Algérie : Kamel Daoud annonce une peine de trois ans pour « Houris »

Kamel Daoud a annoncé avoir été condamné en Algérie à trois ans de prison ferme et à une amende pour son roman « Houris », dans une procédure liée à la décennie noire et à l’utilisation alléguée d’un récit personnel.

Algérie : Kamel Daoud annonce une peine de trois ans pour « Houris »

Image générée par Fokon


Kamel Daoud a annoncé avoir été condamné en Algérie à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars d’amende pour son roman « Houris », prix Goncourt 2024. L’écrivain franco-algérien a indiqué avoir été informé d’un jugement rendu par le tribunal d’Oran. Selon ses déclarations, cette condamnation a été prononcée en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. L’affaire porte sur un roman qui prend pour toile de fond la guerre civile algérienne des années 1990 et 2000, appelée décennie noire. Elle porte aussi sur des accusations selon lesquelles l’auteur aurait repris l’histoire d’une femme algérienne sans son consentement.

Un jugement annoncé par l’écrivain après le procès d’Oran

Kamel Daoud a fait connaître lui-même la condamnation dans un message public. Il y affirme : « Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende. » Plusieurs récits ajoutent qu’un mandat d’arrêt accompagne la décision et que le jugement aurait été rendu le 21 avril après une audience tenue le 7 avril.

Une partie des textes précise que les médias algériens n’ont pas fait état du jugement le 22 avril. D’autres soulignent que l’écrivain n’était pas présent. Ils indiquent aussi qu’il n’aurait pas été représenté par un avocat lors de cette procédure. Certaines formulations parlent explicitement d’une condamnation par contumace.

Le roman « Houris », récompensé par le prix Goncourt en France en 2024, se déroule en partie à Oran et suit le personnage d’Aube, une jeune femme muette après une tentative d’égorgement à la fin de l’année 1999. Le livre prend place dans l’ombre de la guerre civile algérienne entre le régime et des groupes islamistes armés.

« Les récits alternent entre “annonce”, “affirme” et “a été informé”, signalant que la condamnation est d’abord rendue publique par l’auteur lui-même. »

Deux fondements reviennent dans les poursuites liées à « Houris »

Deux éléments reviennent de manière récurrente dans les récits. Le premier concerne l’évocation de la décennie noire dans un cadre juridique algérien présenté comme restrictif. Plusieurs articles rappellent qu’une loi ou la Charte pour la paix et la réconciliation nationale interdit ou encadre fortement l’évocation publique de cette période, qui a fait au moins 200 000 morts selon les chiffres officiels repris dans plusieurs textes.

Le second élément concerne une plainte liée au contenu même du roman. Une femme algérienne, Saâda Arbane, accuse Kamel Daoud d’avoir utilisé son histoire personnelle pour construire l’intrigue du livre. Elle est présentée comme rescapée d’un massacre de la décennie noire et comme ancienne patiente de l’épouse de l’écrivain, psychiatre. Plusieurs textes rappellent qu’une première plainte avait été acceptée en novembre 2024 contre Kamel Daoud et son épouse pour avoir dévoilé et utilisé l’histoire d’une patiente.

Les récits divergent parfois sur le poids respectif de ces deux fondements. Certains mettent d’abord en avant le cadre politique et mémoriel de la décennie noire. D’autres insistent d’abord sur la plainte pour atteinte à la vie privée et sur l’accusation de reprise d’une histoire individuelle.

Une procédure distincte existe aussi en France

L’affaire ne se limite pas à l’Algérie. Plusieurs textes rappellent qu’une procédure civile a aussi été engagée en France pour non-respect de la vie privée à propos du même roman. Cette procédure porte également sur les accusations de Saâda Arbane concernant l’utilisation de son récit personnel.

Dans ce cadre, Kamel Daoud a déjà contesté l’idée que « Houris » serait la reproduction d’une vie identifiable. Il a soutenu que l’histoire évoquée était connue publiquement en Algérie, notamment à Oran. Sa maison d’édition a aussi contesté les rapprochements présentés entre la plaignante et le personnage principal du livre.

En parallèle, plusieurs articles mentionnent l’existence de deux mandats d’arrêt internationaux émis en mai 2025 contre Kamel Daoud et son épouse. Ces mandats sont présentés comme liés aux poursuites engagées autour du roman et de l’utilisation alléguée d’éléments tirés d’une histoire personnelle.

« Certains textes décrivent d’abord une affaire de mémoire nationale, d’autres une affaire de vie privée, mais les deux dimensions restent étroitement associées autour de “Houris”. »

Un roman primé, non édité en Algérie, mais largement circulant

« Houris » a obtenu le prix Goncourt en 2024 et a été traduit en plusieurs dizaines de langues selon plusieurs récits. Le livre n’a pas été édité en Algérie. Cette absence de publication est directement reliée, dans de nombreux textes, au cadre juridique entourant la décennie noire.

Kamel Daoud indique toutefois que le roman a circulé dans le pays, sous forme piratée et largement lue. Cette précision revient dans plusieurs récits pour montrer que l’absence d’édition officielle n’a pas empêché sa diffusion.

Le livre se trouve ainsi au croisement de plusieurs registres factuels : succès éditorial international, impossibilité d’édition officielle en Algérie, accusations d’appropriation d’un récit personnel et décision pénale rendue publique par son auteur.

Une condamnation qui formalise aussi la question du retour en Algérie

Dans ses réactions rapportées, Kamel Daoud estime que le jugement « a formalisé un interdit de retour en Algérie ». Plusieurs textes reprennent cette idée en rappelant qu’il vit en France après avoir quitté l’Algérie, où il a longtemps exercé comme journaliste.

Cette dimension n’est pas présentée comme un élément autonome de la procédure. Elle apparaît plutôt comme une conséquence concrète de la condamnation annoncée, du mandat d’arrêt évoqué et du contexte judiciaire plus large. L’écrivain a également déclaré : « C’est triste pour l’Algérie car la guerre civile a besoin d’être racontée. »

Le dossier se trouve ainsi à l’intersection d’une procédure pénale, d’un contentieux autour d’un roman de fiction et d’un rapport toujours conflictuel à la mémoire de la guerre civile algérienne.

Le jugement, ses motifs exacts et ses suites restent à préciser

À ce stade, les faits établis sont l’annonce publique par Kamel Daoud de sa condamnation, le montant de la peine et de l’amende, le lien de cette décision avec « Houris », ainsi que l’existence de plaintes déjà engagées autour du roman. Les récits convergent aussi sur la présence de deux éléments centraux dans le dossier : la décennie noire et les accusations d’utilisation d’une histoire personnelle. En revanche, la motivation exacte du jugement, sa rédaction complète, les voies de recours éventuelles et les modalités d’exécution de la décision ne sont pas exposées de manière détaillée dans les éléments disponibles.

La décision repose-t-elle d’abord sur le cadre juridique encadrant l’évocation de la décennie noire, sur la plainte de Saâda Arbane, ou sur l’articulation des deux ? Et quelles suites judiciaires concrètes seront données à cette condamnation annoncée par l’écrivain depuis la France ?


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