La France traverse un épisode caniculaire d’une intensité exceptionnelle, comparable aux canicules de juillet 2019 et août 2003, selon Météo-France. Dimanche 21 juin, 35 départements ont été placés en vigilance rouge, un niveau d’alerte maximal, tandis que 45 autres étaient en vigilance orange. Ce chiffre record concerne près de 26 millions de personnes, soit environ 40 % de la population française. Les températures ont atteint des niveaux inédits pour un mois de juin, avec 42,2 °C enregistrés à Pissos (Landes) et 42 °C à Châteaumeillant (Cher).
Un épisode caniculaire historique
Cet épisode de chaleur, qui a débuté jeudi 18 juin, s’annonce comme l’un des plus intenses jamais enregistrés en France. Météo-France prévoit que la journée de lundi 22 juin pourrait être « la journée la plus chaude jamais mesurée en France tous mois confondus », avec des températures moyennes dépassant les records établis. Les prévisions indiquent des pointes à 42 °C dans plusieurs régions, notamment dans le Sud-Ouest et le Centre. « Les 39 à 40 °C seront souvent atteints de la Nouvelle-Aquitaine à l’Île-de-France et à la Bourgogne. Les 41 °C pourront être atteints par endroits », précise Météo-France.
« Le même épisode est présenté comme une adoption de mesures d’urgence et comme une menace pour la santé publique. »
Transports perturbés et suppressions de trains
Les fortes chaleurs ont provoqué des perturbations majeures dans les transports, notamment ferroviaires. La SNCF a annoncé des suppressions de trains en Île-de-France à partir de lundi, en raison des risques liés à la dilatation des rails et aux problèmes de climatisation dans les rames. Jean Castex, PDG de la SNCF, a recommandé aux personnes « vulnérables » d’éviter de prendre le train pendant cette période, soulignant que le réseau était « fortement affecté » par la canicule. « On ne peut pas écarter les incidents », a-t-il déclaré, évoquant des problèmes électriques et des pannes de climatisation.
En Nouvelle-Aquitaine, des retards importants ont été signalés sur la ligne TGV Paris-Bordeaux en raison de la dilatation d’un rail. En Occitanie, un train Ouigo a dû être évacué près de Toulouse en raison d’un problème électrique lié à la chaleur. Ces perturbations devraient se poursuivre au moins jusqu’à mardi, avec des suppressions supplémentaires prévues sur les lignes Intercités.
Écoles fermées et aménagements horaires
Face à la canicule, 845 écoles et collèges ont été fermés lundi 22 juin, tandis que 1 800 autres établissements ont aménagé leurs horaires pour éviter les heures les plus chaudes de la journée. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué que ces mesures concernaient principalement les départements en vigilance rouge. Dans certaines académies, comme celles de Bordeaux, Lyon et Montpellier, les épreuves orales du baccalauréat ont été reportées d’une semaine.
À Paris, plusieurs écoles ont adapté leurs horaires, avec des cours concentrés le matin et des fermetures l’après-midi. La Ville de Paris a également mis en place des « lieux refuges » climatisés, comme des médiathèques et des musées, pour permettre aux élèves et aux habitants de se rafraîchir. Malgré ces mesures, des parents et des enseignants dénoncent le manque de moyens pour faire face à ces épisodes de chaleur, soulignant que de nombreuses salles de classe ne sont pas équipées de climatisation et atteignent des températures supérieures à 35 °C.
La Fête de la musique perturbée
La Fête de la musique, prévue dimanche 21 juin, a été fortement perturbée par la canicule. Plusieurs villes, comme Auch, Nanterre, Châteauroux et Poitiers, ont annulé leurs concerts en raison des risques sanitaires liés aux températures extrêmes. À Paris, la préfecture de police a interdit la consommation d’alcool sur la voie publique dans les départements en vigilance rouge, une mesure étendue à d’autres villes comme Bordeaux et Lyon. Malgré ces restrictions, certains événements ont été maintenus, avec des adaptations comme le report des concerts en soirée ou l’installation de points d’eau et de brumisateurs.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a appelé à une « extrême vigilance », tout en laissant aux préfectures et aux municipalités le choix de maintenir ou d’annuler les festivités. À Lyon, la municipalité a décidé de maintenir la Fête de la musique, mais en adaptant les horaires et en renforçant les mesures de prévention, comme l’ouverture gratuite de musées climatisés.
Risques sanitaires et mesures de prévention
Les autorités sanitaires ont multiplié les appels à la prudence, notamment pour les personnes vulnérables, comme les personnes âgées, les enfants et les sans-abri. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a insisté sur les dangers de la déshydratation, aggravée par la consommation d’alcool. « L’alcool bloque une hormone qui retient l’eau dans le corps, donc vous vous déshydratez davantage », a-t-elle expliqué. Plusieurs décès liés à la canicule ont déjà été signalés, dont trois personnes âgées en Gironde et quatre adolescents noyés lors de baignades en rivière.
Les sapeurs-pompiers ont été mobilisés en masse, avec 250 000 agents déployés pour faire face aux risques d’incendie et aux interventions liées aux malaises. Dans plusieurs départements, comme les Bouches-du-Rhône et le Var, des alertes à la pollution à l’ozone ont été déclenchées en raison des fortes chaleurs et de l’ensoleillement intense. Les préfectures ont également pris des mesures pour limiter les risques d’incendie, avec des restrictions d’accès aux forêts et des interdictions de moisson dans certains secteurs.
Un épisode appelé à durer
Météo-France prévoit que cet épisode caniculaire se prolongera au moins jusqu’à la fin de la semaine, avec des températures restant élevées même la nuit. Les nuits tropicales, où les températures ne descendent pas en dessous de 20 °C, devraient se multiplier, aggravant les risques pour la santé. Les autorités appellent la population à adopter les gestes de prévention : boire régulièrement, éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, et veiller sur les personnes vulnérables.
Cet épisode de canicule, particulièrement précoce et intense, illustre les effets du changement climatique, qui rend ces phénomènes plus fréquents et plus sévères. Selon les climatologues, les vagues de chaleur comme celle-ci pourraient devenir la norme d’ici les prochaines décennies, avec des étés marqués par des températures dépassant régulièrement les 40 °C.