Le Venezuela a été frappé mercredi 24 juin par deux puissants séismes, de magnitudes 7,2 et 7,5, survenus à moins d’une minute d’intervalle. Selon le dernier bilan officiel communiqué jeudi 25 juin par le président du Parlement, Jorge Rodriguez, au moins 235 personnes ont perdu la vie et 1 520 autres ont été blessées. Le ministre de la Santé, Carlos Alvarado, a précisé que 235 patients étaient arrivés sans signes vitaux dans les établissements de santé. Ces séismes, les plus puissants enregistrés dans le pays depuis 1900, ont provoqué d’importantes destructions, notamment dans la région de La Guaira, près de la capitale Caracas.
Des dégâts considérables dans une zone densément peuplée
Les secousses ont été ressenties dans tout le pays, ainsi qu’en Colombie, à plus de 1 000 kilomètres de distance. À Caracas, plusieurs immeubles se sont effondrés, dont une tour de 22 étages dans le quartier d’Altamira. Des scènes de panique ont été rapportées par des habitants, qui ont passé la nuit dans les rues par crainte de répliques. Une vingtaine de répliques ont été enregistrées depuis les premières secousses, survenues à 18h04 heure locale.
La région de La Guaira, déclarée « zone sinistrée » par les autorités, a été particulièrement touchée. L’aéroport international de Maiquetía, situé dans cette zone, a été fermé en raison de « graves dommages » à ses infrastructures. Des images diffusées par des médias locaux montrent des terminaux endommagés et des plafonds effondrés. Dans la ville côtière de Catia la Mar, des dizaines d’immeubles se sont écroulés, piégeant des habitants sous les décombres. Des témoignages recueillis par une information de presse décrivent des scènes de désolation : « Tout s’est effondré, tout », déclare Yilsmaris Blanco, une habitante de la ville.
« Les bilans provisoires et les estimations modélisées reflètent deux niveaux distincts : les victimes confirmées et les projections basées sur l’intensité des secousses. »
Une course contre la montre pour secourir les survivants
Les opérations de secours se poursuivent dans des conditions difficiles, marquées par des coupures d’électricité et un accès limité aux zones sinistrées. Des habitants tentent eux-mêmes de dégager des survivants, faute d’équipements adaptés. « Il y a des gens vivants là-dessous, et personne ne vient les secourir », s’indigne une femme devant un immeuble de 12 étages effondré. Les secouristes vénézuéliens, appuyés par des bénévoles, manquent de moyens techniques pour accéder aux décombres. « Nous n’avons aucun outil, nous n’avons aucun moyen pour aider », explique Antonio Bermudez, dont la voisine est piégée sous les gravats.
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l’état d’urgence et ordonné la coupure de l’alimentation en gaz pour prévenir tout risque d’accident. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a confirmé l’effondrement de plusieurs bâtiments dans la capitale et appelé à la prudence face aux répliques. Les autorités redoutent un bilan encore plus lourd, notamment dans les zones où les communications restent coupées.
Une aide internationale massive et coordonnée
Plusieurs pays ont annoncé l’envoi d’équipes de secours et d’aide humanitaire. Les États-Unis, qui ont rétabli des relations diplomatiques avec Caracas en début d’année, ont débloqué 150 millions de dollars et déployé des équipes de recherche et de sauvetage. « Les États-Unis sont prêts, disposés et capables d’apporter leur aide », a déclaré le président américain Donald Trump. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a précisé que des moyens médicaux et des fournitures humanitaires étaient en route.
La France a annoncé l’envoi de 85 secouristes, tandis que l’Union européenne a activé son système de détection par satellite Copernicus pour soutenir les opérations de secours. La Suisse a également mobilisé une équipe de 80 secouristes et 18 tonnes de matériel. D’autres pays, comme la Chine, l’Inde, le Brésil et plusieurs nations latino-américaines, ont exprimé leur solidarité et proposé une assistance. L’ONU a coordonné l’envoi d’équipes spécialisées, et son secrétaire général, Antonio Guterres, s’est dit « profondément attristé » par les pertes humaines.
« Nous remercions la communauté internationale pour son soutien », a déclaré Delcy Rodriguez, qui a également remercié la Turquie pour son message de solidarité. Malgré cette mobilisation, des habitants des zones sinistrées dénoncent un manque d’information et d’assistance sur le terrain. « Il ne nous reste plus rien. Pour l’instant, nous n’avons rien, pas même la force ni le courage d’entrer là-dedans », témoigne Larry Rojas, un habitant de Catia la Mar.
Un bilan encore provisoire et des recherches en cours
Les autorités vénézuéliennes continuent d’évaluer l’ampleur des dégâts et le nombre de victimes. Le ministre de la Santé a indiqué que le bilan pourrait encore s’alourdir, notamment dans les zones où les infrastructures de communication sont endommagées. Les équipes de secours, appuyées par l’aide internationale, poursuivent leurs recherches pour retrouver des survivants sous les décombres.
Les séismes ont également provoqué des pillages dans certaines zones, selon des témoignages recueillis par une information de presse. À Catia la Mar, des habitants ont été vus sortant des commerces avec des sacs de provisions, tandis que des pharmacies ont été vidées de leurs stocks. Les autorités ont appelé au calme et à la solidarité, dans un pays déjà fragilisé par une crise économique et institutionnelle prolongée.
Le Service géologique des États-Unis (USGS) avait initialement estimé que le bilan pourrait se situer entre 10 000 et 100 000 morts, en se basant sur des modèles statistiques prenant en compte l’intensité des secousses et la vulnérabilité des infrastructures locales. Ces projections, bien que non confirmées, soulignent l’ampleur potentielle de la catastrophe. Les prochains jours seront cruciaux pour établir un bilan consolidé et organiser la reconstruction des zones sinistrées.