Marine Le Pen a annoncé mardi 7 juillet qu’elle serait candidate à l’élection présidentielle de 2027, quelques heures après sa condamnation en appel par la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. La cheffe de file du Rassemblement national a indiqué qu’elle se pourvoyait en cassation, au lendemain d’un arrêt qui l’a reconnue coupable de détournement de fonds publics.
Une candidature déclarée dans la foulée de l’arrêt d’appel
La décision de la cour d’appel a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen dans ce dossier et a prononcé une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, selon une information de presse. Plusieurs articles indiquent aussi que la peine d’inéligibilité a été réduite par rapport à la première instance, ce qui lui permet de se déclarer candidate à ce stade.
Marine Le Pen a défendu ce choix dès son entrée en campagne. « Je ne joue pas la montre », a-t-elle déclaré mercredi 8 juillet lors d’un déplacement à La Flèche, dans la Sarthe, où elle a aussi affirmé être « éligible » et contester sa condamnation par la voie du pourvoi en cassation.
Jordan Bardella, qui apparaissait depuis plusieurs mois comme une solution de remplacement en cas d’empêchement, s’est affiché à ses côtés pour ce premier déplacement. « Je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs », a déclaré le président du RN.
« La candidature est désormais liée à deux temporalités distinctes : la campagne politique déjà lancée et le recours judiciaire encore pendant. »
Un pourvoi en cassation au centre du calendrier
La Cour de cassation a indiqué mercredi qu’elle pourrait se prononcer sur le pourvoi « au plus tard début avril 2027 ». Elle a toutefois précisé que ce calendrier restait susceptible d’évoluer en fonction de facteurs procéduraux. Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 18 avril 2027.
Cette échéance a immédiatement pris une place centrale dans la séquence. La procureure générale près la cour d’appel de Paris a indiqué que, du fait du pourvoi, l’arrêt ne serait pas mis à exécution à ce stade, ce qui signifie que Marine Le Pen débutera sa campagne sans bracelet électronique. Plusieurs prises de parole de juristes et d’avocats relayées dans la presse ont toutefois souligné que les effets exacts du pourvoi et les scénarios possibles jusqu’au scrutin continuent de faire débat.
Marine Le Pen a présenté ce recours comme un moyen de faire reconnaître son innocence. Son avocat a indiqué que le pourvoi ne relevait pas d’une procédure accélérée. Dans le même temps, la Cour de cassation a fait savoir qu’elle envisageait une décision avant la présidentielle, sans garantir une date fixe au-delà de la formule « au plus tard début avril 2027 ».
Un premier déplacement de campagne écourté dans la Sarthe
Mercredi 8 juillet, Marine Le Pen a lancé sa campagne à La Flèche, commune de la Sarthe remportée par le RN aux municipales. Ce premier déplacement, effectué avec Jordan Bardella, a été perturbé par la présence de plusieurs dizaines de manifestants, selon une information de presse. La déambulation prévue sur le marché a été écourtée.
Marine Le Pen a demandé que « tous les candidats » puissent « faire campagne normalement, sans violences », selon des propos rapportés par une information de presse. Sur place, les soutiens et les opposants ont fait entendre des slogans concurrents, dans une séquence qui a mêlé lancement de campagne et questions sur sa situation judiciaire.
Une campagne ouverte, avec une décision judiciaire encore attendue
À ce stade, la candidature de Marine Le Pen est déclarée et la campagne a commencé publiquement. Le pourvoi en cassation est, lui, annoncé mais pas encore jugé. Les faits retenus par la cour d’appel relèvent de la condamnation prononcée mardi 7 juillet, tandis que l’issue du recours devant la Cour de cassation reste à venir.
Le point de bascule identifié dans cette séquence est désormais le calendrier de la haute juridiction. Une décision rendue avant le scrutin fixerait le cadre juridique de la fin de campagne. D’ici là, sont établis la condamnation en appel, l’annonce de candidature et l’engagement d’un pourvoi ; restent en attente l’examen de ce recours et ses effets définitifs sur la situation pénale et électorale de Marine Le Pen.