Les États-Unis ont annoncé jeudi 30 juillet avoir mené une « lourde série » de bombardements sur le territoire iranien, en visant « des dizaines de cibles » du Corps des gardiens de la révolution islamique. Selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient, les frappes ont touché notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtière ainsi que des capacités maritimes.
Washington a présenté les frappes comme une riposte
Les autorités américaines ont indiqué avoir agi en réponse au lancement, mardi, de « multiples missiles balistiques » iraniens contre des forces américaines basées au Moyen-Orient. Elles ont précisé que ces missiles avaient été interceptés. La Jordanie a de son côté annoncé avoir abattu cinq missiles tirés depuis l’Iran vers son territoire, sans faire état de victime.
Donald Trump avait annoncé la veille une riposte américaine. « On va les frapper très fort, parce que c’est à notre tour », a déclaré le président américain devant la presse à la Maison Blanche.
Du côté iranien, les gardiens de la révolution ont annoncé que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine dans la province de Zanjan, dans le nord-ouest du pays. Des médias iraniens ont aussi fait état d’attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d’Hormozgan.
« Les frappes américaines et les bilans humains relèvent ici de deux niveaux distincts : objectifs militaires annoncés d’un côté, morts rapportées localement de l’autre. »
Des morts ont été rapportés à Qeshm pendant que des discussions étaient évoquées
Selon l’agence iranienne Fars, citant l’Université des sciences médicales d’Hormozgan, une frappe sur une maison du quartier de Chah Tangu, sur l’île de Qeshm, a tué trois membres d’une même famille, dont un enfant de 2 ans, et blessé deux autres enfants. Plusieurs articles reprennent ce bilan de trois morts, attribué à des médias iraniens.
Dans le même temps, le Pakistan, qui se présente comme médiateur, a affirmé que des négociations entre Washington et Téhéran étaient « en cours », en particulier sur le détroit d’Ormuz, afin de parvenir à une désescalade. La diplomatie pakistanaise a indiqué faire « tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d’accord d’Islamabad » signé à la mi-juin.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions régionales. Plusieurs articles rappellent que Téhéran en a de nouveau verrouillé l’accès, tandis que l’Arabie saoudite cherche à sécuriser d’autres routes maritimes et que l’Égypte a annoncé qu’une attaque de drone avait provoqué un incendie sur deux navires dans le port de Damiette, sans en attribuer l’origine.
Une escalade militaire et des canaux diplomatiques encore actifs
Au moment de la publication, les frappes américaines de la nuit constituent le fait militaire central de la journée, avec des objectifs décrits par l’armée américaine comme liés aux capacités des gardiens de la révolution. Les bilans humains rapportés en Iran restent attribués à des agences et médias iraniens, tandis que les autorités américaines ont surtout détaillé les cibles visées.
En parallèle, plusieurs déclarations font état d’échanges diplomatiques toujours ouverts. Le Pakistan affirme qu’un canal de négociation existe encore entre Washington et Téhéran, notamment autour du détroit d’Ormuz. Dans la région, d’autres incidents ont été signalés en Jordanie, en Égypte, en Irak et dans le Golfe, mais leur attribution et leur portée restent présentées selon les déclarations des acteurs concernés. La suite immédiate dépend des frappes ou ripostes officiellement annoncées, ainsi que de l’évolution des discussions évoquées par Islamabad.