L’Union européenne (UE) a dévoilé mardi 9 juin un nouveau train de mesures restrictives contre la Russie, qualifié de 21e paquet de sanctions depuis le début de la guerre en Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé l’interdiction d’entrée dans l’UE pour les personnes ayant servi dans les forces armées russes depuis février 2022. Parallèlement, des frappes russes dans la région de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, ont causé la mort d’au moins huit personnes et blessé une quarantaine d’autres au cours des dernières 24 heures, selon les autorités locales.
Un 21e paquet de sanctions ciblant les combattants russes et des secteurs économiques
Ursula von der Leyen a présenté les nouvelles mesures lors d’une intervention à Bruxelles. « Nos sanctions fonctionnent, et nous renforçons encore leur impact », a-t-elle déclaré. Parmi les dispositions annoncées figure l’interdiction d’entrée dans l’UE pour les anciens combattants russes, une première dans le cadre des sanctions européennes. « Nous proposons pour la première fois d’interdire l’entrée dans l’Union européenne à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre », a précisé la présidente de la Commission.
Le paquet inclut également des restrictions supplémentaires sur les exportations de technologies sensibles, ainsi que des mesures visant le secteur de la pêche russe, une première selon plusieurs sources. Le cabillaud russe est notamment concerné par ces sanctions. Par ailleurs, l’UE a reporté la révision du plafonnement du prix du pétrole russe, une décision justifiée par la nécessité d’éviter de soulager Moscou après la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a entraîné une hausse des cours.
« Ces mesures visent à affaiblir la capacité de la Russie à poursuivre la guerre, tout en limitant les répercussions sur les économies européennes », a indiqué un porte-parole de la Commission. Les États membres doivent encore valider formellement ce paquet, une procédure qui pourrait prendre plusieurs jours.
« Le même paquet est présenté à la fois comme une réponse aux actions russes et comme un moyen de préserver la stabilité économique européenne. »
Frappes russes près de Kharkiv : au moins huit morts en 24 heures
Dans la nuit du 8 au 9 juin, des frappes aériennes russes ont visé plusieurs zones résidentielles dans la région de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. Selon un bilan actualisé des autorités locales, ces attaques ont fait au moins huit morts et une quarantaine de blessés. Les villes de Zaporijjia et Konotop ont également été touchées, avec deux femmes tuées à Zaporijjia et une personne âgée à Konotop.
« Les bombardements ciblent délibérément des zones civiles, ce qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire », a déclaré le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleh Synehoubov. Les secours ukrainiens continuent d’intervenir sur les lieux des frappes, où des immeubles d’habitation et des infrastructures civiles ont été endommagés.
Ces attaques surviennent alors que les forces russes ont intensifié leurs opérations dans l’est de l’Ukraine ces dernières semaines, notamment dans les régions de Donetsk et Louhansk. Kiev a accusé Moscou de chercher à étendre son contrôle sur ces territoires, tandis que la Russie justifie ses frappes par la nécessité de « démilitariser » l’Ukraine.
Zelensky évoque un « résultat escompté » après sa lettre à Poutine
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré mardi avoir obtenu le « résultat escompté » après l’envoi d’une lettre ouverte à son homologue russe, Vladimir Poutine, le 4 juin. « J’avais un objectif en envoyant cette lettre à Poutine, et je pense avoir obtenu le résultat dont j’avais besoin », a-t-il affirmé, sans préciser la nature de ce résultat. Dans cette missive, Zelensky avait proposé une rencontre en tête-à-tête avec Poutine, une offre restée sans réponse officielle de la part du Kremlin.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues. Mardi, huit pays nordiques et baltes ont publié un communiqué soutenant « la marche irréversible de l’Ukraine vers une intégration euro-atlantique complète, y compris son adhésion à l’Otan ». Cette prise de position a été perçue comme un signal fort en faveur de Kiev, alors que les négociations pour une éventuelle adhésion à l’Alliance atlantique restent au point mort.
De son côté, le président russe n’a pas réagi publiquement à la lettre de Zelensky. Moscou a répété à plusieurs reprises que toute négociation devait prendre en compte les « réalités nouvelles » créées par la guerre, une formulation qui inclut l’annexion de quatre régions ukrainiennes en 2022.
Prochaines étapes : validation des sanctions et escalade militaire
Le 21e paquet de sanctions de l’UE doit encore être formellement adopté par les États membres, une étape qui pourrait intervenir d’ici la fin de la semaine. Les mesures annoncées, notamment l’interdiction d’entrée pour les anciens combattants russes, marquent une escalade dans la pression exercée sur Moscou. Cependant, leur impact concret dépendra de leur mise en œuvre effective par les Vingt-Sept.
Sur le terrain, les frappes russes dans l’est de l’Ukraine se poursuivent, avec des bilans humains qui restent provisoires. Les autorités ukrainiennes ont indiqué que les secours continuaient d’intervenir dans les zones touchées, tandis que les forces russes maintiennent leur pression sur plusieurs fronts. Aucune trêve ou négociation n’est prévue à court terme, les deux parties campant sur des positions jugées incompatibles par les observateurs.
Les prochains jours pourraient également voir une intensification des livraisons d’armes à l’Ukraine, alors que plusieurs pays occidentaux ont annoncé des envois supplémentaires de systèmes de défense aérienne et de munitions. La question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, soutenue par les pays nordiques et baltes, reste en revanche un sujet de division au sein de l’Alliance, où certains membres privilégient une approche plus prudente.