La Russie a annoncé mercredi 20 mai la tenue d’exercices de dissuasion nucléaire impliquant 65 000 militaires et plus de 200 lanceurs de missiles Iskander-M. Selon le ministère russe de la Défense, ces manœuvres, présentées comme un entraînement « au plus haut niveau de préparation au combat », visent à tester la capacité de déploiement des forces nucléaires stratégiques. Des images diffusées par Moscou montrent des soldats chargeant des ogives sur des lanceurs mobiles, sans qu’une confirmation indépendante de ces opérations ne soit disponible.
Dans la nuit du 19 au 20 mai, une attaque russe a frappé la ville de Dnipro, dans l’est de l’Ukraine, faisant deux morts et six blessés, selon l’administration militaire régionale. Les oblasts de Zaporijia, Kharkiv et la ville portuaire d’Odessa ont également été ciblés par des frappes, endommageant des zones résidentielles et des infrastructures critiques. Les secours ukrainiens ont indiqué que les assauts, menés notamment avec des drones, avaient touché des entrepôts et des habitations.
Un exercice nucléaire de grande ampleur
Les exercices russes, qui doivent durer trois jours, mobilisent des milliers d’hommes et d’équipements, selon les déclarations officielles. Le ministère de la Défense a précisé que ces manœuvres s’inscrivaient dans le cadre d’une « démonstration de la capacité de dissuasion » de la Russie. Aucune réaction immédiate des pays occidentaux n’a été rapportée, mais ces annonces interviennent dans un contexte de tensions accrues avec l’OTAN.
« Les images diffusées par Moscou montrent des préparatifs, mais leur portée réelle et leur impact sur l’équilibre stratégique restent à évaluer par des sources indépendantes. »
Une attaque sur Dnipro et d’autres régions
À Dnipro, les autorités locales ont confirmé que les frappes avaient causé des dégâts matériels importants, sans préciser la nature des projectiles utilisés. Les oblasts de Zaporijia et Kharkiv, ainsi qu’Odessa, ont également subi des attaques, avec des bilans humains et matériels encore provisoires. Les secours ukrainiens ont évoqué des « infrastructures cruciales » touchées, sans donner plus de détails.
Le renseignement ukrainien dénonce une campagne de désinformation
Le Service de renseignement extérieur ukrainien (SZRU) a affirmé avoir obtenu des documents russes révélant la préparation d’une campagne de désinformation visant à déstabiliser Kiev et à affaiblir le soutien occidental. Selon cette source, l’opération serait orchestrée par l’administration présidentielle russe pour compenser les échecs militaires et les difficultés économiques du pays. Aucune preuve tangible de ces allégations n’a été rendue publique à ce stade.
Des tensions régionales et des incidents en marge du conflit
En marge du conflit ukrainien, un drone ukrainien a été abattu dans le ciel de l’Estonie par des chasseurs de l’OTAN, après avoir été dévié de sa trajectoire par la guerre électronique russe. Cet incident, qualifié d’inédit par les autorités estoniennes, a conduit à la fermeture temporaire de l’aéroport de Vilnius, en Lituanie, où une alerte aux drones a également été déclenchée près de la frontière biélorusse. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis une réponse européenne à ces incursions, jugées « inacceptables ».
La Chine accusée de former des soldats russes
Plusieurs médias européens, citant des documents du renseignement, ont rapporté que la Chine aurait secrètement formé environ 200 soldats russes avant leur redéploiement sur le front ukrainien. Ces formations porteraient sur des techniques de guerre par drones, la guerre électronique et l’infanterie mécanisée. Pékin n’a pas réagi à ces accusations, mais le sommet entre Xi Jinping et Vladimir Poutine, organisé le 20 mai à Pékin, a été marqué par un affichage d’une « alliance inébranlable », selon les termes du Kremlin.
Prochaines étapes et incertitudes
Les exercices nucléaires russes doivent se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, sans qu’il soit possible de déterminer s’ils s’inscrivent dans une logique de démonstration de force ou s’ils préparent une escalade plus large. Les bilans des attaques sur Dnipro et d’autres régions ukrainiennes restent provisoires, et les autorités locales doivent encore préciser l’étendue des dégâts. La campagne de désinformation attribuée à Moscou n’a pas encore donné lieu à des éléments concrets, et son impact sur le soutien occidental à l’Ukraine reste à observer. Enfin, les accusations portées contre la Chine concernant la formation de soldats russes n’ont pas été confirmées par des sources indépendantes.