Patrick Bruel, 67 ans, est visé par au moins dix plaintes pour viols et agressions sexuelles déposées en France et en Belgique. Les faits dénoncés s’étendent sur plusieurs décennies, certains remontant aux années 1990. Le chanteur conteste l’ensemble des accusations, affirmant n’avoir « jamais forcé » une femme à des relations sexuelles.
Des annulations de concerts
Trois dates de la tournée de Patrick Bruel, prévues au Québec en décembre 2026, ont été annulées par l’organisateur Gestev, qui a évoqué « le contexte actuel et l’impossibilité d’assurer la promotion ». En Belgique, le bourgmestre de Forest, Charles Spapens, a également appelé à l’annulation du concert prévu le 6 octobre. En France, plusieurs festivals et salles de spectacle ont indiqué ne pas avoir de moyen légal d’annuler les représentations sans risquer des conséquences financières importantes.
La question de la prescription
Une partie des faits dénoncés pourrait échapper à des poursuites judiciaires en raison de la prescription. En France, le délai de prescription pour les viols est de 30 ans à compter de la majorité de la victime, mais certains mécanismes, comme la prescription « glissante », pourraient permettre d’engager des poursuites pour des faits plus anciens. En Belgique, où une plainte pour agression sexuelle a été déposée, les faits dénoncés, remontant à 2010, sont prescrits. L’avocate d’une plaignante française, Jade Dousselin, a toutefois indiqué qu’elle disposait d’« autres plaintes » visant le chanteur.
Les réactions politiques et publiques
La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a estimé que la décision d’annuler ou non les concerts « appartenait » à Patrick Bruel. « C’est une décision qui lui appartient, à lui, et qui ne m’appartient pas, à moi, ni à vous », a-t-elle déclaré sur RTL. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pour sa part indiqué qu’elle n’irait pas voir les représentations du chanteur « par respect ».
Plusieurs personnalités du monde du spectacle ont également réagi. La chanteuse Lio a déclaré dans un entretien accordé à La Dépêche du Midi qu’il était « connu depuis des années » que Patrick Bruel avait un comportement problématique avec les femmes, appelant le chanteur à « aller se faire soigner ». La chanteuse toulousaine Nina Goern, du groupe Cats on Trees, a révélé qu’en 2015, lors d’un tournage télévisé, une consigne avait été donnée à son équipe de « ne jamais laisser Nina seule avec lui ».
Les fans divisés
Les réactions des fans de Patrick Bruel sont partagées. Certains ont décidé de revendre leurs places de concert, invoquant un malaise face aux accusations. D’autres continuent de soutenir l’artiste, rappelant le principe de présomption d’innocence. En Isère, une association organisatrice d’un concert a indiqué ne vendre « qu’une place par semaine », contre plusieurs centaines habituellement, en raison de la polémique.
Les procédures judiciaires en cours
Patrick Bruel fait l’objet de quatre enquêtes pour viols en France et d’une enquête en Belgique pour agression sexuelle. L’une des plaignantes, l’animatrice Flavie Flament, a déposé plainte pour un viol qu’elle affirme avoir subi en 1991, alors qu’elle avait 16 ans. Le chanteur a expliqué avoir eu une « brève histoire » avec elle, ajoutant qu’« il n’y eut ni viol, ni drogue ». Une autre plaignante, Karine Viseur, attachée de presse belge, a déposé plainte pour des faits remontant à 2010, mais cette plainte est prescrite.
« Les mêmes accusations sont présentées comme des témoignages de victimes par certains médias et comme des allégations non jugées par d’autres. »
La suite des événements
Les prochaines semaines seront marquées par la poursuite des procédures judiciaires et par les décisions des organisateurs de concerts. Plusieurs dates de la tournée de Patrick Bruel sont encore maintenues, mais la pression politique et publique pourrait conduire à de nouvelles annulations. Les enquêtes en cours devront déterminer si des poursuites pourront être engagées, notamment pour les faits les plus anciens, qui pourraient échapper à la prescription. La publication de nouveaux témoignages ou plaintes pourrait également influencer l’évolution de la situation.