Lundi 18 mai 2026, les forces israéliennes ont intercepté au large de Chypre une cinquantaine de bateaux composant la flottille Global Sumud, qui transportait 430 militants en direction de la bande de Gaza. Les membres de l’équipage ont été transférés vers Israël dans la nuit du 19 au 20 mai, selon le ministère israélien des Affaires étrangères. Mercredi 20 mai, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a diffusé sur sa chaîne Telegram une vidéo montrant des militants agenouillés, les mains liées dans le dos, sur le pont d’un navire militaire israélien. La séquence, accompagnée de l’hymne national israélien, inclut une intervention de Ben Gvir, qui déclare : « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous. »
Une réaction internationale immédiate
Plusieurs pays européens ont réagi à la diffusion de cette vidéo. La France a annoncé la convocation de l’ambassadeur d’Israël pour exprimer son « indignation » face à des « agissements inadmissibles », selon les termes du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. L’Italie, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas ont également convoqué les représentants israéliens dans leurs pays. Le Premier ministre italien Giorgia Meloni a qualifié le traitement réservé aux militants d’« inadmissible » et exigé des « excuses » d’Israël. L’Espagne a dénoncé des agissements « monstrueux, indignes et inhumains », tandis que la Belgique a jugé les images « profondément troublantes » et « inacceptables ». Les Pays-Bas ont qualifié le traitement des militants d’« inhumain ».
« La même séquence est présentée comme une opération de sécurité par les autorités israéliennes et comme une humiliation publique par les gouvernements européens. »
Des critiques internes en Israël
La vidéo a également suscité des critiques au sein du gouvernement israélien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que de telles images n’étaient « pas conformes avec les valeurs d’Israël ». Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé Ben Gvir d’avoir « sciemment nui » à l’image du pays, qualifiant la scène de « spectacle honteux ». Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a précisé que les militants arrêtés pourraient rencontrer leurs représentants consulaires. Netanyahou a par ailleurs appelé à expulser « dès que possible » les membres de la flottille, affirmant qu’Israël avait « pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d’entrer dans [ses] eaux territoriales ».
Le statut des militants et la suite de la procédure
Les 430 militants, originaires de plusieurs pays dont la France, l’Italie, la Grèce, l’Irlande et le Canada, ont été transférés vers le port d’Ashdod, dans le sud d’Israël. L’organisation de défense des droits humains Adalah a indiqué qu’une équipe d’avocats bénévoles se rendrait sur place pour « mener des consultations juridiques » auprès des détenus. Certains militants ont déclaré avoir été privés de communication depuis leur interception. Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié la flottille de « coup de communication au service du Hamas », en référence au mouvement islamiste palestinien qui contrôle une partie de la bande de Gaza.
« Le transfert des militants vers Israël et leur placement en détention relèvent de deux étapes distinctes : l’interception en mer et la procédure administrative ou judiciaire qui suit. »
La suite des événements dépendra des procédures engagées par Israël
Les autorités israéliennes n’ont pas encore précisé le calendrier des expulsions ou des éventuelles poursuites judiciaires. Les gouvernements des pays dont les ressortissants font partie des détenus continuent de demander des garanties sur leur traitement et leur libération. La publication de la vidéo par Ben Gvir a cristallisé les tensions autour de cette interception, alors que les conditions de détention et le statut des militants restent à clarifier. Les prochaines heures devraient permettre d’en savoir plus sur les modalités de leur expulsion ou de leur maintien en détention.