Vendredi 3 juillet, plusieurs incendies ont continué de mobiliser d’importants moyens dans le sud de la France, tandis que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu à Pouzols-Minervois, dans l’Aude. Le feu le plus important de la séquence, parti mercredi dans la zone d’Oupia et propagé entre l’Hérault et l’Aude, a parcouru autour de 900 à 950 hectares avant d’être annoncé comme fixé. Dans les Pyrénées-Orientales, l’incendie parti de Sainte-Marie-la-Mer et propagé à Canet-en-Roussillon a lui aussi été fixé, après des évacuations massives et d’importants dégâts matériels.
Dans l’Aude, le feu de Pouzols-Minervois a parcouru près de 950 hectares
Dans l’Aude, la préfecture a indiqué vendredi matin que la situation évoluait favorablement après une nuit de lutte contre les flammes. Selon les autorités, environ 500 pompiers ont été engagés dans la nuit, et jusqu’à 900 sapeurs-pompiers ont été mobilisés au plus fort de l’incendie, avec des moyens aériens. Laurent Nuñez a annoncé en milieu de journée que le feu était fixé, c’est-à-dire qu’il ne progressait plus.
Le ministre a déclaré que « au moment où je vous parle, le feu est fixé, c’est-à-dire qu’il ne progresse plus », tout en précisant que l’action des secours se poursuivait à l’intérieur du périmètre brûlé. Des habitants évacués ont commencé à regagner leur domicile, tandis que les secours restaient mobilisés pour traiter les points chauds et prévenir toute reprise.
« Un feu fixé ne signifie pas un feu éteint : la progression est stoppée, mais la surveillance et le traitement des lisières continuent. »
À Canet-en-Roussillon, des campings et une zone d’activité ont été touchés
Dans les Pyrénées-Orientales, l’incendie parti jeudi de Sainte-Marie-la-Mer s’est propagé à Canet-en-Roussillon et a entraîné l’évacuation d’un peu plus de 3 000 personnes selon plusieurs bilans de préfecture et d’autorités locales. Parmi elles, 1 700 campeurs ont quitté les campings touchés, tandis qu’environ 1 500 autres personnes ont été évacuées d’entreprises. La préfecture a indiqué que 281 bungalows avaient été détruits par les flammes.
Le feu a aussi atteint le pôle nautique de Canet-en-Roussillon. Selon le préfet, un bâtiment du fabricant de catamarans Catana a été détruit. La préfecture a fait état de « six civils, dont un enfant », légèrement blessés, ainsi que de six pompiers volontaires blessés légèrement et de sept policiers municipaux victimes d’intoxications légères. Vendredi, plus de 200 pompiers restaient engagés sur place et la préfecture indiquait que la zone demeurait sous surveillance.
Le gouvernement évoque plus de 7 000 départs de feu depuis le début de la saison
Au-delà de ces deux incendies, plusieurs autres foyers ont continué de mobiliser les secours dans le Gard et les Bouches-du-Rhône. À Milhaud, dans le Gard, un feu de végétation propagé à un site de stockage de déchets restait actif mais maîtrisé selon les pompiers, avec une opération annoncée comme de longue durée. À Aramon, un autre feu a conduit à l’évacuation de 800 employés d’une usine Sanofi selon des informations de presse. Près de Marseille, les feux de Lançon-Provence et de Rognac étaient fixés ou maîtrisés, avec des effectifs maintenus pour surveiller les points chauds.
Laurent Nuñez a déclaré vendredi : « On est très inquiets pour la saison, on a un mois d’avance sur les départs de feux. » Il a aussi indiqué que 26 feux avaient brûlé simultanément jeudi sur le territoire et que la France disposait de « moyens suffisants » pour lutter contre les incendies. Selon le gouvernement, plus de 7 000 départs de feu ont déjà été recensés depuis le début de la saison. Météo-France a placé six départements du sud en danger « très élevé » vendredi, et ce niveau de risque devait persister samedi et « certainement dimanche ».
Un risque encore élevé malgré plusieurs feux désormais fixés
Vendredi soir, plusieurs des principaux incendies signalés dans le sud étaient annoncés comme fixés ou maîtrisés, notamment dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales et les Bouches-du-Rhône. Cette qualification ne mettait pas fin aux opérations : les secours poursuivaient la surveillance des lisières, le noyage des points chauds et la prévention des reprises. Dans le Gard, certains foyers restaient encore actifs ou faisaient l’objet d’interventions prolongées.
Les bilans matériels et humains cités par les préfectures concernaient les zones déjà touchées, tandis que le niveau de risque pour les jours suivants restait élevé selon Météo-France et les autorités. Le point de situation établi vendredi distinguait donc deux niveaux : des incendies dont la progression avait été stoppée, et un risque de nouveaux départs de feu encore jugé important pour samedi et dimanche.