L’incendie qui brûle en Gironde depuis mercredi 22 juillet est resté globalement stable dans la nuit de dimanche à lundi, avant de connaître de nouvelles reprises dans la journée. Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le feu était lundi « stabilisé » mais « pas fixé ». Le sinistre, parti de Saumos, avait parcouru 42 000 hectares et se trouvait à une quinzaine de kilomètres de l’agglomération bordelaise. Depuis le début de la crise, 220 000 personnes ont été évacuées.
Une accalmie nocturne suivie de reprises dans la journée
La préfecture a fait état lundi matin d’une situation « globalement stable » durant la nuit, après plusieurs jours de progression continue. Cette accalmie a été favorisée par une fine pluie et par des conditions météorologiques temporairement moins défavorables. Sur le terrain, les secours ont utilisé ce répit pour traiter les lisières, noyer les points chauds et ouvrir des coupes tactiques destinées à priver le feu de combustible.
Dans l’après-midi, plusieurs reprises ont toutefois été signalées. Selon le directeur du SDIS de Gironde, le feu n’était pas fixé et une « réactivation » était redoutée mardi avec la hausse des températures. Météo-France a confirmé une nouvelle vague de chaleur à partir de mardi, avec des maximales pouvant atteindre 40 °C dans le Sud-Ouest et des vents annoncés plus secs.
« Le terme “stabilisé” décrit un ralentissement de la progression, tandis que “fixé” désigne un feu dont le périmètre ne peut plus évoluer. »
Des moyens renforcés autour de Bordeaux et des communes évacuées
Selon la préfecture, 2 750 sapeurs-pompiers étaient mobilisés lundi en Gironde, avec 18 moyens aériens, 1 500 militaires et 1 440 forces de sécurité intérieure. Des renforts européens ont également été engagés. Les opérations se sont concentrées sur les secteurs de Marcheprime, Saint-Jean-d’Illac, Cestas, Le Temple et le nord de la presqu’île du Cap-Ferret, où des reprises ont été observées.
Le feu a déjà détruit 240 habitations, selon la préfecture, dont environ 170 au Porge d’après plusieurs élus locaux. Aucune victime civile n’a été signalée. En revanche, 84 sapeurs-pompiers avaient été blessés lundi matin, puis 88 selon un bilan diffusé plus tard dans la journée par la préfecture et repris par une information de presse. Bordeaux n’était pas concernée par un ordre d’évacuation. « L’évacuation de Bordeaux n’est pas à l’ordre du jour », a déclaré le maire Thomas Cazenave.
Les conséquences ont aussi touché les transports et l’accueil des déplacés. L’autoroute A63 est restée fermée sur une portion entre Bordeaux et Bayonne. Aucun TGV ne devait circuler mardi au sud de Bordeaux, sauf vers Agen et Toulouse, selon la SNCF. À Bordeaux, un peu plus de 1 000 personnes étaient encore hébergées au parc des expositions, selon le maire.
« Le même bilan évolue selon l’heure de diffusion : la surface brûlée est restée stable lundi, mais le nombre de blessés a été réévalué en cours de journée. »
Une mobilisation de l’État et des aides pour les évacués
Emmanuel Macron a présidé lundi matin une cellule interministérielle de crise au ministère de l’Intérieur, avant de se rendre en Gironde en fin de journée pour rencontrer les forces mobilisées et les élus. Depuis le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours, il a déclaré : « Les semaines à venir seront dures et on doit tenir. »
Le gouvernement a aussi annoncé plusieurs mesures pour les personnes évacuées et les entreprises touchées. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a indiqué que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées en Gironde, dans les Landes et dans le Var. Le délai de déclaration des sinistres a été prolongé jusqu’au 31 août. Plus de 13 000 entreprises ont été évacuées dans le seul département de la Gironde, et le recours au chômage partiel a été ouvert aux entreprises dont l’activité est perturbée.
Un feu encore actif avant une nouvelle dégradation météo
Lundi soir, le point de situation restait marqué par une distinction nette entre ralentissement et maîtrise. Le feu avait moins progressé que les jours précédents, mais il demeurait actif, avec des reprises localisées et un périmètre qui n’était pas considéré comme fixé par les autorités. Les bilans humains et matériels restaient attribués à la préfecture, au gouvernement et aux services de secours.
Les prochaines heures devaient surtout être lues à l’aune des conditions météo annoncées pour mardi. Les autorités, les pompiers et Météo-France ont tous signalé que la remontée des températures et l’assèchement de l’air pouvaient favoriser une réactivation. À ce stade, les évacuations restaient en vigueur en Gironde, les retours n’étaient pas envisagés tant que le feu n’était pas fixé, et les opérations continuaient autour des lisières, des zones habitées et des secteurs déjà touchés par des reprises.