne" ? Ajoutez 10 points pour débloquer le module thématique ou géographique de votre choix.

Rejoindre les Yakteurs 10 points par vote

Cent pionniers. Un vote chacun. Dix points attribués par vote au module de leur choix.

Vous aimeriez une médianalyse sur l'actualité italienne ou allemande? Vous désirez découvrir autrement l'actualité sportive du moment?

Voici le moyen de participer concrètement au développement de Yaktu, ton métamédia préféré

15 / 100 yakteurs 150 points

Chaque participation attribue 10 points à un module.

Choisir un module à soutenir

Participez à l’aventure Yaktu

Une information indépendante se construit avec sa communauté

Yaktu grandit grâce à celles et ceux qui choisissent de soutenir un média libre, lisible et accessible à tous.

Devenir Yakteur, suivre les soutiens récents ou simplement découvrir la communauté, c’est déjà participer à faire vivre le projet.

Suivre le Yak sur les réseaux

Ces articles pourraient vous intéresser