L’UEFA et ses 55 fédérations membres ont annoncé jeudi 30 juillet, à l’issue d’une réunion d’urgence, leur opposition unanime au projet présenté mardi par la FIFA de créer une société commerciale chargée de gérer une partie de ses activités et ouverte à des investisseurs privés. L’instance européenne a indiqué qu’aucune équipe nationale de l’UEFA ne participerait à aucune compétition de la FIFA tant que cette proposition resterait en discussion.
Une menace de boycott après une réunion d’urgence
Dans son communiqué, l’UEFA a rejeté « unanimement et sans équivoque » la proposition de la FIFA de transférer des parts de propriété de la Coupe du monde et d’autres compétitions à des investisseurs privés. La prochaine compétition majeure de la FIFA mentionnée dans cette séquence est le Mondial féminin prévu au Brésil en 2027.
L’instance européenne a aussi contesté la méthode suivie par la FIFA. Plusieurs déclarations attribuées à l’UEFA mettent en cause un projet présenté sans consultation préalable suffisante et dans un calendrier jugé trop court. L’organisation a déclaré : « aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité ».
« Le boycott annoncé vise les compétitions de la FIFA, tandis que le désaccord porte d’abord sur la structure commerciale proposée. »
Un projet commercial défendu par Gianni Infantino
La FIFA a présenté mardi la création d’une société, appelée FIFA Forward Enterprise selon une information de presse, chargée de gérer ses activités commerciales et événementielles, notamment la diffusion, le sponsoring, la billetterie, les licences et certaines compétitions. Des investisseurs privés pourraient y détenir une part minoritaire, autour de 20 %, pour une levée de fonds pouvant atteindre 4,2 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 20 milliards de dollars.
Gianni Infantino a défendu ce projet mercredi dans une vidéo publiée par la FIFA. « C’est une opportunité, mais pas une obligation », a déclaré le président de la FIFA. Selon lui, cette opération doit permettre d’augmenter les ressources reversées aux fédérations membres et de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football sur les quatre prochaines années.
La FIFA affirme qu’elle conserverait le contrôle exclusif de cette société ainsi que l’autorité sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier et les décisions réglementaires. Selon les éléments présentés aux fédérations, chacune des 211 associations membres pourrait recevoir 20 millions de dollars début 2027, et sa dotation sur la période 2027-2030 passerait de 8 à 20 millions de dollars.
La Concacaf rejette aussi la proposition, la CAF appelle à l’examiner
Jeudi, la Concacaf, qui regroupe 41 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a à son tour rejeté formellement la proposition. Dans son communiqué, elle a fait état de « vives inquiétudes » sur la procédure, sur le délai imposé et sur le fait qu’aucun organe de gouvernance compétent de la FIFA ne l’avait encore examinée ni approuvée.
La Concacaf a aussi mis en cause la nécessité du projet après ce qu’elle présente comme « la Coupe du monde la plus rentable de l’histoire ». De son côté, la Confédération africaine de football a appelé ses membres à « examiner » et à « évaluer » la proposition, tandis que la Confédération asiatique a regretté que le projet ait été rendu public sans consultation préalable de ses membres.
Un vote des fédérations encore attendu d’ici au 19 septembre
À ce stade, le projet n’est pas adopté. La FIFA a indiqué qu’il ne serait lancé que si une majorité des associations membres le soutient et si son Conseil approuve les modifications réglementaires nécessaires. Selon une information de presse, les 211 fédérations ont jusqu’au 19 septembre pour se prononcer.
Le boycott annoncé par l’UEFA relève pour l’instant d’une position politique et institutionnelle liée au maintien du projet. Le rejet de la Concacaf est acté par communiqué. La position de la CAF consiste à examiner la proposition, et celle de la Confédération asiatique à regretter l’absence de consultation préalable. La prochaine étape identifiée reste donc le vote des fédérations membres, puis une éventuelle décision du Conseil de la FIFA.