Vendredi 3 juillet, les secours ont poursuivi leurs opérations à Kiev au lendemain d’une attaque russe de grande ampleur menée dans la nuit de mercredi à jeudi, tandis que la Russie a revendiqué la prise de Kostyantynivka et que plusieurs alliés de l’Ukraine ont annoncé de nouveaux engagements militaires. Selon les secouristes ukrainiens, au moins 30 personnes ont été tuées dans la capitale et près d’une centaine blessées.
Un bilan alourdi à Kiev après une attaque de drones et de missiles
Les autorités ukrainiennes ont présenté cette frappe comme la plus importante subie par la capitale depuis le début de la guerre. Selon l’armée de l’air ukrainienne, l’ensemble du pays a été visé dans la nuit de mercredi à jeudi par 496 drones et 74 missiles de différents types, dont 476 drones et 48 missiles ont été interceptés.
À Kiev, les recherches se sont poursuivies dans les décombres vendredi. Les autorités locales ont fait état d’importantes destructions dans plusieurs immeubles d’habitation, tandis que la municipalité a signalé une dégradation de la qualité de l’air. Selon des informations relayées par les autorités locales, plus de 52 000 personnes se sont réfugiées dans des abris souterrains pendant l’attaque.
« Le bilan humain et le volume des projectiles relèvent de deux niveaux distincts : l’ampleur de l’attaque ne dit pas à elle seule ses effets au sol. »
Des frappes croisées et une revendication russe dans l’est
Au lendemain de l’attaque sur Kiev, les deux camps ont continué à échanger des frappes. Selon des autorités ukrainiennes, des attaques russes ont encore fait plusieurs morts, notamment à Soumy. Côté russe, des responsables locaux ont indiqué que des frappes ukrainiennes avaient fait deux morts dans des régions frontalières, et des autorités installées par Moscou ont aussi fait état de morts à Tokmak, en territoire ukrainien occupé.
Dans le même temps, le Kremlin a revendiqué la prise de Kostyantynivka, présentée par Moscou comme une position importante dans l’est de l’Ukraine. « Kostyantynivka a été entièrement prise. La ville est désormais entièrement sous notre contrôle », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, en ajoutant que Vladimir Poutine s’était entretenu avec les militaires à ce sujet.
Volodymyr Zelensky a, de son côté, promis une riposte après l’attaque contre Kiev et a de nouveau demandé à ses alliés de renforcer la défense antiaérienne ukrainienne.
Une aide militaire annoncée avant le sommet de l’OTAN
En marge du sommet de l’OTAN prévu à Ankara, les pays européens de l’Alliance et le Canada se sont accordés sur un engagement militaire de 70 milliards d’euros pour 2026 et de 70 milliards d’euros pour 2027, d’après une information de presse. Cet engagement comprend notamment les 60 milliards d’euros d’aide militaire que l’Union européenne s’est engagée à prêter à l’Ukraine sur ces deux années.
L’Ukraine a demandé que ces soutiens s’accompagnent d’une accélération des livraisons de systèmes de défense aérienne. L’ONU a, de son côté, regretté que « les civils subissent davantage de destructions, de douleur » après l’attaque contre Kiev.
Un front militaire et diplomatique encore en mouvement
À la date du vendredi 3 juillet, plusieurs éléments étaient établis : le bilan à Kiev s’était alourdi à au moins 30 morts selon les secouristes ukrainiens, les secours continuaient dans la capitale, et Moscou revendiquait le contrôle de Kostyantynivka. Les nouvelles frappes signalées de part et d’autre relevaient, elles, de bilans fournis par les autorités de chaque camp ou par des autorités installées dans les zones occupées.
Sur le plan diplomatique, l’engagement financier annoncé avant le sommet de l’OTAN fixait une échéance pour 2026 et 2027, tandis que la demande ukrainienne portait plus immédiatement sur les systèmes de défense aérienne. La situation militaire restait donc marquée à la fois par des bilans attribués, par des revendications territoriales russes et par des soutiens internationaux déjà annoncés mais encore liés à leur mise en œuvre.