1er-Mai : le gouvernement renonce à élargir le travail salarié

Le gouvernement a suspendu la réforme visant à autoriser davantage de salariés à travailler le 1er-Mai et a renvoyé le dossier à une nouvelle séquence de concertation et de discussion législative.

1er-Mai : le gouvernement renonce à élargir le travail salarié

Image générée par Fokon

Le gouvernement a décidé de ne pas convoquer la commission mixte paritaire qui devait permettre d’aboutir sur le texte élargissant le travail salarié le 1er-Mai. En l’état, le 1er-Mai reste donc un jour férié, chômé et payé en 2026. L’exécutif a annoncé l’ouverture de discussions avec les organisations patronales, les fédérations professionnelles et les commerces de proximité concernés, en particulier les boulangers et les fleuristes. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a affirmé qu’une loi serait adoptée en 2026 pour une application annoncée en 2027.

Une commission mixte paritaire abandonnée, une réforme suspendue

Le point de bascule de la séquence tient à la décision de ne pas réunir la commission mixte paritaire. Cette procédure devait permettre de rapprocher les versions du texte après son parcours parlementaire. Son abandon a interrompu le calendrier immédiat de la réforme et laissé sans effet, pour 2026, la proposition d’élargissement du travail salarié le 1er-Mai.

Sébastien Lecornu a défendu ce choix en invoquant la nécessité de préserver le dialogue social. Serge Papin, ministre des PME et du Commerce, a parlé d’une « décision raisonnable ». Dans le même temps, plusieurs responsables de la majorité ont mis en cause la préparation du dossier et l’absence d’accord préalable avec les partenaires concernés.

« Les formulations varient entre “abandon”, “recul”, “report”, “renoncement” ou “réforme quasi enterrée” pour désigner une même décision procédurale. »

Yaël Braun-Pivet, Gabriel Attal et Renaissance sur des lignes différentes

La décision gouvernementale a ouvert un conflit visible au sein du bloc présidentiel. Yaël Braun-Pivet a pointé « la responsabilité du gouvernement » et dénoncé un « échec de la concertation ». Dans une autre déclaration, elle a ajouté : « Je n’en peux plus de ce pays où les gens ne se parlent pas. » Plusieurs récits rapportent aussi sa critique d’un exécutif qui, selon elle, disposait d’un an pour négocier.

Gabriel Attal, qui avait soutenu ce texte, a contesté un choix présenté comme pénalisant pour les artisans boulangers et les fleuristes. Des députés Renaissance ont exprimé leur colère en termes très directs. L’un des récits rapporte cette formule adressée à l’exécutif : « On se fait rouler dans la farine. » Un autre reprend une phrase prononcée lors d’une réunion interne : « Vous nous pissez dessus. »

Cette séquence a également ravivé les différences de méthode entre Gabriel Attal, porteur politique du texte, et Sébastien Lecornu, qui a privilégié le retrait de la procédure en cours et le retour à la concertation.

La gauche salue le recul, la droite et le RN veulent relancer le texte

À gauche, plusieurs responsables ont présenté la décision comme un recul du gouvernement. Les oppositions de gauche ont rappelé leur hostilité à une remise en cause du caractère chômé du 1er-Mai. Fabien Roussel a appelé à « une réaction forte des Français du monde du travail ». Des responsables socialistes ont, de leur côté, assumé une stratégie de rapport de force pour empêcher l’adoption du texte.

À droite, Bruno Retailleau a demandé aux présidents des deux chambres d’utiliser l’article 45 de la Constitution pour relancer la procédure. Du côté du Rassemblement national, le recul gouvernemental a été dénoncé comme une preuve d’« impuissance ». Jordan Bardella a lui aussi critiqué l’abandon du texte.

Au Sénat, certains acteurs ont évoqué une réforme « quasi enterrée », tout en cherchant encore les moyens de la réactiver. Gérard Larcher a été présenté comme prêt à examiner une initiative procédurale, sans qu’aucune relance immédiate ne soit arrêtée.

Boulangers, fleuristes et commerces de proximité dans l’attente

Le débat ne porte pas seulement sur la procédure parlementaire. Il engage aussi la situation concrète de professions qui demandent depuis plusieurs années la possibilité de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai. Les boulangers ont fait part de leur colère après le retrait du texte. Dans certains récits, la règle actuelle est décrite comme absurde par les professionnels concernés.

Frédéric Roy, boulanger niçois engagé sur ce dossier, a réagi en ces termes : « 2 ministres et un président font bien 3 menteurs. » D’autres organisations patronales, notamment l’U2P en Auvergne-Rhône-Alpes, ont dénoncé un recul gouvernemental. En réponse, Matignon a annoncé de nouvelles propositions de court et moyen terme pour les commerces de proximité, sans en préciser encore le contenu juridique.

« Une partie des récits insiste sur les artisans de proximité, tandis que d’autres mettent surtout l’accent sur les fractures politiques ouvertes par le retrait. »

Un principe inchangé en 2026, un nouveau calendrier annoncé pour 2027

À ce stade, le cadre légal ne change pas. Le 1er-Mai demeure le seul jour férié obligatoirement chômé et payé. L’exécutif affirme toutefois vouloir reprendre le dossier. Jean-Pierre Farandou a déclaré : « Nous ferons en 2026 ce qui est nécessaire pour 2027. » Dans une autre formulation, il a assuré qu’une loi serait adoptée « courant 2026 ».

Cette nouvelle trajectoire repose sur une négociation à reprendre et sur un texte à redéfinir. Elle laisse ouverte la question du périmètre exact de la future réforme. Certains propos gouvernementaux ont évoqué les commerces de proximité, tandis que Sébastien Lecornu a pris soin de préciser : « Je n’ai jamais dit que j’étais favorable à l’ouverture du travail le 1er-Mai pour les filières industrielles. »

Une réforme stoppée, des issues encore non fixées

La séquence s’arrête sur un retrait de procédure, une règle inchangée pour 2026 et une promesse de reprise du dossier dans un autre calendrier. Le gouvernement maintient l’objectif de nouvelles propositions pour certains commerces de proximité, alors que les oppositions, les syndicats, les responsables de la majorité et les organisations patronales restent sur des positions distinctes.

Le futur texte portera-t-il seulement sur quelques professions identifiées, ou sur un périmètre plus large du travail salarié le 1er-Mai ? La nouvelle concertation annoncée permettra-t-elle d’aboutir à une version susceptible de réunir une majorité parlementaire et un accord social ?


Article généré par le Yak

Yakdrop en cours...

CHAPITRE I : L'ère des Pionniers

Vous aimez "la Quotidienne" ? Ajoutez 10 points pour débloquer le module thématique ou géographique de votre choix.

Rejoindre les Yakteurs 10 points par vote

Cent pionniers. Un vote chacun. Dix points attribués par vote au module de leur choix.

Vous aimeriez une médianalyse sur l'actualité italienne ou allemande? Vous désirez découvrir autrement l'actualité sportive du moment?

Voici le moyen de participer concrètement au développement de Yaktu, ton métamédia préféré

25 / 100 yakteurs 250 points

Chaque participation attribue 10 points à un module.

Choisir un module à soutenir

Participez à l’aventure Yaktu

Une information indépendante se construit avec sa communauté

Yaktu grandit grâce à celles et ceux qui choisissent de soutenir un média libre, lisible et accessible à tous.

Devenir Yakteur, suivre les soutiens récents ou simplement découvrir la communauté, c’est déjà participer à faire vivre le projet.

Suivre le Yak sur les réseaux

Dans cette Médianalyse

International

Détroit d’Ormuz : les États-Unis imposent un blocus contre les ports iraniens

Médianalysé sur 47 sources
Détroit d’Ormuz : les États-Unis imposent un blocus contre les ports iraniens
Politique

1er-Mai : le gouvernement renonce à élargir le travail salarié

Médianalysé sur 42 sources
1er-Mai : le gouvernement renonce à élargir le travail salarié
La pépite d'Or

Environnement : la taxe sur les rejets de PFAS repoussée au 1er septembre

Politique

Loi de simplification : l’Assemblée supprime les ZFE par 275 voix

Médianalysé sur 39 sources
Loi de simplification : l’Assemblée supprime les ZFE par 275 voix
La pépite d'Argent

Économie : Amazon construit un centre à Ensisheim, 2 000 emplois annoncés

International

Hongrie : Péter Magyar bat Viktor Orbán et ouvre l’après-Orbán

Médianalysé sur 18 sources
Hongrie : Péter Magyar bat Viktor Orbán et ouvre l’après-Orbán
Les petites brèves du Yak

Le top 10 du mardi 14 avril 2026

Brève du Yak
Politique

Panthéonisations : l’Élysée refuse une perquisition dans l’enquête sur Shortcut Events

Médianalysé sur 15 sources
Panthéonisations : l’Élysée refuse une perquisition dans l’enquête sur Shortcut Events
Économie

Carburants : le gouvernement prépare un plafonnement des marges des distributeurs

Médianalysé sur 13 sources
Carburants : le gouvernement prépare un plafonnement des marges des distributeurs
Le Chiffre du Jour
250
Chiffre du jour
Société

Périscolaire parisien : Emmanuel Grégoire fait adopter un plan d’action de 20 millions

Médianalysé sur 12 sources
Périscolaire parisien : Emmanuel Grégoire fait adopter un plan d’action de 20 millions
La Pépite de Bronze

Santé : Les granulés de bois exposent au monoxyde de carbone au stockage

Culture

Éditions Grasset : Hachette écarte Olivier Nora après 26 ans à la direction

Médianalysé sur 9 sources
Éditions Grasset : Hachette écarte Olivier Nora après 26 ans à la direction