Lundi 27 juillet, la séquence a été marquée par une accalmie militaire entre les États-Unis et l’Iran, avec une troisième nuit consécutive sans frappe signalée, mais aussi par des déclarations contradictoires sur l’existence de pourparlers entre Washington et Téhéran. Dans le même temps, l’Iran a annoncé l’interception de six navires dans le détroit d’Ormuz, et l’Arabie saoudite a dit avoir détruit plusieurs drones lancés depuis l’Irak contre des installations pétrolières.
Washington évoque des discussions, Téhéran les dément
Donald Trump a affirmé mener des « discussions très approfondies avec l’Iran » et a estimé qu’il y avait de « bonnes chances » de parvenir à un accord. Dans une interview à une chaîne israélienne, il a aussi déclaré : « Si ces pourparlers n’aboutissent pas, nous reprendrons une action militaire puissante. Soit cela avance rapidement, soit cela n’avancera pas du tout. »
Plus tôt dans la journée, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a donné une version opposée. « À l’heure actuelle, nous ne sommes engagés dans aucune négociation avec les États-Unis », a-t-il déclaré lors de son point de presse hebdomadaire. Selon l’ambassadeur américain à l’ONU, le président américain voulait toutefois laisser « de la place » à la diplomatie.
Cette contradiction est intervenue alors qu’aucun bombardement américain n’avait été signalé en Iran depuis vendredi soir, selon plusieurs informations de presse. Donald Trump a par ailleurs rejeté les inquiétudes sur une pénurie de munitions américaines, en déclarant à bord d’Air Force One : « J’aimerais en avoir plus, pour être honnête, mais tellement a été donné à l’Ukraine. »
« L’arrêt des frappes et l’existence de négociations relèvent ici de deux niveaux distincts, que Washington et Téhéran décrivent différemment. »
Le détroit d’Ormuz et les installations pétrolières restent exposés
L’Iran a annoncé que les gardiens de la révolution avaient stoppé six navires dans le détroit d’Ormuz. Selon Téhéran, ces navires avaient tenté un passage « illégal et dangereux » après avoir désactivé leurs systèmes de navigation. Cinq d’entre eux ont été redirigés vers le golfe Persique, tandis qu’un sixième a été impliqué dans un incident dont la nature n’a pas été précisée par les autorités iraniennes.
En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a indiqué avoir intercepté et détruit plusieurs drones « en provenance du territoire irakien » et visant des installations pétrolières dans la région orientale du royaume ainsi qu’à Riyad. Riyad a accusé des milices soutenues par l’Iran. Les houthis du Yémen ont, de leur côté, revendiqué l’attaque selon des informations de presse. L’Irak a ensuite annoncé l’ouverture d’une enquête sur ces tirs partis de son territoire.
Ces incidents ont été signalés alors que les marchés pétroliers réagissaient à la pause des frappes entre Washington et Téhéran. Le Brent est repassé sous les 90 dollars lundi, selon des informations de presse, dans un contexte où plusieurs acteurs financiers ont interprété l’accalmie comme un signal de désescalade possible.
Une accalmie militaire, mais des versions toujours opposées
À ce stade, l’élément établi est la pause observée dans les frappes directes entre les États-Unis et l’Iran depuis vendredi soir. En revanche, l’existence de négociations en cours reste présentée de manière opposée par les deux capitales : Washington parle de discussions, tandis que Téhéran affirme qu’aucun échange n’est engagé pour le moment.
Les incidents signalés lundi autour d’Ormuz et en Arabie saoudite montrent que l’accalmie entre les deux États ne s’est pas traduite par une disparition des tensions régionales. Les interceptions de navires et de drones ont été annoncées par les autorités concernées, avec des attributions qui restent liées aux déclarations officielles de chaque camp.
La suite immédiate dépend désormais d’éléments déjà annoncés publiquement : l’évolution des contacts évoqués par Washington, la position maintenue par la diplomatie iranienne et les résultats de l’enquête irakienne sur les drones lancés vers le territoire saoudien.