Dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juillet, les Gardiens de la révolution ont annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre » après des tirs contre un navire marchand dans cette voie maritime stratégique. Le Commandement central de l’armée américaine, le Centcom, a ensuite indiqué avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran. Dans les heures qui ont suivi, l’Iran a revendiqué des tirs de missiles et de drones contre plusieurs pays du Golfe, dont le Qatar, Bahreïn, Oman et la Jordanie.
Une attaque de navire au point de départ de la nouvelle séquence
Selon les Gardiens de la révolution, plusieurs navires avaient tenté d’emprunter une route non autorisée dans le détroit d’Ormuz. Ils ont affirmé qu’un navire avait été touché par des tirs d’avertissement puis arrêté, avant de revendiquer plus tard une attaque contre un deuxième navire. De son côté, le Centcom a accusé l’Iran d’avoir frappé le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote.
Selon une information de presse, l’attaque a provoqué un incendie à bord et l’équipage a abandonné le navire sur un canot de sauvetage. Oman a indiqué avoir secouru 23 membres d’équipage et poursuivre les recherches pour un marin porté disparu. Le Centcom a précisé qu’un membre civil de l’équipage était porté disparu et que le navire ne pouvait plus poursuivre sa route en raison de dégâts importants.
« L’attaque du navire, la fermeture annoncée du détroit et la circulation réelle des bâtiments relèvent de trois niveaux factuels distincts. »
Washington annonce une troisième vague de frappes, Téhéran élargit sa riposte
En réponse, le Centcom a annoncé une troisième série de frappes depuis mardi, visant selon lui des sites iraniens de missiles et de drones, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière. Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans le sud du pays, notamment à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm et dans la province du Khouzistan.
« L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
L’Iran a ensuite revendiqué des frappes contre des cibles liées aux États-Unis dans plusieurs pays du Golfe. Les autorités qataries ont indiqué que la chute de débris liés à des interceptions avait fait trois blessés. Le Koweït a fait état de tirs contre trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore, avec un blessé et des dégâts matériels. La Jordanie a indiqué avoir été visée par trois missiles iraniens. Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte aérienne, tandis que les Émirats arabes unis ont annoncé faire face à des attaques aériennes.
Un passage stratégique au centre d’un désaccord toujours ouvert
Au cours de la journée du 12 juillet, le désaccord a aussi porté sur le statut même du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution ont affirmé qu’aucun navire ne serait autorisé à le traverser jusqu’à la fin des interventions américaines dans la région. Le Centcom a soutenu au contraire que le détroit était « ouvert à tous les navires souhaitant transiter légalement par cette voie navigable internationale » et que la circulation maritime se poursuivait.
Cette nouvelle séquence s’est inscrite dans la dégradation du protocole d’accord signé le 17 juin entre Washington et Téhéran. Donald Trump avait déjà affirmé que le cessez-le-feu était « terminé », tandis que la diplomatie iranienne soutenait encore avoir « tenu parole ». Dans le même temps, des médiateurs, dont Oman, le Qatar, le Pakistan et l’ONU, ont appelé à la retenue et à une reprise des négociations.
Au moment de ce point d’arrêt, sont établis l’annonce iranienne de fermeture, les quelque 140 frappes revendiquées par l’armée américaine, l’attaque du navire secouru par Oman et les tirs revendiqués ou signalés dans plusieurs pays du Golfe. En revanche, le contrôle effectif du détroit et l’ampleur complète des dégâts restent présentés différemment selon les acteurs. Les prochaines évolutions dépendront notamment de la circulation réelle dans le détroit et d’éventuelles initiatives diplomatiques déjà évoquées par les médiateurs.