Donald Trump a annoncé vendredi 26 juin la création d’un passeport américain en édition limitée, baptisé « Passeport Patriote », sur lequel figure son portrait. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des célébrations des 250 ans de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Parallèlement, le président a menacé les pays européens d’imposer des droits de douane de 100 % sur leurs exportations vers les États-Unis si ces derniers mettaient en place une taxe sur les services numériques. Ces annonces interviennent alors que l’Union européenne a formellement validé la veille un accord commercial avec Washington, plafonnant à 15 % les taxes sur les importations européennes.
Un passeport à l’effigie de Trump, une première pour un président en exercice
Le « Passeport Patriote » a été présenté comme une édition limitée destinée à marquer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Selon une information de presse, il s’agit de la première fois qu’un président en exercice apparaît sur un passeport américain. Donald Trump a partagé l’image de ce document sur son réseau social Truth Social, soulignant son caractère exceptionnel. Cette décision s’ajoute à une série de mesures visant à apposer son empreinte sur des symboles nationaux, comme l’a relevé le politologue Jan-Werner Müller dans une tribune publiée par Le Monde.
L’annonce a suscité des réactions contrastées. Certains observateurs y voient une personnalisation inédite des symboles étatiques, tandis que d’autres soulignent que cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation de Washington « à son image », selon les termes de Müller. Une « grande foire américaine », organisée sur le Mall de la capitale pour célébrer l’anniversaire, a également été critiquée pour son manque de moyens et son caractère partisan, plusieurs États ayant refusé d’y participer.
« Le passeport et la foire illustrent deux facettes d’une même volonté : ancrer la présidence dans une narration visuelle et symbolique. »
Des menaces douanières contre l’UE après un accord commercial
Donald Trump a menacé vendredi d’imposer des droits de douane de 100 % sur les produits des pays européens qui mettraient en place une taxe sur les services numériques. Cette déclaration, publiée sur Truth Social, intervient moins de 24 heures après que les États membres de l’UE ont donné leur accord formel à un accord commercial négocié en 2025 avec les États-Unis. Cet accord prévoit un plafonnement à 15 % des taxes sur les importations européennes, mais ne satisfait pas pleinement l’administration américaine, qui cible désormais les régulations européennes en matière technologique et environnementale.
« De nombreux pays européens discutent de la mise en œuvre imminente d’une taxe sur les services numériques contre des sociétés américaines, a écrit Donald Trump. Tout pays qui imposerait une telle taxe aurait pour réponse immédiate un droit de douane de 100 % sur tous les biens envoyés aux États-Unis. Ce droit de douane annulera les accords commerciaux conclus avec le pays en question. »
La Commission européenne a réagi en assurant qu’elle répondrait « rapidement et avec détermination » à toute mesure unilatérale. « Les mesures unilatérales visant des politiques légitimes sont injustifiées », a déclaré un porte-parole. Cette escalade intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les questions commerciales, Donald Trump ayant déjà menacé d’imposer un tarif de 100 % sur le vin français en cas de maintien de la taxe sur les services numériques.
John Bolton plaide coupable dans une affaire de documents classifiés
John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat, a plaidé coupable vendredi de rétention de documents relevant de la défense nationale. Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures judiciaires visant d’anciens collaborateurs du président, devenus des cibles de sa vindicte depuis son retour au pouvoir. Bolton, qui encourt une peine maximale de cinq ans de prison, devra également s’acquitter d’une amende de 2,25 millions de dollars et renoncer à sa retraite fédérale. Il est le premier à être reconnu coupable pénalement dans ce type de dossier.
Cette condamnation intervient alors que Donald Trump a récemment critiqué d’autres figures de son ancienne administration, comme l’a relevé une information de presse. Bolton, devenu l’un de ses détracteurs les plus virulents, avait notamment publié un livre en 2020 accusant le président de manquements graves à ses fonctions.
La Cour suprême valide deux mesures anti-immigration de l’administration
La Cour suprême des États-Unis a validé jeudi deux mesures phares de la politique anti-immigration de l’administration Trump. Dans un arrêt historique, les juges ont autorisé la révocation du statut de protection temporaire (TPS) accordé à 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens, les exposant à une expulsion. Cette décision, rendue par six juges conservateurs contre trois progressistes, marque un renversement de la politique d’accueil humanitaire des États-Unis pour les personnes fuyant des pays en crise.
La Cour a également confirmé une réglementation permettant de refouler les demandeurs d’asile à la frontière avec le Mexique, une mesure contestée par des associations de défense des droits des migrants. Ces deux décisions s’ajoutent à une troisième, élargissant les droits des détenteurs d’armes, et renforcent l’orientation conservatrice de la plus haute juridiction du pays. Donald Trump a salué ces arrêts, les présentant comme une victoire pour la souveraineté nationale.
Des tensions commerciales et judiciaires encore en suspens
Les menaces douanières de Donald Trump contre l’Union européenne restent pour l’instant verbales, mais Bruxelles a d’ores et déjà annoncé sa disposition à riposter. L’accord commercial validé jeudi par les États membres de l’UE, qui plafonne à 15 % les taxes sur les importations européennes, ne semble pas suffire à apaiser les tensions, l’administration américaine ciblant désormais les régulations non douanières. La Commission européenne a rappelé que toute mesure unilatérale serait considérée comme une violation des engagements internationaux.
Sur le plan judiciaire, la condamnation de John Bolton marque une étape dans les procédures visant d’anciens collaborateurs de Donald Trump. D’autres affaires, notamment liées à la rétention de documents classifiés, pourraient encore émerger dans les mois à venir. Par ailleurs, la Cour suprême doit encore se prononcer sur d’autres mesures anti-immigration, dont certaines pourraient étendre les restrictions déjà validées jeudi.