Dans la nuit du 30 au 31 mai, les forces ukrainiennes ont revendiqué des frappes de drones sur plusieurs régions russes, atteignant des cibles jusqu’à 1 200 kilomètres à l’intérieur du territoire. Selon le président Volodymyr Zelensky, une raffinerie de pétrole dans l’oblast de Saratov, à environ 700 kilomètres de la ligne de front, a été touchée. Des attaques ont également été signalées dans les oblasts de Kirov, Rostov, Voronej et Belgorod, selon les autorités locales russes.
Des infrastructures pétrolières et militaires visées
L’Ukraine a affirmé avoir frappé un dépôt pétrolier et une station de distribution d’un important oléoduc dans la région de Rostov, provoquant un incendie majeur. À Matveïev-Kourgan, les autorités locales ont décrété l’état d’urgence en raison des dégâts. Dans la nuit du 29 au 30 mai, Kiev avait déjà revendiqué la destruction de deux avions de reconnaissance russes Tu-142 et d’un lanceur de missiles Iskander près de Taganrog, ainsi que l’attaque d’un terminal pétrolier et d’un navire de la flotte russe.
« Un pétrolier, un réservoir de carburant et un bâtiment administratif ont pris feu », a déclaré le gouverneur de l’oblast de Rostov, Vassili Goloubev, ajoutant qu’une cinquantaine de drones avaient été détruits au-dessus de la région.
« Les mêmes frappes sont présentées comme des succès ukrainiens et comme des échecs de la défense russe. »
Une réponse aux attaques russes sur l’Ukraine
Ces frappes interviennent alors que la Russie a lancé une nouvelle vague d’attaques sur l’Ukraine dans la nuit du 30 au 31 mai. Selon l’armée ukrainienne, 229 drones ont été déployés, dont 212 ont été neutralisés par la défense antiaérienne. Quatorze drones ont toutefois atteint leurs cibles, touchant onze sites, tandis que des débris sont tombés sur cinq autres zones. La veille, l’armée de l’air ukrainienne avait indiqué avoir abattu 279 drones et cinq missiles russes.
« La Russie prépare une nouvelle frappe massive », a alerté Volodymyr Zelensky dans un entretien accordé à CBS News, soulignant la nécessité pour Kiev de renforcer ses capacités de défense aérienne. L’Allemagne a livré dimanche un système de défense aérienne IRIS-T SLM, conçu pour intercepter avions, drones et missiles de croisière.
La centrale nucléaire de Zaporijia frappée par un drone
Un drone a frappé samedi la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par la Russie depuis mars 2022, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’impact a provoqué un trou dans le mur d’un bâtiment abritant une turbine, sans endommager les équipements essentiels ni modifier les niveaux de radiation. L’AIEA a demandé un accès au site pour une inspection approfondie.
La Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement d’être responsables de cette attaque. « Un drone a percuté le bâtiment des turbines », a indiqué l’AIEA sur les réseaux sociaux, précisant que l’exploitant de la centrale, contrôlé par Moscou, avait transmis cette information.
Des bilans encore provisoires et des tensions diplomatiques
Les bilans des frappes restent provisoires et attribués aux parties engagées dans le conflit. Les autorités ukrainiennes et russes communiquent des chiffres souvent contradictoires, sans possibilité de vérification indépendante à ce stade. Les attaques sur les infrastructures pétrolières visent à affaiblir les revenus russes tirés des hydrocarbures, tandis que les frappes russes ciblent les capacités militaires et énergétiques de l’Ukraine.
Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont réaffirmé leur soutien à l’Ukraine. « Partout où nous pouvons aider, nous le faisons », a déclaré un responsable américain. Volodymyr Zelensky a toutefois insisté sur la nécessité d’obtenir davantage de missiles Patriot, estimant que « 60 missiles par mois, ce n’est pas assez » pour faire face aux attaques russes.
La situation sur le terrain reste marquée par une intensification des frappes de part et d’autre, sans perspective immédiate de cessation des hostilités. Les prochains jours devraient permettre d’évaluer l’impact des attaques ukrainiennes sur les capacités logistiques russes, ainsi que la réponse de Moscou aux livraisons d’armes occidentales à Kiev.