Le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde depuis le 22 juillet est resté « stabilisé » mercredi 29 juillet, selon la préfecture, mais il n’était toujours pas fixé. La journée a été marquée par de nouvelles reprises de feu, dans un contexte de fortes chaleurs, de vent et de baisse de l’humidité. Les autorités ont maintenu un important dispositif de secours sur plusieurs secteurs, notamment autour de Lège-Cap-Ferret, du Grand Crohot, de Cestas, du camp de Souge et de Lanton.
Une journée sous forte chaleur avec plusieurs reprises de feu
Après une deuxième nuit décrite comme calme par les autorités, les pompiers ont dû faire face à plusieurs reprises au cours de la journée. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a indiqué mercredi soir que le feu « n’a pas progressé » et que sept départs de feu avaient été recensés, dont trois encore actifs en soirée selon plusieurs points de situation diffusés dans la journée.
Une reprise importante a notamment mobilisé les secours à Lanton, sur le bassin d’Arcachon, où des moyens aériens ont été engagés. D’autres foyers ont été signalés dans plusieurs communes du front sud et du nord-ouest du bassin. Selon la préfecture, la surface brûlée est restée stable à 42 000 hectares. Les conditions météo ont toutefois compliqué les opérations, avec des températures annoncées jusqu’à 41 °C dans les terres, des rafales de 30 à 45 km/h et une humidité en baisse.
« Un feu stabilisé ne progresse plus à grande échelle, mais il peut encore produire des reprises locales et mobiliser des moyens lourds. »
Des secours massivement mobilisés et des évacuations encore très larges
La préfète a indiqué que plus de 3 300 pompiers étaient mobilisés mercredi en Gironde. Les secours ont aussi été appuyés par des militaires, des moyens aériens français et européens, ainsi que par des agriculteurs et d’autres professionnels disposant de tonnes à eau ou de camions-citernes. La Belgique a annoncé l’envoi d’une trentaine de militaires et d’une dizaine de véhicules spécialisés. Des hélicoptères Black Hawk slovaques et tchèques ont également été mobilisés par l’Union européenne.
Depuis le début du feu, environ 220 000 à 222 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes, selon les bilans cités par les autorités et repris par une information de presse. Mardi 28 juillet, 57 000 habitants de trois communes proches de Bordeaux ont été autorisés à rentrer chez eux, notamment au Haillan, à Mérignac et à Eysines, avec consigne de rester joignables et prêts à repartir. « Si la nuit se passe bien, on peut raisonnablement être plus optimistes pour demain », a déclaré Sophie Brocas, en disant envisager « un retour à une vie plus normale » si l’accalmie se confirmait.
Un feu encore non fixé malgré une progression stoppée
Mercredi soir, le point de situation restait contrasté. Le fait principal établi par les autorités est l’absence de progression du feu pour une troisième journée d’affilée. En revanche, les reprises observées dans plusieurs secteurs ont confirmé que l’incendie restait actif à l’intérieur du périmètre brûlé et sur ses lisières. Le terme de « stabilisé » employé par la préfecture ne signifiait donc pas une extinction ni une maîtrise complète.
Les prochains repères annoncés portaient sur l’évolution de la météo, avec un rafraîchissement attendu sur la façade atlantique jeudi 30 juillet, et sur la capacité des secours à traiter les points chauds et les lisières. La préfète a évoqué une amélioration possible si l’accalmie se confirmait. À ce stade, la stabilisation du front principal est établie, tandis que la fixation du feu et le rythme des retours pour les habitants dépendaient encore de l’évolution des reprises et des conditions météorologiques.