L’épisode caniculaire de fin juin a reflué lundi 29 juin sur une grande partie de la France, avec la fin de la vigilance rouge, mais cinq départements restaient en vigilance orange canicule et la Corse demeurait concernée. Dans le même temps, Santé publique France a fait état d’environ 1 000 décès supplémentaires depuis le 24 juin par rapport aux mois précédents, tandis que le gouvernement a réuni une nouvelle cellule interministérielle de crise pour dresser un bilan et préparer la suite.
Un premier bilan sanitaire marqué par les décès à domicile
Le premier bilan diffusé par Santé publique France a porté sur une hausse des décès quotidiens observée pendant les derniers jours de l’épisode. Selon ces données, près de 85 % des décès concernent des personnes de 65 ans et plus. Plusieurs informations de presse ont aussi fait état d’une hausse d’environ 40 % des décès à domicile, particulièrement relevée en région parisienne.
Les services d’urgence sont restés sous forte pression. L’activité des Samu-SAS est demeurée, selon Agnès Ricard-Hibon, porte-parole du syndicat d’urgentistes SUDF, « sur un plateau élevé », mais « pas à un point de rupture ». Dans les services funéraires, la tension s’est également accentuée : la Fédération nationale du funéraire a indiqué que le taux d’occupation des chambres funéraires dépassait 66 % au niveau national et atteignait 100 % dans certaines zones urbaines denses.
« La baisse des températures met fin à l’alerte maximale, mais pas aux effets sanitaires déjà enclenchés par plusieurs jours d’exposition. »
Le gouvernement prolonge les mesures d’urgence et prépare un nouvel épisode
Réunie lundi à Beauvau, la cellule interministérielle de crise a conduit le gouvernement à maintenir les plans Orsan 2 et 3 dans les jours à venir. Sébastien Lecornu a annoncé que les hôpitaux devaient conserver « la capacité aux différents hôpitaux de maintenir les plans blancs, l’ensemble des scénarios de déprogrammation ».
Le Premier ministre a aussi confirmé une commande de 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux, dont les premières livraisons doivent commencer « en fin de semaine, début de semaine prochaine ». Il a déclaré que « le nombre de victimes à domicile est bien supérieur à tous les épisodes précédents », tout en estimant que « l’ensemble de la chaîne » de prévision et de réaction « a tenu ».
Sur le front météorologique, Météo-France a indiqué qu’un scénario de fortes chaleurs redevenait probable pour la semaine du 6 au 13 juillet, tout en appelant à la prudence sur l’intensité du phénomène. Lundi soir, l’institut a aussi annoncé un danger très élevé d’incendies mercredi 1er juillet dans six départements du sud : les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse.
Des effets économiques et professionnels déjà visibles
Au-delà du bilan sanitaire, l’épisode a eu des effets immédiats sur plusieurs secteurs. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué que 2 600 contrôles avaient été réalisés en un mois sur les conditions de travail en période de fortes chaleurs, avec 227 entreprises mises en demeure. Il a aussi annoncé vouloir organiser avec les partenaires sociaux un « voyage d’études » en Espagne pour observer des adaptations déjà en place.
La consommation d’électricité a augmenté pendant l’épisode, avec une hausse de 15 % depuis le 21 juin selon une information de presse, tandis qu’Enedis a signalé lundi soir 6 700 foyers encore privés d’électricité, principalement en Île-de-France, en lien avec les fortes chaleurs. Dans la restauration, un sondage cité par des informations de presse indique que 91 % des professionnels interrogés ont déclaré un impact négatif sur leur activité pendant la semaine de canicule.
Un bilan encore provisoire après la fin de l’alerte rouge
Au moment de la publication, la phase la plus intense de la canicule était terminée sur l’essentiel du territoire français, mais les autorités sanitaires continuaient de surveiller un effet retard sur les hospitalisations et la mortalité. Les chiffres de Santé publique France constituent un premier bilan, présenté comme temporaire, et plusieurs acteurs du secteur de la santé ont indiqué que le nombre de décès pourrait encore évoluer dans les prochains jours ou les prochaines semaines.
Les mesures annoncées lundi portent à la fois sur la gestion immédiate des hôpitaux et sur la préparation d’un possible nouvel épisode de fortes chaleurs début juillet. À ce stade, la fin de la vigilance rouge est établie, le maintien du dispositif sanitaire est confirmé, et l’ampleur définitive du bilan humain reste encore à consolider.