Vendredi 10 juillet, neuf départements étaient déjà en vigilance rouge canicule et la quasi-totalité de l’Hexagone restait en orange ou en jaune selon Météo-France. L’institut a annoncé une extension de l’alerte maximale à 24 départements à partir du samedi 11 juillet à midi, dont l’Île-de-France, avec des températures attendues jusqu’à 36 °C à Paris et Rennes, 38 °C à Bordeaux, 37 °C à Toulouse et jusqu’à 39 à 40 °C localement.
Une alerte maximale étendue à plus de 22 millions de personnes
Météo-France a indiqué que « la chaleur monte encore d’un cran ce week-end » et que des nuits chaudes concernaient une grande partie du pays. Selon une information de presse à partir de données de l’Insee, 22,2 millions de personnes sont concernées par la vigilance rouge samedi, soit trois fois plus que vendredi.
L’épisode caniculaire devait se poursuivre au moins jusqu’au 14 juillet, avec une hausse supplémentaire des températures attendue pendant le week-end. Météo-France a décrit une masse d’air très chaud stagnant plusieurs jours sur le pays, ce qui prolonge l’épisode au-delà d’un simple pic de chaleur journalier.
« La vigilance rouge décrit un niveau d’alerte météorologique, tandis que le plan Orsec organise la réponse des autorités dans les départements concernés. »
Un plan Orsec inédit centré sur les personnes vulnérables
Le gouvernement a déclenché vendredi le plan Orsec « chaleurs extrêmes » dans les départements placés en vigilance rouge. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a présenté ce dispositif comme un plan « qui n’existait pas par le passé ». Selon les autorités, il vise en priorité les personnes âgées, isolées, sans-abri et plus largement les publics considérés comme les plus exposés aux fortes chaleurs.
Le dispositif prévoit notamment l’ouverture de centres de rafraîchissement ou de protection pour permettre à ces personnes de se reposer ou de se mettre à l’abri de la chaleur. Le colonel Jérôme Boulanger, porte-parole de la Sécurité civile, a indiqué que ce plan était « à l’étude depuis quelques mois » et que ses travaux avaient été accélérés « à la demande du Premier ministre ».
Dans le secteur de la santé, le directeur général de la santé, Didier Lepelletier, a fait état d’« indicateurs d’activité hospitalière et [d’]un volume d’appels au Samu en légère hausse en cette fin de semaine ». Il a aussi indiqué que le taux de passage aux urgences augmentait légèrement chez les personnes les plus fragiles.
Des transports, des hôpitaux et des événements déjà adaptés
Les effets de la canicule ont déjà conduit plusieurs acteurs publics et privés à adapter leur organisation. La SNCF a indiqué prévoir un service grande vitesse « normal » pour le week-end de départs en vacances, avec 1,9 million de voyageurs attendus, tout en maintenant des suppressions sur une partie des trains Intercités aux heures les plus chaudes de la journée selon des déclarations relayées dans la journée.
Dans plusieurs villes et départements, des centres de fraîcheur ont rouvert ou élargi leurs horaires, tandis que des préfectures ont interdit ou annulé des feux d’artifice, des bals de pompiers et certains événements sportifs ou festifs en plein air. Uber Eats et Deliveroo ont aussi annoncé la suspension des livraisons entre 14 heures et 18 heures dans les départements en vigilance rouge.
Le gouvernement a par ailleurs mis en avant le déploiement de climatiseurs et ventilateurs dans les établissements sanitaires et médico-sociaux. Plusieurs prises de parole ont toutefois donné des chiffres différents sur les appareils déjà livrés, avec 6 000 ou 7 500 unités évoquées selon les déclarations rapportées vendredi, pour un objectif de 30 000 annoncé pour le mois d’août.
« Les annonces nationales portent sur des dispositifs communs, mais leurs effets concrets passent par des décisions locales, établissement par établissement ou département par département. »
Un épisode encore en cours avec des bilans et mesures évolutifs
Au moment de la publication, l’extension de la vigilance rouge à 24 départements était actée pour le samedi 11 juillet, et la durée de l’épisode était annoncée au moins jusqu’au milieu de la semaine suivante. Les températures prévues et le nombre de départements concernés relevaient des prévisions de Météo-France, tandis que les effets sanitaires et logistiques étaient suivis par les autorités au fil de la journée.
Les mesures déjà annoncées sont établies lorsqu’elles relèvent de décisions officielles, comme le déclenchement du plan Orsec, l’ouverture de centres de rafraîchissement ou certaines interdictions préfectorales. D’autres éléments, comme l’ampleur exacte de la pression sur les urgences ou le nombre total d’équipements effectivement déployés dans les établissements de santé, restaient présentés à travers des déclarations institutionnelles faites vendredi.
La situation restait donc marquée à la fois par des décisions déjà appliquées et par un suivi encore en cours de leurs effets, alors que le week-end du 14 juillet devait concentrer le pic de chaleur dans plusieurs régions.