La reprise des hostilités s’est accélérée mercredi 8 juillet entre Washington et Téhéran, autour du détroit d’Ormuz et de plusieurs sites militaires iraniens. Depuis Ankara, en marge du sommet de l’OTAN, Donald Trump a affirmé que le cessez-le-feu conclu le 17 juin avec l’Iran était « terminé », après une première vague de frappes américaines menée dans la nuit de mardi à mercredi et une riposte revendiquée par Téhéran contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Une première vague de frappes après des attaques contre des navires
L’armée américaine a indiqué avoir frappé plus de 80 cibles en Iran. Selon le Commandement central américain, ces frappes répondaient à des tirs imputés à l’Iran contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Les cibles mentionnées comprenaient des systèmes de défense antiaérienne, des sites de missiles, des réseaux de commandement et des embarcations des Gardiens de la révolution déployées le long des côtes iraniennes.
En Iran, des médias d’État ont fait état d’explosions dans plusieurs zones du sud du pays, notamment près de Bandar Abbas, Bouchehr, Konarak et Chabahar. Selon la télévision d’État iranienne, huit militaires iraniens ont été tués lors de cette première série de frappes. D’autres bilans ont aussi circulé, avec au moins un membre des Gardiens de la révolution tué selon l’agence officielle Irna.
« Le même épisode combine des frappes confirmées par Washington, des bilans iraniens et des attaques maritimes attribuées à Téhéran. »
Trump enterre la trêve tout en laissant ouverte la voie des discussions
Interrogé sur le cessez-le-feu, Donald Trump a déclaré à Ankara : « En ce qui me concerne, c’est terminé », avant d’ajouter que négocier avec les dirigeants iraniens était « une perte de temps ». Dans la journée, il a aussi annoncé que les États-Unis allaient « frapper fort » l’Iran dans la nuit, tout en affirmant que ses émissaires pouvaient continuer à discuter avec Téhéran.
Les autorités iraniennes ont accusé Washington d’avoir violé le protocole d’accord signé à la mi-juin. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a écrit que la révocation de la dérogation sur les ventes de pétrole iranien constituait « une violation flagrante » de l’accord. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a de son côté affirmé que le détroit d’Ormuz ne rouvrirait que selon des « modalités iraniennes et non sous la pression des menaces américaines ».
En parallèle des frappes, Washington a rétabli ses sanctions sur le brut iranien, qui avaient été levées dans le cadre du protocole du 17 juin. Ce texte avait permis la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz naturel liquéfié mondial selon une information de presse.
Une riposte iranienne dans le Golfe puis de nouvelles frappes américaines
Téhéran a annoncé avoir riposté en visant des installations ou des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, avec des missiles et des drones selon les Gardiens de la révolution. L’armée koweïtienne a indiqué faire face à des attaques de missiles et de drones hostiles, tandis qu’à Bahreïn des explosions et des sirènes d’alerte aérienne ont été signalées.
Dans la soirée de mercredi puis dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée américaine a annoncé une nouvelle série de frappes contre l’Iran. Le Commandement central américain a indiqué avoir visé 90 cibles militaires afin de réduire davantage la capacité iranienne à menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz. « Ceci est une réponse aux bombardements de navires menés hier par l’Iran. Si ça se reproduit, ce sera bien pire ! », a écrit Donald Trump.
Un cessez-le-feu déclaré caduc, des combats toujours en cours
Au moment de la publication, la reprise des frappes était donc établie des deux côtés, avec une première vague américaine de plus de 80 cibles, une riposte iranienne revendiquée dans le Golfe, puis une nouvelle campagne américaine annoncée sur 90 cibles. Les bilans humains et matériels restaient, eux, largement portés par les autorités directement impliquées ou par les médias d’État.
Sur le plan politique, Donald Trump a déclaré ne plus considérer la trêve comme valable, tout en laissant ses négociateurs poursuivre d’éventuels échanges. Téhéran a maintenu que Washington avait violé le protocole du 17 juin et a averti que toute aide apportée à l’armée américaine pourrait devenir une cible légitime. Les médiateurs qatarien et pakistanais, ainsi que l’ONU, ont appelé à la désescalade.
Le point d’arrêt factuel reste donc celui d’un cessez-le-feu publiquement déclaré caduc par le président américain, d’opérations militaires relancées et d’un cadre diplomatique qui n’a pas disparu dans les déclarations, mais qui est désormais concurrencé par une nouvelle séquence de frappes et de représailles.