Négociations Iran-États-Unis : une feuille de route pour un accord sous 60 jours et des tensions sur le détroit d’Ormuz

Les États-Unis et l’Iran se sont entendus sur une feuille de route pour conclure un accord définitif d’ici 60 jours, après des pourparlers en Suisse sous médiation qatarie et pakistanaise, tout en maintenant des désaccords sur le contrôle du détroit d’Ormuz.

Négociations Iran-États-Unis : une feuille de route pour un accord sous 60 jours et des tensions sur le détroit d’Ormuz

Image générée par Fokon

Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, organisées en Suisse depuis dimanche 21 juin, ont abouti à l’adoption d’une feuille de route visant un accord définitif sous 60 jours. Les discussions, menées sous la médiation du Qatar et du Pakistan, ont permis des avancées sur plusieurs dossiers, mais des tensions persistent autour du contrôle du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite habituellement 20 % du pétrole mondial.

Une feuille de route et des groupes de travail techniques

Les deux parties se sont accordées sur une feuille de route pour parvenir à un accord final dans un délai de 60 jours, renouvelable. Le vice-président américain JD Vance a salué des « bases très solides » pour cet accord, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a évoqué des « progrès majeurs » sur le dossier libanais et la sécurisation du détroit d’Ormuz.

Quatre groupes de travail ont été mis en place pour traiter des questions techniques, notamment le nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques. « Les discussions techniques se poursuivront toute la semaine », a indiqué le ministère suisse des Affaires étrangères, qui a salué des « avancées constructives ».

« La même séquence est présentée comme une avancée diplomatique et comme un sujet de désaccord persistant sur le contrôle d’une voie maritime. »

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé lundi 22 juin que « l’administration du détroit d’Ormuz ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre » et que cette voie serait « administrée » par l’Iran. Cette déclaration intervient alors que les États-Unis ont annoncé la suspension temporaire de leurs sanctions sur le pétrole iranien jusqu’au 21 août, une mesure destinée à faciliter les négociations.

« Tout le monde doit savoir que l’administration du détroit d’Ormuz ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, selon l’agence officielle Irna. Les deux parties se sont toutefois entendues sur la mise en place d’une « ligne de communication » pour éviter les incidents et assurer un passage sûr pour les navires commerciaux.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz s’est poursuivi lundi à un rythme soutenu, avec 15 franchissements confirmés dans la matinée, selon la plateforme de suivi Kpler. Malgré l’annonce iranienne d’une nouvelle fermeture samedi, les navires ont continué à emprunter cette voie, bien que certains aient éteint leur transpondeur pour éviter d’être repérés.

Nucléaire et sanctions : des engagements réciproques

Les États-Unis ont annoncé la suspension temporaire de leurs sanctions sur le pétrole iranien, autorisant « toutes les transactions » liées à la production, la vente et le transport d’hydrocarbures d’origine iranienne jusqu’au 21 août. Cette mesure a fait reculer les cours du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord passant sous la barre des 80 dollars.

« Nous avons posé les fondations de l’accord final », a déclaré JD Vance, précisant que l’Iran avait accepté d’inviter à nouveau des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur son territoire. Cette annonce n’a pas été confirmée par Téhéran, qui a démenti tout échange sur ce sujet lors des discussions en Suisse. « Aucune discussion sur le retour des inspecteurs de l’AIEA n’a eu lieu », a indiqué une source iranienne à l’agence Fars.

Les inspecteurs de l’AIEA avaient été suspendus après les bombardements israélo-américains sur les installations nucléaires iraniennes en juin 2025. Leur retour serait une étape majeure pour Washington, qui exige un arrêt définitif du programme d’armement nucléaire iranien.

Le Liban et la cellule de gestion des conflits

Les négociations ont également porté sur la situation au Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran, ont fait plus de 4 100 morts et un million de déplacés depuis mars. Une « cellule de gestion des conflits » doit être mise en place pour faire cesser les combats, bien que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ait affirmé que son armée resterait dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire ».

« La cellule de gestion des conflits sera le premier test réel de la solidité du protocole d’accord », a estimé Abbas Araghchi. Le président libanais, Joseph Aoun, a reçu un appel de JD Vance au sujet de cette cellule, tandis que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne dans le sud du Liban.

Des négociations sous tension et un calendrier serré

Les négociations ont été marquées par des tensions, notamment après un message du président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, dans lequel il enjoignait à l’Iran d’empêcher ses alliés au Liban de « causer des problèmes ». En réaction, la délégation iranienne a quitté la table des pourparlers dimanche après seulement une heure et vingt minutes, avant de reprendre les discussions par l’intermédiaire des médiateurs.

« Ils feraient mieux de peser leurs mots ; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement », avait rétorqué Mohammad Bagher Ghalibaf sur X. Malgré ces tensions, les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions techniques cette semaine, avec l’objectif de finaliser un accord dans les 60 jours.

Le calendrier reste serré, d’autant que les différends sur le programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit d’Ormuz n’ont pas été entièrement résolus. Les prochaines étapes dépendront des engagements concrets des deux parties, notamment sur le retour des inspecteurs de l’AIEA et la mise en œuvre de la cellule de gestion des conflits au Liban.

Les négociations se poursuivent dans un contexte de méfiance mutuelle, mais les avancées enregistrées en Suisse laissent entrevoir une possible désescalade dans la région, à condition que les engagements pris soient respectés.


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