L’escalade militaire se poursuit au Moyen-Orient ce 3 juin 2026, avec des échanges de frappes entre l’Iran et les États-Unis dans le golfe Persique et une intensification des raids israéliens au Liban. Les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué des attaques contre l’aéroport international du Koweït et des positions américaines à Bahreïn, provoquant la suspension du trafic aérien et faisant un mort et 63 blessés. En réponse, l’armée américaine a annoncé avoir intercepté plusieurs missiles iraniens et mené des frappes sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz.
Attaques iraniennes sur le Koweït et Bahreïn
L’aéroport international du Koweït a été touché par des drones iraniens dans la matinée du 3 juin, entraînant d’importants dégâts matériels et la suspension temporaire des vols. Selon l’armée koweïtienne, 13 missiles balistiques et 17 drones ont été tirés par l’Iran, faisant un mort et 63 blessés. Les autorités locales ont qualifié cette attaque d’« agression criminelle ».
Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït et le siège de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn, en représailles à des frappes américaines contre un pétrolier iranien et l’île de Qeshm. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir intercepté trois missiles iraniens visant Bahreïn et deux autres destinés au Koweït, précisant que « tous ont raté leur cible ».
« Les mêmes frappes sont présentées comme des représailles par l’Iran et comme des provocations par les États-Unis, sans confirmation indépendante des cibles visées. »
Frappes israéliennes au Liban, neuf morts
Au Liban, les frappes israéliennes se sont poursuivies malgré les pourparlers en cours à Washington entre délégations libanaise et israélienne. Au moins neuf personnes, dont un soldat et deux secouristes, ont été tuées dans des raids près de Tyr et de Beyrouth. Le Hezbollah a revendiqué des tirs contre le nord d’Israël, tandis que l’armée israélienne a intercepté un « aéronef ennemi » venu du Liban.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que toute attaque contre Beyrouth entraînerait « une reprise à grande échelle de la guerre ». Les négociations à Washington, qui visent à établir un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, ont abouti à un accord sur la création de « zones pilotes » sous contrôle de l’armée libanaise, mais le Hezbollah, opposé à ces discussions, continue de mener des attaques contre Israël.
Négociations en suspens entre Washington et Téhéran
Les pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran, visant à mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février 2026, restent dans l’impasse. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’« aucun progrès tangible » n’avait été réalisé, tandis que Donald Trump a affirmé que les négociations se déroulaient « très bien » et pourraient aboutir « ce week-end ». Les deux parties s’opposent sur la question du nucléaire iranien et sur la nécessité d’un cessez-le-feu au Liban.
La Chambre des représentants américaine a adopté mercredi un texte symbolique ordonnant le retrait des troupes américaines du conflit, un camouflet pour le président américain, qui conserve un droit de veto. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a insisté sur la nécessité de garantir les droits de l’Iran et de mettre fin à la guerre, tandis que Téhéran exige un arrêt des frappes israéliennes au Liban comme condition préalable à tout accord.
Une escalade contenue, mais des risques persistants
Les échanges de frappes entre l’Iran et les États-Unis dans le golfe Persique, bien que limités, fragilisent le cessez-le-feu conclu le 8 avril. Les deux parties s’accusent mutuellement de violer l’accord, sans qu’aucune confirmation indépendante ne permette d’établir les responsabilités exactes. Les attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn, ainsi que les frappes américaines sur Qeshm, illustrent la volatilité de la situation, alors que les négociations diplomatiques peinent à avancer.
Au Liban, l’intensification des raids israéliens et les tirs du Hezbollah menacent de faire dérailler les pourparlers de Washington. L’accord préliminaire sur un cessez-le-feu conditionnel et la création de « zones pilotes » reste fragile, d’autant que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, refuse toute négociation avec Israël. La publication d’une déclaration commune entre le Liban et Israël, prévue jeudi, pourrait apporter des précisions sur les modalités d’application de ces mesures.
Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les parties parviendront à éviter une reprise à grande échelle des hostilités, notamment en cas de nouvelle attaque contre Beyrouth ou d’escalade dans le golfe Persique.