Lundi 27 juillet, la guerre en Ukraine a connu une nouvelle séquence de frappes à longue portée, tandis que Vladimir Poutine a autorisé une augmentation des effectifs de l’armée russe et que Volodymyr Zelensky s’est rendu au Royaume-Uni pour rencontrer le premier ministre Andy Burnham. Les faits rapportés dans la journée ont porté à la fois sur des attaques de drones en Russie et en Ukraine, sur le renforcement annoncé de l’appareil militaire russe et sur une coopération militaire accrue entre Londres et Kiev.
Des frappes de drones signalées des deux côtés
Dans la nuit de dimanche à lundi, une attaque de drones ukrainiens a visé Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie. Selon les autorités locales citées par plusieurs médias, elle a fait au moins deux morts et cinq blessés. D’autres bilans ont fait état de cinq morts, dont un enfant, dans cette même ville. Dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, les autorités locales ont également signalé douze blessés.
Volodymyr Zelensky a affirmé que les forces ukrainiennes avaient visé un terminal d’exportation dans la région de Rostov. Il a aussi indiqué que des infrastructures pétrolières avaient été attaquées dans la région de Iaroslavl et en Oudmourtie. De son côté, le ministère russe de la défense a annoncé avoir abattu plus de 180 drones ukrainiens entre 8 heures et 20 heures en Russie, en Crimée, ainsi qu’en mer d’Azov et en mer Noire.
En Ukraine, l’armée a déclaré que 147 drones russes avaient été lancés pendant la nuit contre le territoire ukrainien et que l’attaque se poursuivait encore lundi matin. Plusieurs médias ont aussi rapporté une frappe russe contre un supermarché à Tchernihiv, avec un bilan de deux morts selon certaines informations de presse, dont une fillette de 9 ans.
« Les bilans humains et les chiffres de drones relèvent ici de sources distinctes, militaires ou locales, et ne décrivent pas le même niveau de confirmation. »
Moscou augmente ses effectifs, Londres met les drones au centre de la visite
Vladimir Poutine a signé un décret autorisant l’armée russe à recruter 25 000 soldats supplémentaires. À compter du 1er août, les effectifs pourront être portés à 2 426 130 personnes, dont 1 535 000 militaires. Selon les informations rapportées dans la journée, il s’agit de la troisième augmentation depuis le début de l’année.
Volodymyr Zelensky a lié cette décision à une préparation militaire plus large de la Russie. Selon lui, son homologue russe « s’apprête à lancer une nouvelle campagne de mobilisation » après les élections législatives russes prévues le 21 septembre.
Au Royaume-Uni, le président ukrainien a été reçu par Andy Burnham, qui accueillait là son premier dirigeant étranger depuis son entrée en fonction. La rencontre a porté sur un « accord sur les drones » proposé par Kiev. Londres devait annoncer le partage avec l’Ukraine de la propriété intellectuelle d’un système britannique de brouillage électronique baptisé « Stone Cloak », afin de permettre une production à grande échelle par Kiev. « Notre relation avec le Royaume-Uni est plus forte que jamais », a déclaré Volodymyr Zelensky.
Une séquence encore ouverte avant la visite à Washington
À la fin de la journée du 27 juillet, plusieurs éléments étaient établis : la visite de Volodymyr Zelensky au Royaume-Uni a bien eu lieu, le décret russe sur les effectifs militaires a été annoncé, et de nouvelles frappes de drones ont été signalées en Russie comme en Ukraine. Les chiffres avancés sur les drones détruits ou lancés provenaient des armées des deux pays, tandis que les bilans humains rapportés en Russie reposaient sur les autorités locales.
La portée militaire exacte des frappes revendiquées par Kiev contre des installations pétrolières en Russie restait présentée comme une déclaration du président ukrainien. De même, l’augmentation des effectifs russes était actée par décret, mais les intentions prêtées à Moscou sur une future mobilisation relevaient d’une déclaration de Volodymyr Zelensky.
La séquence diplomatique se poursuivait avec un déplacement annoncé du président ukrainien à Washington mardi 28 juillet pour un entretien avec Donald Trump, après cette étape britannique centrée sur les drones, la défense aérienne et les capacités de brouillage électronique.