Dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 juillet, la Russie a lancé une attaque aérienne de grande ampleur contre plusieurs régions ukrainiennes, selon les autorités ukrainiennes, tandis qu’un projectile s’est écrasé dans la région polonaise de Lublin, à environ 80 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que les fragments retrouvés indiquaient qu’il s’agissait d’un missile russe Kh-101. Une enquête a été ouverte par le parquet militaire polonais pour déterminer l’origine et la nature du projectile.
Une attaque nocturne de grande ampleur sur plusieurs régions ukrainiennes
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 74 missiles et 284 drones pendant la nuit. Kiev a affirmé en avoir intercepté 55 missiles et 265 drones. Les frappes ont visé notamment Kiev, la région de Dnipropetrovsk, Poltava et Lviv. Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir ciblé des entreprises du complexe militaro-industriel ainsi que des centres logistiques et de télécommunications.
Le bilan humain a varié selon les moments de la journée et les autorités citées. Volodymyr Zelensky a d’abord fait état d’au moins huit morts à travers l’Ukraine. Plusieurs autorités locales ont ensuite signalé d’autres victimes, notamment dans la région de Dnipropetrovsk et à Lviv. Près de Kryvyï Rig, des responsables locaux ont indiqué qu’un missile balistique avait frappé une maison où vivait une famille nombreuse. Selon ces autorités, six membres d’une même famille ont été tués sur place.
« Les bilans humains et l’identification du projectile relèvent ici de deux niveaux distincts, tous deux encore liés aux déclarations des autorités concernées. »
Un cratère découvert en Pologne et une attribution directe à la Russie
En Pologne, des riverains de Tarnawa-Kolonia ont signalé une forte détonation peu avant 4 heures du matin. La police a ensuite découvert, dans un champ situé à environ deux kilomètres des habitations, un cratère de dix mètres de diamètre et des débris d’un objet non identifié. Les autorités polonaises ont relié cet impact aux frappes menées pendant la nuit contre l’ouest de l’Ukraine.
Donald Tusk a déclaré que « les fragments récupérés indiquaient qu’il s’agissait d’un missile russe Kh-101 ». Il a ajouté qu’« il n’y a aucune raison de penser que la Pologne était la cible ». Les autorités polonaises ont indiqué qu’un F-16 avait décollé après la détection du projectile. Le commandement des forces de l’OTAN en Europe a ensuite assuré être en « contact étroit » avec les autorités polonaises.
Des réactions européennes et ukrainiennes centrées sur la défense aérienne
Plusieurs responsables européens ont réagi à la fois aux frappes en Ukraine et à l’impact en Pologne. Ursula von der Leyen a dénoncé une « violation inacceptable » de l’espace aérien de l’Union européenne. Antonio Costa a évoqué une menace pour la sécurité de l’Europe. Friedrich Merz a estimé que cet épisode montrait « l’irresponsabilité de la Russie et sa volonté d’escalade ».
Volodymyr Zelensky a de son côté demandé un renforcement de la défense anti-aérienne ukrainienne. « Cette terreur russe prouve une fois de plus que la protection contre la menace des missiles russes est la chose la plus importante », a déclaré le président ukrainien, en évoquant aussi une « pénurie critique de missiles de défense aérienne » fournis par les partenaires de Kiev. Il a également affirmé que, selon des informations préliminaires, le missile ayant tué une famille près de Kryvyï Rig était de fabrication nord-coréenne, en précisant que des expertises devaient encore confirmer cette origine.