Deux animateurs du périscolaire parisien, âgés de 52 et 44 ans, ont été mis en examen vendredi 22 mai pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs » et placés en détention provisoire. Ils exerçaient à l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris, où une enquête a été ouverte après des signalements de violences sexuelles présumées sur une vingtaine d’enfants.
Une enquête ouverte après des signalements dans plusieurs écoles
L’enquête, menée par la brigade de protection des mineurs (BPM) de la préfecture de police de Paris, a été ouverte après des signalements dans trois écoles du 7e arrondissement, dont l’école Saint-Dominique. Selon le parquet de Paris, une vingtaine d’enfants seraient concernés par des « gestes à caractère sexuel » commis dans le cadre du périscolaire. Les investigations ont conduit à la garde à vue de 16 personnes mercredi 20 mai, dont 13 ont été relâchées sans suite.
« Les investigations se poursuivent dorénavant sous la direction de deux juges d’instruction », a indiqué le parquet de Paris vendredi. Une animatrice, âgée de 30 ans, a été placée sous le statut de témoin assisté pour des faits similaires.
« La qualification judiciaire distingue les faits établis, les soupçons et les déclarations recueillies pendant l’enquête. »
Des auditions d’enfants et des perquisitions menées
Les enquêteurs ont procédé à des auditions d’enfants et à des perquisitions dans les locaux des écoles concernées. Selon plusieurs sources judiciaires, les deux animateurs mis en examen sont soupçonnés d’avoir commis des actes à caractère sexuel entre 2022 et 2026. Leurs avocats ont appelé à « la prudence », soulignant que « les investigations sont encore en cours ».
« Il est essentiel de ne pas tirer de conclusions hâtives », a déclaré Me Sophie Lemaire, avocate de l’un des mis en examen, dans un communiqué publié vendredi soir. « Mon client conteste fermement les accusations portées contre lui. »
Une procédure suivie par le pôle criminel du tribunal judiciaire
La procédure est désormais entre les mains de deux juges d’instruction du pôle criminel du tribunal judiciaire de Paris. Les deux animateurs mis en examen encourent des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle pour viols sur mineurs. La détention provisoire a été décidée en raison du « risque de pression sur les victimes et les témoins », selon une source proche de l’enquête.
La mairie de Paris a indiqué vendredi avoir « pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des enfants » dans les établissements concernés. « Une cellule psychologique a été mise en place pour accompagner les familles et les enfants », a précisé l’adjointe à l’éducation, Anne Hidalgo, dans un communiqué.
Des investigations encore en cours pour établir les responsabilités
Les juges d’instruction devront encore déterminer le rôle précis de chaque personne mise en cause, ainsi que les circonstances exactes des faits reprochés. Les auditions des enfants, menées par des psychologues spécialisés, se poursuivent pour recueillir des témoignages détaillés. Les enquêteurs doivent également analyser les éléments matériels saisis lors des perquisitions.
Le parquet de Paris a rappelé que « les mises en examen ne préjugent en rien de la culpabilité des personnes concernées ». Les deux animateurs mis en examen bénéficient de la présomption d’innocence, et leur défense a annoncé qu’elle contesterait les accusations portées contre eux. La prochaine étape de la procédure pourrait inclure des confrontations entre les mis en examen et les victimes présumées, sous le contrôle des magistrats instructeurs.