Les hostilités se sont aggravées jeudi 28 mai au Moyen-Orient, avec des frappes israéliennes dans le sud du Liban ayant fait au moins 17 morts, dont une femme et deux enfants près de Beyrouth. Dans le même temps, l’Iran a revendiqué des tirs contre une base américaine en représailles à des frappes américaines dans le sud de l’Iran, tandis que Washington a menacé de sanctions Oman, accusé de coopérer avec Téhéran dans le détroit d’Ormuz.
Frappes israéliennes au Liban et extension de la « zone de combat »
L’armée israélienne a annoncé jeudi avoir bombardé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, après avoir déclaré « zone de combat » tout le territoire libanais situé au sud du fleuve Zahrani, à environ 40 kilomètres de la frontière. Ces frappes ont fait au moins 17 morts, selon les autorités libanaises, dont une femme et deux enfants dans la banlieue sud de Beyrouth. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a déploré une « escalade » des tensions, avec près de 670 projectiles tirés mercredi, le niveau le plus élevé depuis le cessez-le-feu du 17 avril.
« Nous restons ici, c’est notre pays, notre terre, notre vie », a déclaré Ghazouane Halawani, un habitant de Tyr, malgré les ordres d’évacuation. Le Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien, a revendiqué des attaques de drones contre des positions israéliennes, tandis qu’une soldate israélienne a été tuée par l’explosion d’un drone près de la frontière.
« La même séquence est présentée comme une opération ciblée contre le Hezbollah et comme une extension territoriale unilatérale. »
Riposte iranienne après des frappes américaines
Dans la nuit du 27 au 28 mai, les États-Unis ont abattu quatre drones iraniens près du détroit d’Ormuz et frappé une station de contrôle au sol à Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran. Ces actions, qualifiées de « défensives » par Washington, ont provoqué une riposte iranienne : les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. L’armée koweïtienne a également fait état d’attaques de missiles et de drones, attribuées à l’Iran.
« Ces actions étaient mesurées, uniquement défensives et menées avec l’intention de maintenir le cessez-le-feu », a déclaré un responsable américain sous couvert d’anonymat. L’Iran a dénoncé des « violations continues du cessez-le-feu » par les États-Unis, tandis que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a accusé Washington et Israël de chercher à « mettre la nation à genoux ».
Menace américaine sur Oman et blocage du détroit d’Ormuz
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a menacé Oman de sanctions économiques si le sultanat coopérait avec l’Iran pour instaurer un système de péage dans le détroit d’Ormuz. « Le gouvernement des États-Unis ne tolérera aucune tentative visant à instaurer un système de péage dans le détroit d’Ormuz », a-t-il écrit, précisant que les sanctions viseraient toute implication « directement ou indirectement ».
Le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole brut mondial, reste verrouillé par l’Iran, provoquant une hausse des prix du pétrole. Jeudi matin, le baril de Brent progressait de près de 2 % pour atteindre 96,13 dollars, tandis que le WTI gagnait 1,75 % à 90,23 dollars. La télévision d’État iranienne a rapporté que les forces iraniennes avaient tiré sur quatre navires tentant de franchir le détroit sans autorisation.
Négociations en cours et incertitudes sur un accord
Malgré les tensions, les négociations entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent. Selon des sources américaines, un cadre d’accord prévoyant une extension du cessez-le-feu de 60 jours aurait été établi, mais il n’a pas encore été validé par le président Donald Trump. Ce protocole ne règle pas la question du programme nucléaire iranien, mais ouvre la voie à des discussions ultérieures.
« Le projet d’accord-cadre (...) est une totale invention », a réagi la Maison Blanche, tandis que l’Iran affirme donner la priorité à la fin de la guerre « sur tous les fronts », y compris au Liban. Téhéran exige également le déblocage de 24 milliards d’avoirs gelés à l’étranger et la levée du blocus américain sur ses ports.
Un cessez-le-feu fragilisé et des tensions persistantes
Les derniers échanges de frappes entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que l’intensification des opérations israéliennes au Liban, constituent les affrontements les plus graves depuis le début des cessez-le-feu en avril. La Finul a déploré une « escalade » des tensions, tandis que les négociations pour un accord global restent incertaines.
Les prochaines étapes dépendront des décisions de Donald Trump, qui doit encore valider le cadre d’accord, et de l’évolution des positions iraniennes et israéliennes. La situation au Liban, où les frappes se poursuivent malgré le cessez-le-feu, reste également un enjeu central pour la stabilité régionale.