Xenia Fedorova, ancienne responsable de RT France et chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et au Journal du dimanche, s’est vu notifier mercredi 29 juillet un arrêté ministériel d’expulsion du territoire français. Le gouvernement lui reproche de relayer en France la propagande russe et des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes. Dans l’arrêté, sa présence est présentée comme une menace grave et actuelle pour l’ordre public et comme une atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État.
Une décision justifiée par le ministère de l’Intérieur
Jeudi 30 juillet, Laurent Nuñez a défendu publiquement cette mesure. Le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il ne s’agissait « pas [d’]une atteinte à la liberté d’expression », en affirmant que le dossier relevait d’« une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Il a aussi accusé Xenia Fedorova de « relayer la propagande russe » sur le territoire français.
Les motifs avancés par les autorités portent sur son rôle de relais de campagnes de désinformation attribuées au Kremlin. Selon une information de presse, cette décision intervient dans un contexte de vigilance accrue sur les ingérences russes en France, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
« La mesure vise ici un statut administratif et sécuritaire, distinct du débat public sur les opinions exprimées à l’antenne. »
Une contestation au nom de la liberté d’expression et du pluralisme
Xenia Fedorova a annoncé, par la voix de son avocat, qu’elle allait former un recours contre l’arrêté. Elle conteste la décision au nom de la liberté d’expression. Des responsables des groupes Canal+ et Lagardère ont également dénoncé « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ».
Dans le débat politique, les réactions ont été partagées. Certaines prises de position ont soutenu la mesure au nom de la lutte contre l’ingérence russe. D’autres ont dénoncé une censure politique ou un risque de délit d’opinion. « Elle a répondu aux critères » d’expulsion, a déclaré le député RN Thomas Ménagé, tout en appelant à « se protéger des différentes ingérences ».
Un recours annoncé après la notification de l’arrêté
À ce stade, le fait établi est la notification d’un arrêté d’expulsion et sa défense publique par le ministre de l’Intérieur. Les accusations de propagande, de désinformation et d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État sont celles du gouvernement et de l’arrêté ministériel. La contestation au nom de la liberté d’expression est celle de Xenia Fedorova, de son avocat et de responsables de groupes de médias où elle intervient.
Laurent Nuñez a indiqué qu’elle pouvait quitter le territoire national de son plein gré. La suite immédiate du dossier passe désormais par le recours annoncé contre la mesure. Cette procédure devra préciser dans quel cadre l’arrêté est examiné et si son exécution est maintenue pendant la contestation.