L’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a annoncé vendredi 15 mai une épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. Quatre décès ont été confirmés en laboratoire parmi les cas recensés, tandis que 246 cas suspects, dont 65 mortels, ont été signalés dans cette région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Dans la soirée, le ministère de la Santé ougandais a confirmé un décès lié à Ebola sur son territoire, celui d’un Congolais de 59 ans admis à l’hôpital de Kampala. « Il s’agit d’un cas importé de RDC », a précisé le ministère, soulignant qu’aucun cas local n’avait encore été identifié en Ouganda.
Une souche potentiellement nouvelle du virus
Les premiers résultats des analyses en laboratoire suggèrent que cette épidémie pourrait être causée par une souche différente de celle du virus Ebola Zaïre, la seule pour laquelle un vaccin et des traitements existent actuellement. « Le séquençage est en cours afin de mieux caractériser la souche », a indiqué l’Africa CDC. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé 13 cas d’Ebola dans cette nouvelle flambée, tout en déployant des experts, des fournitures médicales et des fonds d’urgence pour soutenir la riposte en Ituri.
Un contexte compliqué par l’insécurité et les mouvements de population
La province de l’Ituri, riche en or et en proie à des conflits armés depuis plus de trente ans, connaît d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière. Les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara, où les cas ont été principalement recensés, comptent chacune environ 150 000 habitants. Des cas suspects ont également été signalés à Bunia, la capitale provinciale, qui abrite près de 300 000 personnes. « La région où l’épidémie survient est extrêmement instable en raison de la situation humanitaire en cours et des mouvements de population entre le Soudan du Sud, l’Ouganda et d’autres zones », a déclaré Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de réponse aux urgences sanitaires à l’OMS.
Une réunion d’urgence pour renforcer la coordination transfrontalière
Face au « risque élevé de propagation », l’Africa CDC a convoqué une réunion de coordination urgente avec les représentants de la RDC, de l’Ouganda, du Soudan du Sud et des partenaires internationaux. L’objectif est de renforcer la surveillance transfrontalière, la préparation et les efforts de lutte contre l’épidémie. L’OMS a souligné que la RDC possédait une « grande expérience dans la gestion d’Ebola », rappelant que la dernière épidémie dans le pays, déclarée en août 2025, avait fait au moins 34 morts avant d’être éradiquée en décembre.
Un bilan encore provisoire et des défis logistiques
Les bilans restent provisoires et attribués aux autorités sanitaires. « Depuis quelques semaines, la commune de Mongbwalu enregistre des cas de décès en cascade, avec au moins cinq à six morts par jour », a décrit Gloire Mumbesa, un habitant de la zone. Les infrastructures sanitaires limitées et les voies de communication en mauvais état compliquent l’acheminement des médicaments et des équipements. « L’accès à certaines parties de la province est difficile pour des raisons sécuritaires », a ajouté l’Africa CDC.
« Les chiffres avancés distinguent les décès confirmés en laboratoire, les cas suspects et les bilans attribués aux autorités locales, sans consolidation indépendante mentionnée à ce stade. »
Un bilan à consolider et des mesures en cours
La situation épidémiologique reste évolutive, avec des bilans encore provisoires et des confirmations de cas en attente. Les autorités sanitaires doivent encore préciser l’étendue réelle de la propagation, notamment dans les zones urbaines comme Bunia, où des cas suspects ont été signalés. La caractérisation définitive de la souche du virus, attendue dans les prochains jours, déterminera les options thérapeutiques et vaccinales disponibles. Les prochaines étapes incluent également la consolidation des mesures de surveillance, la mise en place de protocoles de soins et la sécurisation des zones touchées pour permettre un accès humanitaire et médical.