Hantavirus : séquençage de la souche Andes, quarantaines et surveillance des cas contacts

Une passagère française contaminée par le hantavirus, issue d’un foyer détecté à bord du navire de croisière MV Hondius, est en réanimation. Les autorités sanitaires mondiales surveillent des centaines de cas contacts, tandis que le séquençage du virus a écarté, à ce stade, l’hypothèse d’un variant plus dangereux.

Hantavirus : séquençage de la souche Andes, quarantaines et surveillance des cas contacts

Image générée par Fokon

Un foyer détecté à bord du MV Hondius

Le MV Hondius, un navire de croisière parti d’Ushuaïa (Argentine), a été le théâtre d’un foyer d’hantavirus ayant entraîné la mort de trois passagers. Parmi les personnes contaminées figure une passagère française, actuellement hospitalisée en réanimation dans un état grave. Selon l’Institut Pasteur, qui a réalisé le séquençage du virus, la souche détectée correspond aux souches déjà connues et surveillées.

Les autorités sanitaires françaises ont identifié 22 cas contacts sur le territoire national. Tous ont été testés négatifs, selon les déclarations de la ministre de la Santé. Aux États-Unis, 41 personnes sont surveillées, dont 18 passagers rapatriés du navire et d’autres ayant quitté le bateau avant la détection du foyer. En Australie, six passagers du MV Hondius ont atterri sur une base militaire et doivent être placés en quarantaine.

Des quarantaines à travers le monde

Plusieurs passagers du navire ont été placés en quarantaine après avoir débarqué. Une passagère américaine, asymptomatique, a été isolée sur l’île britannique de Pitcairn, dans le Pacifique, après avoir transité par la Polynésie française. Un ex-passager néozélandais a également été hospitalisé en quarantaine à Taïwan. Sur l’île de Tristan da Cunha, dans l’Atlantique sud, un cas probable a été signalé, impliquant un habitant de retour via le MV Hondius.

« Le même virus est présenté comme endémique en Argentine et comme un foyer émergent à bord du navire. »

Le séquençage du virus et ses implications

Le séquençage de la souche Andes, réalisé par l’Institut Pasteur, a permis de comparer le génome du virus détecté chez la passagère française à ceux circulant en Amérique du Sud. Selon les analyses, le virus est proche de ceux présents dans une zone du Chili et de l’Argentine, où le « patient zéro » supposé, un passager néerlandais, aurait séjourné avant d’embarquer. Cependant, la période d’incubation estimée soulève des questions, car elle serait plus large que celle habituellement observée pour cette souche.

Les scientifiques argentins, familiers avec l’hantavirus depuis des décennies, soulignent que la souche Andes est l’une des rares à pouvoir se transmettre d’humain à humain. Cette caractéristique a justifié les mesures de quarantaine strictes mises en place pour les cas contacts. En Argentine, une mission scientifique doit se rendre à Ushuaïa la semaine prochaine pour enquêter sur l’origine du foyer. La piste d’une contamination dans une décharge près de la ville est évoquée, mais des incohérences temporelles et des témoignages remettent en cause cette hypothèse.

Une recherche sur les traitements et vaccins

À ce jour, il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin commercialisé contre la souche Andes de l’hantavirus. Cependant, des recherches étaient en cours avant l’émergence de ce foyer. En 2023, un essai clinique de phase 1 avait démontré qu’un vaccin à ADN contre le virus Andes était sûr et induisait une réponse immunitaire robuste chez plus de 80 % des participants. Des anticorps naturels, testés sur des hamsters, avaient également montré une efficacité contre plusieurs souches d’hantavirus, y compris celle des Andes.

« Les bilans de cas contacts et les quarantaines dépendent des déclarations des autorités sanitaires locales. »

Ces recherches avaient été interrompues faute de financements. Selon des scientifiques interrogés par le New York Times, les principaux obstacles au développement de vaccins ou de traitements restent le manque de ressources financières. L’épidémie actuelle pourrait relancer l’intérêt pour ces travaux, bien que la charge virale relativement faible de l’hantavirus ne le place pas en tête des priorités pour les financements internationaux.

Les réactions des autorités sanitaires

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que le risque pour la population générale reste faible. Cependant, l’organisation suit de près la situation, avec environ 450 cas contacts surveillés dans le monde. En France, la ministre de la Santé a souligné que les mesures de prévention et de surveillance étaient proportionnées à la situation, tout en rappelant l’importance de la vigilance face aux maladies émergentes.

En Ontario (Canada), les autorités sanitaires ont décidé de procéder au dépistage des personnes asymptomatiques considérées comme cas contacts. Les personnes à faible risque pourraient mettre fin à leur isolement en cas de test négatif.

Une hausse de la demande en masques

En France, plusieurs pharmacies ont constaté une augmentation de la demande en masques FFP2 et chirurgicaux. Certaines officines signalent des ruptures temporaires de stock, tandis que les centrales d’achat évoquent des ventes exceptionnelles, avec jusqu’à 15 000 boîtes écoulées en trois jours, contre environ 2 400 par semaine habituellement. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue, hérité de la pandémie de Covid-19.

Prochaines étapes et incertitudes

La publication des résultats complets du séquençage pourrait apporter des précisions sur les caractéristiques du virus et son origine exacte. La mission scientifique à Ushuaïa devra également déterminer les circonstances de la contamination initiale, qui restent floues. Enfin, la surveillance des cas contacts se poursuit, avec des tests réguliers pour détecter d’éventuelles nouvelles infections.

Les autorités sanitaires insistent sur le fait que le risque pour la population générale reste limité, mais rappellent l’importance de la prévention et de la réactivité face aux maladies émergentes.

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