Réunis les 7 et 8 juillet à Ankara, les 32 pays membres de l’OTAN ont adopté une déclaration commune réaffirmant leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle de l’Alliance. Au terme du sommet, Donald Trump a assuré que les États-Unis restaient engagés dans l’OTAN et a annoncé que Washington allait autoriser l’Ukraine à fabriquer des missiles Patriot sous licence américaine.
Une déclaration commune centrée sur la défense collective
Le texte adopté au deuxième et dernier jour du sommet a rappelé qu’« une attaque contre un allié est une attaque contre tous », reprenant la formule de l’article 5 du traité de l’Atlantique nord. Cette réaffirmation a inclus les États-Unis, alors que plusieurs déclarations de Donald Trump avant et pendant la réunion avaient alimenté des interrogations sur la position américaine.
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a affirmé que Washington était « pleinement engagé » dans l’Alliance. Plusieurs dirigeants ont également mis en avant l’unité affichée à l’issue de la réunion, tandis que la déclaration finale a aussi réaffirmé le soutien des alliés à l’Ukraine.
« La déclaration finale fixe l’engagement collectif de l’Alliance, tandis que les prises de parole de Donald Trump ont porté sur plusieurs dossiers distincts en marge du sommet. »
Trump alterne critiques des alliés et gestes d’apaisement
Au cours de la journée du 8 juillet, Donald Trump s’est dit « très en colère » contre l’OTAN et a multiplié les reproches contre plusieurs alliés. Il a visé l’Espagne sur les dépenses de défense, en annonçant que les États-Unis allaient « cesser tout échange commercial » avec le pays. Il a aussi relancé ses déclarations sur le Groenland, qu’il a présenté comme un enjeu important pour les États-Unis.
Dans le même temps, d’après une information de presse, le président américain a indiqué aux membres de l’Alliance : « Nous voulons rester avec vous. » En fin de sommet, il a aussi parlé d’un sommet « plein d’unité » et a estimé que l’OTAN avait « parcouru un long chemin aujourd’hui ».
Ces déclarations ont coexisté avec les efforts de plusieurs responsables de l’Alliance pour rassurer sur la continuité du lien transatlantique. Mark Rutte a notamment déclaré que « le fait que le président Trump encourage les Canadiens et les Européens [à dépenser plus] a vraiment aidé », en reliant cette pression américaine à la hausse des engagements de défense des alliés.
Un nouveau signal américain en direction de Kiev
En marge du sommet, Donald Trump a rencontré Volodymyr Zelensky et a annoncé que les États-Unis allaient autoriser l’Ukraine à produire des missiles Patriot sous licence américaine. Le président américain a présenté ce système comme « une arme défensive », tandis que le président ukrainien a remercié Washington pour son soutien au renforcement de la défense aérienne du pays.
La déclaration finale du sommet a également réaffirmé le soutien des alliés à Kiev. Selon une information de presse, les dirigeants ont annoncé 70 milliards d’euros de soutien militaire à l’Ukraine en 2026. D’autres annonces ont porté sur des coopérations industrielles et militaires en marge de la réunion, mais le signal politique principal a porté sur la défense collective de l’Alliance et sur l’appui à l’Ukraine face à la Russie.
Un sommet clos, avec des engagements confirmés et des tensions toujours visibles
À l’issue du sommet d’Ankara, le cadre formel de l’Alliance a été confirmé par la déclaration commune sur l’article 5 et par les déclarations de responsables de l’OTAN sur l’engagement américain. Le soutien à l’Ukraine a aussi pris une forme concrète avec l’annonce d’une licence de production pour les missiles Patriot.
Dans le même temps, plusieurs propos de Donald Trump sur l’Espagne, le Groenland ou l’Iran relevaient de déclarations politiques faites en marge du sommet. La portée concrète de certaines de ces annonces devra être appréciée à partir de leur mise en œuvre effective. Sur le volet ukrainien, l’autorisation annoncée constitue un engagement politique, tandis que ses modalités industrielles et calendaires restent liées aux décisions à venir.