Le parquet de Rennes a annoncé mardi 26 mai que deux adolescents, âgés de 15 et 16 ans, avaient reconnu avoir étranglé Théo, 11 ans, dimanche après-midi sur les berges de la Vilaine. Le procureur Frédéric Teillet a indiqué lors d’une conférence de presse que les deux suspects avaient expliqué leur geste par une volonté de « se venger » et de « récupérer du matériel de pêche » d’une valeur de « quelques dizaines d’euros ». Leur garde à vue a été prolongée et ils doivent être présentés mercredi matin au tribunal judiciaire en vue d’une éventuelle mise en examen pour « meurtre sur mineur ».
Un corps retrouvé avec une serviette de bain serrée autour du cou
Le corps de Théo a été découvert vers 17 heures dimanche dans un secteur boisé en bordure de la Vilaine, à proximité du centre-ville de Rennes. Une serviette de bain mouillée était « nouée très serrée autour de son cou », selon les déclarations du procureur. L’autopsie a confirmé que la mort avait été causée par une strangulation. L’alerte avait été donnée par un couple de riverains ayant entendu des cris d’enfant.
Les deux adolescents, un garçon de 16 ans et une fille de 15 ans, ont été identifiés comme les dernières personnes à avoir été vues en compagnie de Théo. Le garçon a été interpellé lundi matin, tandis que la jeune fille s’est présentée spontanément au commissariat dans l’après-midi. Tous deux, scolarisés dans le même établissement, sont décrits comme « inconnus de la justice » par le parquet.
Un différend autour de leurres de pêche à l’origine du drame
Selon les déclarations des deux suspects, recueillies lors de leur garde à vue, le meurtre aurait été motivé par un différend autour de leurres de pêche. « Ils affirment s’en être pris à lui pour se venger et pour récupérer des leurres de pêche d’une valeur de quelques dizaines d’euros que Théo leur aurait pris », a précisé Frédéric Teillet. Les affaires de la victime, dont son matériel de pêche, ont été retrouvées lors de perquisitions menées à leurs domiciles respectifs.
Les auditions des deux adolescents ont révélé des versions « pas totalement concordantes », selon le procureur. Théo et le garçon de 16 ans ne se connaissaient pas avant samedi, jour où ils avaient pêché ensemble dans la Vilaine. Ils s’étaient donné rendez-vous le lendemain pour une nouvelle partie de pêche. « Théo avait dit spontanément à ses parents la veille que le jeune qu’il avait rencontré lui avait donné ses leurres », a ajouté Frédéric Teillet.
« Les aveux portent sur les faits, tandis que les motivations et les circonstances exactes restent encore à préciser par l’enquête. »
Une qualification judiciaire encore en discussion
Le parquet a indiqué que la qualification retenue à ce stade était celle de « meurtre sur mineur », bien que cette dernière doive encore être confirmée par le juge d’instruction. « Il s’agit d’une qualification envisagée », a souligné Frédéric Teillet, précisant que les investigations se poursuivaient pour déterminer les circonstances précises du drame.
Les parents de Théo, qui ont autorisé la divulgation du prénom de leur fils, ont demandé par l’intermédiaire du procureur que les médias « respectent leur douleur » et cessent de les solliciter. Une cellule d’écoute psychologique a été mise en place mardi matin dans le collège où était scolarisé Théo pour accompagner les élèves et les équipes éducatives.
Des éléments encore à préciser avant une éventuelle mise en examen
Si les deux adolescents ont reconnu les faits, plusieurs points restent à éclaircir avant leur présentation devant le tribunal mercredi matin. Les versions recueillies lors des auditions ne sont « pas totalement concordantes », selon le procureur, et les circonstances exactes du passage à l’acte doivent encore être précisées. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer le rôle précis de chacun dans la strangulation de Théo.
La qualification judiciaire retenue à ce stade, « meurtre sur mineur », devra être confirmée par le juge d’instruction. Les investigations se poursuivent également pour établir si d’autres éléments, tels que des témoignages ou des preuves matérielles, pourraient venir compléter les aveux des deux suspects. Le parquet a indiqué que les résultats définitifs de l’autopsie et les analyses en cours pourraient apporter des précisions supplémentaires sur les conditions du décès.
Les prochaines étapes de la procédure dépendront des décisions du tribunal judiciaire, qui devra statuer sur une éventuelle mise en examen et sur les suites à donner à l’enquête.