Emmanuel Macron a rendu hommage dimanche 12 juillet à Alfred Dreyfus à Paris, cent vingt ans jour pour jour après l’arrêt de la Cour de cassation qui a reconnu son innocence. Le chef de l’État a présidé la première journée nationale de commémoration de cette réhabilitation devant la Cour de cassation, en présence notamment de descendants d’Alfred Dreyfus. La cérémonie a aussi marqué l’installation d’une statue du capitaine sur l’île de la Cité, face à la juridiction qui avait rendu cette décision en 1906.
Une cérémonie nationale centrée sur la réhabilitation de 1906
Cette journée de commémoration a été organisée autour de la date du 12 juillet, désormais retenue pour rappeler la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus. Dans son discours, Emmanuel Macron a relié cet hommage à l’affaire Dreyfus et à ceux qui ont œuvré à sa réhabilitation, parmi lesquels Émile Zola, Georges Clemenceau, Jean Jaurès, Anatole France et Marcel Proust.
Le président a déclaré que « face à ce retour de l’odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants ». Il a aussi affirmé que « les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays », en inscrivant cette cérémonie dans un contexte de résurgence de l’antisémitisme en France.
Selon une information de presse, 1 320 actes antisémites ont été recensés en 2025. Ce chiffre a été repris pendant la séquence commémorative pour situer l’hommage dans l’actualité française, sans modifier son objet principal, qui restait la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus et sa place dans la mémoire nationale.
« La cérémonie associait un hommage historique à Dreyfus et un discours présidentiel sur une situation contemporaine présentée comme toujours active. »
Une statue installée devant la Cour de cassation
La cérémonie a aussi donné une place centrale à l’inauguration d’une statue représentant Alfred Dreyfus. L’œuvre, réalisée par l’artiste Tim en 1985, montre le capitaine au garde-à-vous, le sabre brisé, lors de sa dégradation à l’École militaire le 5 janvier 1895. Elle a été installée devant la Cour de cassation, lieu directement lié à l’arrêt de réhabilitation de 1906.
Cette statue devait initialement être placée à l’École militaire. D’après une information de presse, elle a ensuite connu plusieurs implantations à Paris avant de trouver cette place définitive. « Cette venue de la statue au lieu même où fut rendue la justice est tout un symbole », a déclaré Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine.
Le chef de l’État a également demandé que les noms des Justes soient apposés « sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés ». Il a appelé les municipalités à reprendre cette initiative. Selon l’institut Yad Vashem de Jérusalem, la France compte plus de 4 300 Justes parmi les Nations.
Une journée désormais inscrite au calendrier commémoratif
Au terme de cette séquence, deux éléments étaient établis : la tenue de cette première journée nationale le 12 juillet et l’installation de la statue devant la Cour de cassation. Le discours présidentiel a fixé le cadre politique et mémoriel de la cérémonie, en reliant l’affaire Dreyfus à la lutte contre l’antisémitisme et à l’hommage rendu aux Justes.
D’autres annonces ont accompagné la cérémonie, comme l’appel adressé aux municipalités ou, à Paris, le changement de nom annoncé pour une place de la capitale en hommage à Lucie Dreyfus. Leur mise en œuvre relève désormais de décisions locales ou administratives distinctes. La journée du 12 juillet reste, elle, installée comme rendez-vous annuel de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus.