L’Union européenne (UE) a confirmé vendredi 12 juin la reprise des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie, prévue lundi 15 juin. Cette décision intervient après la levée du veto exercé par la Hongrie, qui bloquait le processus depuis plusieurs mois. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a annoncé que les États membres avaient convenu d’ouvrir le premier « cluster » de négociations, consacré aux « fondamentaux ».
Un processus relancé après des mois de blocage
La reprise des négociations a été rendue possible par la levée du veto hongrois, intervenue après la défaite électorale du Premier ministre Viktor Orbán en avril 2026. La Hongrie était le dernier État membre à s’opposer à l’ouverture des discussions, malgré le statut de candidat accordé à l’Ukraine en juin 2022. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est attendu aux réunions du Conseil européen les 18 et 19 juin pour discuter des prochaines étapes.
« Tous les États membres ont convenu d’ouvrir le premier “cluster” de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie », a déclaré Antonio Costa. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a salué cette décision comme une « étape majeure » vers l’élargissement de l’UE. Les négociations porteront sur six chapitres, dont le premier, intitulé « fondamentaux », aborde des sujets tels que l’État de droit, les droits fondamentaux et la réforme des institutions.
« Le même processus est présenté comme une avancée diplomatique et comme une étape technique dépendant encore de réformes internes. »
Des frappes russes et ukrainiennes en parallèle des discussions
Alors que les négociations reprennent, les hostilités militaires se poursuivent sur le terrain. Dans la nuit du 11 au 12 juin, une centaine de drones russes ont été lancés en direction de l’Ukraine, faisant au moins un mort dans la région de Soumy, dans le nord-est du pays. Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu plus de 200 drones ukrainiens au-dessus de seize régions russes durant la même période.
Les forces ukrainiennes ont également mené des frappes en territoire russe. Une attaque a visé la région du Tatarstan, à plus de 1 600 kilomètres de la frontière ukrainienne, provoquant l’annulation de célébrations prévues pour la Journée de la Russie, un jour férié national. Selon les autorités locales, quatre personnes ont été blessées. Le gouverneur de la région de Briansk, voisine de l’Ukraine, a indiqué que deux civils avaient été tués et deux autres blessés dans des tirs d’artillerie ukrainiens.
L’armée ukrainienne a intensifié ses frappes sur la Crimée, péninsule annexée par la Russie en 2014. Le pont d’Armiansk, reliant la Crimée au continent, a été rendu « hors service » par des frappes ukrainiennes, selon des sources locales. Ces attaques visent à perturber les lignes d’approvisionnement russes vers la péninsule, où Moscou maintient une présence militaire importante.
Un contexte diplomatique et militaire complexe
La reprise des négociations intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre la Russie et l’Occident. L’Union européenne a confirmé que des centaines de soldats russes avaient suivi un entraînement militaire en Chine fin 2025, avant d’être déployés en Ukraine. Cette information, relayée par plusieurs sources européennes, souligne les liens croissants entre Moscou et Pékin dans le cadre du conflit.
Sur le plan intérieur, le président Zelensky a signé vendredi une loi retirant au russe son statut de langue protégée en Ukraine. Cette décision, qui s’inscrit dans une politique de « décommunisation » et de promotion de l’ukrainien, a suscité des réactions contrastées, le russe restant la langue principale d’une partie de la population, notamment dans l’est et le sud du pays.
Par ailleurs, le conflit a franchi un cap symbolique en juin 2026, devenant plus long que la Première Guerre mondiale (1914-1918). Selon des estimations citées par plusieurs médias, les capacités militaires russes auraient fortement diminué depuis 2022, avec un nombre de chars mobilisables passant de 6 800 à moins de 900 en quatre ans. Ces chiffres, attribués à des analyses occidentales, restent cependant difficiles à vérifier de manière indépendante.
Des négociations sous tension et un calendrier incertain
La reprise des négociations d’adhésion marque une étape importante pour l’Ukraine, qui espère rejoindre l’UE à moyen terme. Cependant, le processus s’annonce long et complexe, avec des réformes structurelles encore nécessaires pour répondre aux critères d’adhésion. La Commission européenne a souligné que les discussions pourraient durer plusieurs années, en fonction des progrès réalisés par Kiev.
Sur le plan militaire, les frappes continuent de part et d’autre, avec des bilans humains et matériels difficiles à établir de manière indépendante. Les autorités ukrainiennes et russes fournissent des chiffres souvent contradictoires, sans possibilité de vérification immédiate. Les prochains jours pourraient voir une escalade des tensions, notamment en Crimée, où l’Ukraine semble déterminée à affaiblir les positions russes.
La publication complète des documents liés aux négociations, prévue dans les semaines à venir, permettra de mieux évaluer les attentes de l’UE et les engagements pris par l’Ukraine. En attendant, les discussions diplomatiques et les hostilités militaires restent étroitement liées, dans un conflit qui entre dans sa cinquième année sans perspective de résolution claire.