Le Saint-Siège a annoncé jeudi 2 juillet l’excommunication de six évêques liés à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, au lendemain de la consécration de quatre nouveaux évêques à Écône, en Suisse. Selon le Dicastère pour la doctrine de la foi, cette décision a acté une situation de schisme entre Rome et ce mouvement traditionaliste fondé en 1970 par Marcel Lefebvre.
Quatre consécrations à Écône à l’origine de la sanction
La cérémonie du 1er juillet a concerné quatre nouveaux évêques : deux abbés français, un abbé américain et un abbé suisse. Le Vatican a aussi excommunié les deux évêques qui ont procédé à ces consécrations, Bernard Fellay et Alfonso de Galarreta. Rome considère que consacrer des évêques sans l’accord du pape constitue un acte schismatique et entraîne une excommunication automatique des évêques consacrants et consacrés.
Avant cette cérémonie, le pape Léon XIV avait demandé à la Fraternité de renoncer. « Je vous supplie du fond du cœur : revenez sur votre décision ! », avait-il écrit, selon une information de presse. La Fraternité a de son côté indiqué « regretter » avoir agi sans l’autorisation du pape, tout en maintenant ces consécrations.
« La sanction vise à la fois l’acte du 1er juillet et son effet canonique immédiat sur les évêques concernés. »
Le Vatican étend sa mise en garde aux prêtres et à certains fidèles
Dans son décret, le Dicastère pour la doctrine de la foi a indiqué que « les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont en situation de schisme ». Selon plusieurs informations de presse, le texte vise aussi les fidèles laïcs qui adhèrent formellement au mouvement, en les tenant pour schismatiques et excommuniés.
Le Vatican a également rappelé que les sacrements administrés dans ce cadre ne seraient plus reconnus par l’Église catholique pour des actes comme le mariage ou la confession. La Fraternité conteste cette lecture. Selon sa position rapportée par plusieurs informations de presse, le fait que les évêques aient été consacrés sans juridiction attitrée exclurait, à ses yeux, tout schisme et toute excommunication.
Une rupture actée, avec des effets canoniques déjà annoncés
Au moment de cette annonce, le fait établi est la publication par le Vatican d’un décret d’excommunication visant les six évêques concernés. Le Saint-Siège affirme aussi que les prêtres de la Fraternité sont en situation de schisme et met en garde les fidèles qui y adhèrent formellement. Ces effets sont présentés par Rome comme immédiats au regard du droit canonique.
Le désaccord porte sur la qualification même de l’acte du 1er juillet. Le Vatican y voit un rejet de l’autorité pontificale, tandis que la Fraternité soutient que l’absence de juridiction attitrée exclut le schisme. À ce stade, la rupture avec Rome est formellement actée par le décret publié jeudi, et les conséquences annoncées concernent déjà la reconnaissance des sacrements administrés au sein du mouvement.