Santé publique France a publié vendredi 3 juillet un premier bilan de la canicule de juin, au moment où Météo-France a confirmé la fin officielle de l’épisode commencé le 17 juin et achevé le 30 juin. Selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, 2 025 décès supplémentaires ont été enregistrés entre le 22 et le 28 juin, soit une hausse de 29,1 % par rapport à la semaine précédente. Le même jour, Météo-France a annoncé que juin 2026 avait été le mois de juin le plus chaud jamais observé dans le pays, avec une température moyenne de 22,7 °C, soit 3,8 °C au-dessus des normales saisonnières.
Un premier bilan sanitaire encore provisoire
Le chiffrage diffusé vendredi repose sur les certificats électroniques de décès, qui couvrent un peu plus de 60 % des décès, selon les informations communiquées par Santé publique France. L’agence a indiqué que ces données étaient sous-estimées et qu’un bilan plus consolidé devait être publié après l’été. Plusieurs articles de presse relèvent aussi qu’un point intermédiaire plus solide est attendu d’ici à trois semaines.
La hausse des décès a surtout concerné les personnes de plus de 45 ans. Santé publique France a indiqué que les 65 ans et plus représentaient la plus grande part des décès supplémentaires. La progression a été particulièrement marquée en Île-de-France, avec plus de 62 % de hausse sur la semaine, ainsi que dans les Pays de la Loire. Les décès à domicile ont aussi fortement augmenté, avec une hausse de 91 % en une semaine selon les données reprises vendredi.
« Le chiffre publié mesure une surmortalité observée sur une semaine, pas encore un bilan définitif des décès imputables à la chaleur. »
Un épisode plus intense que 2003 sur le plan météorologique
Météo-France a indiqué que la vague de chaleur de juin 2026 avait été plus intense que celle d’août 2003, tout en étant plus courte. L’épisode a duré 14 jours, contre 16 en 2003. Les journées des 24 et 25 juin ont établi les températures moyennes les plus élevées jamais enregistrées en France, tous mois confondus, avec un indicateur thermique national atteignant 30 °C pour la première fois.
Le prévisionniste a aussi précisé que les 40 °C avaient été dépassés au moins une fois sur plus de 40 % du territoire pendant l’épisode. Jusqu’à 72 départements ont été placés en vigilance rouge canicule, un niveau inédit depuis la création du dispositif en 2004. Météo-France a ajouté que les nuits chaudes, avec des températures ne descendant pas sous 20 °C, avaient concerné environ les trois quarts du territoire.
Vendredi 3 juillet, Météo-France a de nouveau placé l’Hérault et les Pyrénées-Orientales en vigilance orange à partir du samedi 4 juillet à midi. « Il est encore trop tôt pour parler de future vague de chaleur et pour se prononcer sur le pic d’intensité de cet épisode », a indiqué l’établissement.
Des mesures gouvernementales et des pertes agricoles déjà mises en avant
Le gouvernement a mis en avant plusieurs réponses immédiates après l’épisode de fin juin. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué que plus de 3 600 contrôles avaient été menés en juin pour vérifier le respect des obligations des employeurs face aux fortes chaleurs. Il a aussi demandé aux plateformes de livraison de prendre des mesures pour mieux protéger les livreurs, avec des décisions concrètes examinées dans le cadre de l’ARPE.
« Il faut vraiment prendre des mesures », a déclaré Jean-Pierre Farandou à propos de la protection des livreurs exposés aux fortes chaleurs. De son côté, la CGT a demandé un renforcement plus rapide de la loi et des sanctions pour les entreprises dépourvues de plan de prévention.
Dans le secteur de la santé, l’AP-HP a engagé la livraison de 1 800 climatiseurs dans ses hôpitaux d’Île-de-France. Plusieurs établissements et Ehpad ont aussi été cités dans la presse parmi les structures confrontées à des besoins d’équipement ou à des tensions d’organisation pendant l’épisode.
Les effets sur l’agriculture ont également occupé une place importante dans les bilans publiés vendredi. Selon des premières estimations attribuées au ministère de l’Agriculture, les pertes atteindraient 30 % pour le maïs, 50 % pour les jeunes pousses de carottes, 60 % pour le houblon et 20 % dans l’arboriculture. Des articles de terrain ont aussi fait état de cultures brûlées, de pertes dans les élevages et de tensions sur l’eau dans plusieurs régions.
Un nouvel épisode de chaleur déjà engagé dans le sud
Au moment de ce bilan, la canicule de juin était officiellement terminée, mais un nouvel épisode de fortes chaleurs commençait à se dessiner. Météo-France a placé l’Hérault et les Pyrénées-Orientales en vigilance orange pour samedi 4 juillet, tout en jugeant prématuré de qualifier dès vendredi cet épisode de nouvelle vague de chaleur à l’échelle nationale.
Les éléments établis à ce stade portent sur la surmortalité observée entre le 22 et le 28 juin, sur le record de chaleur enregistré en juin et sur les premières mesures annoncées par les autorités. Le nombre final de décès liés à cet épisode doit encore être consolidé par les autorités sanitaires, tandis que l’intensité, la durée et l’étendue du nouvel épisode attendu dans les prochains jours restaient encore en cours d’évaluation vendredi 3 juillet.