Xenia Fedorova s’est vu remettre mercredi 29 juillet un arrêté ministériel d’expulsion du territoire français. Le ministère de l’Intérieur a confirmé la mesure, prise contre l’ancienne directrice de RT France, aujourd’hui chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et au JDNews. Dans le document cité par plusieurs informations de presse, le ministère estime que son comportement « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et que sa présence en France constitue « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ».
Une mesure motivée par des accusations de désinformation
Le texte attribué au ministère reproche à Xenia Fedorova de s’inscrire « comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » et de contribuer à un discours visant, selon cette même source, à manipuler l’opinion publique et à saper la confiance dans les institutions. Le Quai d’Orsay l’avait déjà accusée de reprendre « mot pour mot les narratifs de propagande russe ».
Xenia Fedorova est une ancienne responsable de la chaîne d’État russe RT en France. RT est interdite dans l’Union européenne depuis mars 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Depuis la fermeture de RT France en 2023, elle intervient régulièrement dans des médias du groupe Bolloré. Plusieurs articles rappellent aussi que le renouvellement de son titre de séjour en 2024 pour dix ans avait déjà suscité des réactions politiques.
« L’arrêté vise une mesure administrative d’expulsion, distincte des débats publics antérieurs sur son titre de séjour ou sur ses prises de parole. »
Un recours annoncé et un soutien public de ses employeurs
Son avocat, Me Emmanuel Piwnica, a indiqué qu’elle allait « immédiatement former un recours » contre l’arrêté. Il a aussi déclaré : « Xenia Fedorova est une journaliste. » Selon une source proche du dossier citée par une information de presse, elle a été assignée à résidence après la notification de la mesure et doit pointer chaque jour au commissariat.
Canal+ et Lagardère ont apporté leur soutien à leur chroniqueuse dans un communiqué commun. Les deux groupes ont dénoncé « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression ». Dans le même registre, leurs dirigeants ont invoqué le pluralisme des opinions pour défendre sa présence à l’antenne et dans leurs publications.
Une exécution contestée et une procédure désormais engagée
Au 29 juillet, la décision administrative est donc prise et notifiée, mais elle entre déjà dans une phase contentieuse avec le recours annoncé par la défense. Plusieurs informations de presse indiquent aussi qu’un référé est attendu. La mesure d’expulsion, son éventuelle exécution rapide et les effets du recours relèvent désormais de cette procédure.
À ce stade, sont établis l’existence de l’arrêté, ses motifs tels qu’ils sont cités, le recours annoncé par l’avocat et le soutien public de Canal+ et Lagardère. Les accusations de désinformation et de déstabilisation restent présentées comme celles du ministère de l’Intérieur. La procédure à venir doit encore déterminer dans quelles conditions la mesure sera examinée et appliquée.